Archives mensuelles : juin 2015

Voici la définition 06 du « DicogagàGuy ».

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Voici la définition 06 du « DicogagàGuy ».

Nous sommes maintenant en été.

Aussi te proposé-je la définition d’une catégorie de personnes que je n’apprécie pas particulièrement, surtout en cette saison où ils avancent à découvert. Il s’agit de toute une famille.

Con : terme générique désignant toute une famille de mots et de personnes.

S’écrit parfois Com. Tu en trouveras les principales variétés ci-dessous. Songe que j’ai dû me livrer préalablement à un travail sérieux d’élimination, étant donné le nombre immense, incroyable, incommensurable même, de catégories diverses à l’intérieur de cette espèce.

Une petite remarque pour commencer. L’âge, qui apparemment ne fait rien à l’affaire, réserve néanmoins une surprise de taille : en effet, on pourrait croire qu’il existe des jeunes cons et des vieux cons. En fait, il existe des jeunes gens qui raisonnent comme des vieux cons alors qu’on pourrait les prendre, à en juger par le ton de leur voix, pour de jeunes cons. Il semblerait bien que le monde de la connerie soit réellement un monde à l’envers !

Combat : variété aux petites jambes.

Combattant : variété particulièrement virulente, qui prétend avoir raison par la force tout en s’imaginant que c’est grâce à son intelligence.
Exemples : jeune cadre dynamique, homme politique en général.

Combiné : variété qui se dit cultivée l’été et sportive l’hiver. Se trouve parfois dans les jardins.

Compact : variété particulièrement épaisse. En termes très familiers, on dit même d’elle qu’elle « en trimballe une sacrée couche ».

Compagne : variété féminine arborant une simple jupette.

Comparable : variété qui peut être facilement évitée.

Comparé : variété qui sort toutes ses décorations le jour anniversaire des fins de guerre. A tendance à disparaître.

Compas : contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas du tout une inversion qui pourrait faire croire que la personne en question ne l’est pas ! Certaines et certains membres de cette variété ont tendance à s’écarter du droit chemin en se déplaçant à grandes enjambées, tout en faisant des ronds de jambes…

Compassé : ouf !

Compassion : branche de la science qui s’occupe de l’ensemble de ces variétés. Elle est dite « conologie », à ne jamais confondre avec l’« œnologie », qui étudie un matériel autrement plus noble. Cette branche, donc, s’intéresse plus particulièrement à la naissance des sentiments chez cette famille pittoresque.

Compatriote : variété des plus dangereuses, car elle se croit partout chez elle !

Compensée : n’ayez aucune crainte, ils ne pensent jamais ! Se dit de la variété qui essaie de se grandir en chaussant les semelles des autres.

Compétent : à fuir comme la peste. Est à l’humanité ce que le skunks (ou sconce) et le putois sont aux animaux.

Compilateur : variété qui se pique de culture littéraire.

Complainte : variété qui émet un chant obscur comme la célèbre clarté qui tombe des étoiles, selon Pierre Corneille (Le Cid, acte IV, scène 3), cette figure de style constituant, je me permets de te le rappeler, un oxymore, forme française plus usitée qu’oxymoron, directement grecque.

Complet : variété absolue. Il ne lui manque rien.

Composant : variété qui adore se faire photographier

Composition : variété jeune, élève dans un collège ou un lycée, qui se tient très mal sur sa chaise.

Compotier : variété qui tente – en vain – de réparer le vase de Soissons.

Compresseur : variété qui se reconnaît à son attitude dans les files d’attente des cinémas.

Compressé : variété qui s’oppose à la précédente.

Comprimé : variété qui a remporté un prix aux éliminatoires pour le concours du « Roi de l’année ».

Compris : c’est la variété qui vole et se fait remarquer par le détective chargé de la surveillance du magasin, car elle croit qu’il est possible d’emporter une armoire normande en la cachant sous sa veste.

Compromis : variété qui a l’habitude de s’en rapporter aux décision d’un tiers, qui arbitre. C’est la variété la plus intelligente. Elle a parfois la fâcheuse habitude, lorsqu’elle est d’essence féminine, de crier à tout va que nul ne la fera revenir sur sa décision, se privant ainsi de nombreuses possibilités de variations de plaisirs.

Concassé : variété qui se brise souvent les os.

Concentré : variété qui essaie de faire de la politique sans se référer ni à une direction dextrogyre, ni à une direction sinistrogyre. J’avais envie de te citer quelques exemples, mais tu les trouveras certainement par toi-même.

Concerné : variété très entourée par les scientifiques qui l’étudient.

Concerto : variété qui se distingue des autres par sa remarquable aptitude à le faire dès le petit matin, avec ou sans accompagnement musical.

Concierge : variété qui fréquente beaucoup les églises.

Concis : variété qui travaille surtout dans les professions du bois.

Concorde : variété qui s’est spécialisée dans l’alpinisme ou la marine à voile.

Concourant : variété sportive qui se déplace essentiellement à pied.

Concubin : variété vivant surtout à proximité de Fidel Castro.

Concupiscent : variété particulièrement souple et présentant des talents d’acrobate certains ainsi qu’une anatomie particulière. La preuve : essaie donc de le faire, toi, d’uriner par là ! Tu verras !

Condamné : variété religieuse qui n’a pas eu de chance au dernier moment. Pour elle, l’enfer ce n’est pas que les autres, comme le prétendait Sartre

Condensé : variété très compacte (voir ce mot). N’a aucun rapport avec la valse ou le tango, voire le disco.

Condescendant : variété qui tombe de plus en plus bas dans la déchéance pour de multiples raisons.

Condor : variété qui présente l’avantage sur toutes les autres de te laisser réfléchir en paix.

Confédéré : variété qui pense à se rassembler en vertu de ce vieux principe qui dit que « Qui se rassemble s’assemble ».
Exemple : hommes politiques

Conféré : variété qui va à la pêche et réussit assez bien de jolis coups.

Confessé : variété assez masochiste qui se plaint constamment d’être martyrisée.

Confins : variété inexistante. La preuve : on utilise toujours ce nom au pluriel ! Voilà qui est bien singulier, non ?

Configuré : variété qui s’imagine des choses.

Confondu : variété qui maigrit. Inutilisable en cuisine.

Conforme : variété qui dessine d’une manière plutôt bizarre.

Confort : variété qui présente des aptitudes physiques la rendant dangereuse pour les autres personnes, sauf pour celles qui appartiennent à la même variété.

Confrère : variété mâle produite par le même père et la même mère (la variété femelle s’appelle consoeur).

Confusion : variété qui soude.

Congelé : variété qui se vend en magasin. Froide de nature.

Congénère : il s’agit de la qualité principale de toutes les personnes qui engendrent les variétés examinées ici.

Congrégation : variété religieuse qui aime à se mettre en groupe. Représente pour la religion ce que les confédérés sont à la politique.

Conjoint : variété qui s’unit beaucoup.

Conjuré : variété que l’on convoque à chaque fois que l’on souhaite une erreur judiciaire.

Conquête : variété qui essaie de gagner sa vie grâce à ses manches.

Consacré : variété qui contient l’essence, la substantifique moelle de l’ensemble de toutes les variétés.

Consensus : variété d’ordre politique qui croit que l’ensemble des variétés présentées ici pourra un jour s’entendre avec les personnes intelligentes. Vaniteux, prétentieux et totalement désuet.
Attention : ne confondez pas cette variété avec un hémophile, qui aime le sang comme une sangsue.

Consentant : variété qui recherche la compagnie des compétents (voir ce mot).

Considérant : variété tellement bête qu’elle a de quoi vous faire perdre votre latin (et même votre français).

Considéré : attitude de chaque variété lorsqu’elle rencontre une personne intelligente.

Consommé : variété qui a toujours des ennuis, en particulier avec les huissiers.

Consonant : variété qui s’annonce à ta porte. Surtout n’ouvre pas.

Consort : la même variété que précédemment, après que tu aies eu l’imprudence d’ouvrir ta porte malgré mon avertissement.
Comme un homme averti en vaut deux, tu es de toute manière plus fort qu’elle et tu peux en conséquence la sortir aisément.

Contagieux : variété toujours malade, qui répand sa maladie mieux que Larousse ses fleurs de pissenlit et surtout plus rapidement.

Contenant : variété parasite qui s’agrippe partout.

Contenu : variété que l’on rencontre souvent dans les hôpitaux psychiatriques et les prisons.

Contexte : variété qui se pique d’écrire. Comme elle ne sait pas le faire, elle doit faire appel à des spécialistes de l’écriture, que les éditeurs français nomment des «rewriters », les anglais et les américains des « ghostwriters » et Jean-Marie des « nègres ».

Contractant : variété qui tire la suivante.

Contracté : variété qui se fait tirer par la précédente.

Synonymes : parasite, homme politique.

Contribuable : variété très particulière autant que très temporaire.
En effet, à un moment ou à un autre de sa vie, chaque Français a été, est ou sera un contribuable en puissance. La caractéristique du contribuable, en dehors de sa brièveté de vie (trois instants annuels) est le tic qui le pousse à acquitter un tribut, comme son nom l’indique phonétiquement, non pas à un certain Bleu, mais à un père de famille nombreuse, monsieur Cepteur, justement pour ne pas recevoir de bleus.

Convaincant : variété capable d’en battre une autre.

Convaincu : variété battue par la précédente.

Convers : variété colorée, particulièrement religieuse.

Convivial : variété d’obédience principalement dite « à dominante », prétendant faire passer les repas guindés, voire collets montés avec menu rédigé depuis fort longtemps, petits fours et appellation contrôlée « chers camarades » (si elle est « à dominante de gauche ») ou « chers amis » (si elle est « à dominante de droite »), en costume trois pièces-cravate ou noeud papillon quelle que soit la dominante, pour de sympathiques gueuletons entre amis autour d’une bonne bouteille de rouge.
C’est une variété qui ne connaît rien à la vraie vie, bien qu’elle se prétende « issue du peuple ».

Convoyeur : variété peu recommandable, que l’on rencontre généralement à proximité des sex-shops.

Et j’en ai encore plein, plein, plein sous le coude, tellement il en existe !

Guy

« Sacré Christophe ! » (partie 05)

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« Sacré Christophe ! » (partie 05)

Un beau jour de cette année 999, il va trouver son père, le cœur empli de joie.

Père, lui dit-il, tu m’as tout appris de l’art de la navigation. Grâce à toi, j’ai connu l’Islande, je suis retourné en Norvège, je vis au Groenland. Je me demande …

— Oui, fils, que veux-tu ? interroge Eirik.

Il aimerait bien que Leiv le transforme en un grand-père heureux.

Voilà. Te souviens-tu que, lorsque tu es venu ici, Bjarni est reparti pour la Scandinavie ?

— Parfaitement, oui !

— Après, il est revenu en Islande.

— Oui !

— C’est là qu’il a appris que tu avais trouvé une nouvelle terre que tu avais baptisée Groenland. Il a voulu te rejoindre.

— C’est encore exact. Mais …

— Attends, papa. C’était il y a à peu près douze-treize ans ?

— Euh … oui, fils. Ah, le temps passe bien vite !

— Quand il est arrivé ici, il t’a bien dit qu’il avait été dérouté par une tempête et qu’il s’était retrouvé devant une côte inconnue ?

— Oui, je m’en souviens parfaitement !

— Il t’a dit aussi qu’il avait empêché son équipage de débarquer ?

— Oui ! Il m’a même dit – je m’en souviens comme si c’était hier : « Vois-tu, Eirik, nos amis restés en Islande m’avaient expliqué que, dans ton nouveau pays, tout était vert et qu’il y avait des montagnes enneigées à l’horizon. J’ai bien scruté cette côte, il n’y avait rien de tel. Alors, j’ai interdit à mes hommes de débarquer et nous t’avons cherché ailleurs. » … Eh oui, je m’en souviens bien. Finalement, Bjarni a réussi à débarquer ici et depuis il est resté avec nous.

— Eh bien… vois-tu, papa, son fils et moi voudrions essayer de retrouver cette côte inconnue. C’est sûrement un nouveau pays à découvrir !

— Peut-être, mon fils, peut-être ! Mais… que veux-tu que je te dise ? Si tel est ton destin, vas-y, par Odin ! Je ne saurai empêcher un Viking de naviguer.

— Oh merci, père !

Tout fier, muni de la bénédiction de son père, Leiv Eirikson, surnommé « l’Heureux » par tout le monde tant il sourit, va trouver sa mère.

Il lui expose son projet. Comme toutes les mères, elle pleure un peu mais, se souvenant de sa jeunesse et de celle de son mari, elle donne elle aussi sa bénédiction à son fils.

Un mois après, on se presse sur le port.

C’est que de jeunes Vikings impatients, après avoir construit un drakkar neuf pour l’occasion, vont de nouveau partir en exploration. Après avoir embrassé tous les leurs, ils prennent le large sous les regards envieux de leurs parents qui se rappellent leur jeunesse.

Quelques jours plus tard, une côte inexplorée se trouve en vue du navire de Leiv.

Regarde, Leiv, lui murmure Bjarni Bjarnison, on dirait un rocher plat. Crois-tu que c’est ici que mon père est arrivé ?

— Je l’ignore, Bjarni, mais tu as raison : allez, en ton honneur et aussi pour le souvenir de ton père, nous allons baptiser cette terre « Helluland ». Qu’en dis-tu ?
(note 16 – Helluland, dans la langue des rudes guerriers vikings, signifiait « Terre du Rocher Plat ». Ce fait, comme les suivants, est parfaitement exact. C’était l’île Baffin, au nord du Labrador).

— Merci, Leiv ! Je le dirai à mon père quand nous serons rentrés.

— Viens ! Nous allons voir de plus près à quoi ressemble « Helluland » !

Le drakkar accoste. Les intrépides jeunes gens sautent à terre. Ils explorent le rivage qui leur rappelle le Groenland, par la glace dont il est recouvert.

Au loin, en direction du soleil couchant, il leur semble distinguer des vols d’oiseaux. Y aurait-il une autre terre ? Serait-ce celle du père de Bjarni ? Les explorateurs n’hésitent pas un instant : ils repartent à bord de leur drakkar.

Après plusieurs jours de navigation, ils longent une côte. Elle est constamment à leur droite. Plate, sans fin, elle correspond bien à ce que Bjarni a décrit. A l’issue d’un rapide
« référant d’hommes », ils décident de la baptiser « Markland »
(note 17 – Markland signifiait « Terre forestière ». Aux yeux des jeunes Vikings, cette côte ne semblait pas avoir de fin, car ils longeaient en fait le Labrador et Terre Neuve, qu’ils avaient pris pour un continent, celui que Bjarni, au plus fort de la tempête qui secouait son drakkar, avait vu comme ses marins).

Après quelques jours de navigation le long de cette côte couverte de forêts, les Vikings aperçoivent une plage au sable argenté. Quelle différence avec toutes les terres qu’ils ont vues jusqu’alors ! En cette fin d’été 999, ils décident de demeurer là quelques jours, avant de repartir pour une nouvelle destination, en direction du soleil de midi.

Pour s’occuper, ils explorent les alentours de cette plage. Un petit groupe composé de Leiv, de Bjarni Bjarnison et de Tyrker, l’homme du Sud (note 18 – Tyrker signifiait, dans le langage des Vikings, « le Turc »), arrive devant une forme de végétation inconnue. Tyrker, petit et futé, s’écrie :

— Leiv, Leiv, c’est du raisin !

— Tu es sûr, Tyrker ?

— Ecoute : je suis né dans un pays où il n’y a que des vignes ! Alors, si je te dis que c’est du raisin, c’est que c’est du raisin !

— Je te crois ! Mais … on pourrait en faire du vin ?

— Certainement, mais nous n’avons pas tout le matériel nécessaire.

— On peut le construire ?

— Peut-être, mais il faudrait que nous restions ici encore un peu de temps, pour que les grains soient bien mûrs !

— Tu as raison ! acquiesce Leiv en rejetant avec une grimace de dégoût la grappe qu’il vient de cueillir, qu’est-ce que c’est acide !

Ils reviennent et regroupent tous leurs amis. Un « référant d’hommes » indique que tous les Vikings souhaitent rester jusqu’à l’automne pour goûter ce raisin qui semble déjà si appétissant.

Finalement, ils restent aussi pendant tout l’hiver. Ce n’est qu’au printemps de l’an mil qu’ils quittent cette région, leur drakkar bourré de raisins et de bois. En se retournant une dernière fois pour saluer cette terre nouvelle, Leiv s’interroge : ont-ils bien fait de la baptiser « Vinland » ?
(note 19—Vinland signifiait « Terre des vignes »)

Pendant le voyage de retour vers le Groenland, il se rappelle les faits principaux des voyages de son père.

En Islande, les compagnons d’Eirik n’avaient-ils pas nommé « Eiriksjökull » un glacier, simplement pour rappeler que c’était grâce à leur chef qu’ils avaient pu arriver là ?

Or lui, Leiv Eirikson, n’était-ce pas aussi grâce à son père qu’il était arrivé jusqu’au Vinland, après avoir découvert et baptisé l’« Helluland » et le « Markland » ?

N’avait-il pas fait montre de bien peu de respect pour lui en donnant à chacune de ces nouvelles terres un nom rappelant simplement une de leurs particularités ?

N’aurait-il pas dû, lui aussi, se souvenir que son père, spirituellement, l’avait guidé tout au long de ce voyage ?

Comment faire pour réparer cet oubli ?

Tiens ! Et s’il débaptisait le « Vinland » pour l’appeler « Eiriksland » ? Non ! ça ferait peut-être trop orgueilleux.

Il a été guidé par l’esprit de son père : pourquoi pas « Esprit d’Eirik » ? Non, le nom est trop bizarre !

Voilà, il y était : l’esprit, c’est aussi l’âme ! Il allait nommer « Âme d’Eirik » ce nouveau territoire !

Décidément, non ! l’âme d’Eirik, c’est quelque chose que son père emportera avec lui au Walhalla, ce paradis des guerriers vikings. Alors, que faire ?

Un éclair de génie traverse soudain l’esprit de Leiv : il va baptiser le « Vinland » simplement  « Âme-Eirik ».

Oui, mais… ne risque-t-on pas d’associer l’âme de son père et le vin qu’il ne consomme qu’en quantité modérée ?

Il ne voudrait pas qu’on l’accuse, lui Leiv Eirikson, d’avoir voulu sous-entendre que son père n’était qu’un vulgaire « alkool-hike »
(note 20 – en Scandinavie, aux alentours de l’an mil, on désignait par ce terme les buveurs de boissons fermentées qui ne savaient pas s’imposer des limites raisonnables).

Non, décidément, autant laisser le « Vinland »

C’est ainsi qu’en 999, l’Amérique ne fut pas appelée par son nom. Reste qu’elle a été découverte par les Vikings.

À suivre, bien entendu. La suite, logiquement comme d’habitude, s’intitulera : « sacre—christophe—partie—06»

À propos de mon premier « vrai roman » (suite 04)

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À propos de mon premier « vrai roman » (suite 04)

Chose promise, chose due.

Je vais donc t’expliquer, amie lectrice, ami lecteur, comment mon contact avec Fred et sa formation a changé mon point de vue.

Je te remercie de prendre connaissance, ci-dessous, ce que j’ai préparé, ma version finale, en quelque sorte, pour l’instant :

1 – J’ai d’abord répondu aux questions de base ci-dessous :
1-1 – Qui est le protagoniste ?
1-2 – Qui est l’antagoniste ?
1-3 – Quel est le cadre ?
1-4 – Quel est l’enjeu ?
1-5 – Quel est l’élément déclencheur ?

2 – Voici les réponses que j’ai formulées  :
2-1 – Le protagoniste, le héros de l’histoire, si tu préfères, est le journaliste free-lance.
2-2 – L’antagoniste, son ennemi, donc,  est non pas le savant fou, comme je le pensais au déprt, mais le patron de la S.I.E.. Note bien que j’ai hésité longtemps avant d’établir ce classement relatif.
2-3 – Le cadre est la lutte pour le contrôle des pensées humaines, d’une manière générale, puisqu’il s’agit de savoir si oui ou non il est possible de les influencer.
2-4 – L’enjeu de la partie est, en fait, la récupération du libre-arbitre de chacun.
2-5 – L’élément déclencheur est le fait que le savant fou, mis au ban de la société, cherche à se venger de celle-ci. C’est du moins ce que je pensais au départ. En réalité, j’ai un peu approfondi cette question, avec l’aide de Fred et je me suis rendu compte que l’élément déclencheur, c’est-à-dire ce qui permet la naissance de cette histoire, est la disparition du fils d’une amie du journaliste. L’élément déclencheur est un fait.

3 – J’ai mis au point quelques petites précisions pour mieux cerner cette histoire, je te les indiquerai le moment venu.

4 – J’ai surtout créé quelque chose dont j’ignorais l’existence, que Fred a nommé « le high concept » de l’histoire.
De quoi s’agit-il ?
Il s’agit de résumer, en deux phrases, l’histoire, son concept, ce qui sert de fondement à tout ça.
Je dois te dire tout de suite que c’est le moins évident.
Tous ce que je t’ai exposé jusqu’ici à propos de cette histoire consiste en une série de synopsis, comme au cinéma, c’est-à-dire un (des dans mon cas) résumé un peu détaillé de l’histoire et de son évolution.
Le « high concept », c’est en quelque sorte ce dont François Rabelais a parlé dans le prologue de Gargantua, en invitant son lecteur à approfondir le sens du récit, selon la formule très connue dans laquelle il lui demande de « rompre l’os et sucer la substantifique moelle ».
En m’appuyant sur ces références, j’ai créé mon « high concept » qui se résume de cette manière : « Un savant fou, brillant chercheur qui a perfectionné la théorie de la mémoire de l’eau, utilise, sous l’emprise du patron de la S.I.E.,  les résultats de ses recherches pour tenter d’influencer les pensées de toute l’humanité.  Un journaliste essaie de l’en empêcher. »

Voici donc, résumée en quelques lignes, la pensée fondamentale sur laquelle je m’appuie pour rédiger mon roman « Le Maître de l’eau ».

Naturellement, ceci sera à suivre le vendredi 3 juillet 2015.

En attendant cette date, je t’invite à réfléchir à la manière dont toi,  tu aurais traité ce high concept.

Je te souhaite une bonne journée.

Guy

À propos de mon premier « vrai roman » (suite 03)

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À propos de mon premier « vrai roman » (suite 03)

Comme promis, voici la troisième et actuellement dernière version du « Maître de l’eau ». Ainsi que je te l’ai dit,  elle n’est pas terminée, puisque j’ai décidé de revoir mes trois histoires.

Entretemps – détail très important –  j’ai appris qu’une personne du nom de Fred Godefroy lançait une formation, la première de ce type en France, en français qui plus est, ce qui m’arrange beaucoup, à propos de l’écriture d’un roman. Si tu es intéressé(e), tu peux aller voir ici http://lesstudiosgodefroy.com/ pour avoir des renseignements à propos de la Méthode Godefroy.
Ceci t’explique, entre autres, la présence du logo que tu as pu apercevoir ici, 
la
« Promotion Phoenix » en question désignant simplement la promotion des premiers inscrits à cette formation.

Pourquoi me suis-je inscrit ?

Pour deux raisons.


La première, c’est que je connaissais un ouvrage de la personne en question, un polar intitulé « Crapules Connexion » et que je l’ai bien aimé. Nous avions échangé à ce propos et je lui avais laissé un commentaire assez flatteur sur la partie réservée à la chose sur le site d’Amazon-France. Il faut que je te précise que dans le domaine des commentaires, j’ai une politique simple :
– ou bien le bouquin m’a plu et je peux devenir carrément dithyrambique (si tu en doutes, va voir mon commentaire sur le livre de Joël Dicker intitulé « La vérité sur l’affaire Harry Québert »), 

– ou il m’a disons ennuyé mais, par respect pour le travail fourni par l’auteur (je sais trop ce que ça signifie, écrire, en termes de sueur et parfois de larmes, pour le démolir), je n’écris rien.

La seconde, c’est que si je sais écrire (je me suis arrêté de compter à 214 ouvrages divers, dans un domaine précis, mais je dois bien en être en fait à 220 ou 230 avec les lives électroniques que d’aucuns qualifient d’« ebooks », terme que j’ai en horreur), je n’ai fait que rédiger des ouvrages pratiques du type « Comment faire ceci ou cela », etc.

Ça n’a rien à voir !

Revenons donc à nos moutons.

 J’ai retenu les éléments suivants :
– l’eau semble capable de conserver le souvenir des molécules dissoutes qu’elle a connues, d’où « la mémoire de l’eau ».
– la dernière évolution des travaux du Professeur Montagnier dans ce domaine (voir la vidéo que je t’ai citée)
–  quelques autres réalités scientifiques de moindre importance.

Auparavant, j’avais identifié quelques ressorts dramatiques « primaires » tels que  :
– le dépit,
– le désir de vengeance,
– la recherche avec un objectif très spécifique, l’aide à la vengeance,
– la découverte du « chercheur fou »,
– le nouveau concept que j’ai baptisé « l’influence de l’eau »,  qui repose sur la possibilité informatique de faire pénétrer des idées dans les molécules de l’eau et, par ce biais, d’influencer les pensées et les rêves des buveurs d’eau,
– le journaliste free-lance célibataire.

Tout ça m’a conduit à ce qui suit.

Troisième version :

Je t’en livre  un petit aperçu ci-dessous.

Un chercheur (le « savant fou »), qui s’est passionné pour les recherches sur la mémoire de l’eau tente d’utiliser les résultats pour faire pénétrer des idées dans les molécules de l’eau.
Il pense y être arrivé. Comme tout bon chercheur, il décide de contrôler la validité du résultat de ses recherches en les mettant en application.

Comment faire ?

Il décide  de faire appel à des esprits encore influençables, ceux des personnes d’un âge compris entre 16 et 20 ans.
Il fait passer des petites annonces dans des journaux gratuits, mais le résultat est assez décevant à ses yeux.
Néanmoins, un journaliste free-lance a repéré ces annonces et se demande bien de quoi il s’agit. Il décide de suivre leur piste.
À l’issue d’une enquête rapide,  le « savant fou » constate que les personnes qu’il recherche fréquentent, pour la majorité  d’entre elles,  le site de Facebook (publicité gratuite mais correspondant à la réalité si j’en crois ce que je constate). Il change donc son fusil d’épaule et réserve à ce site les annonces de recherche de « cobayes ».

Le journaliste constate  ce phénomène, qui renforce sa détermination à savoir ce qui se cache derrière tout cela.
De son côté, le « savant fou » s’entretient avec les candidates et candidats qui ont répondu à ces annonces en leur demandant s’ils seraient intéressés à participer à une expérience scientifique destinée à valider l’existence de cette mémoire de l’eau, à propos de laquelle il  leur fait visionner la vidéo du professeur Montagnier, parue sur la 5.
La plupart des jeunes gens répondent positivement et c’est ainsi que, en fait, le «  savant fou » crée  une véritable secte.
Les jeunes gens reçoivent quotidiennement, par l’intermédiaire de l’eau qu’ils boivent au  cours des repas pris ensemble, leur « dose d’influence ».
Au bout d’un certain temps, le « savant fou » décide de passer à l’action afin de constater l’influence réelle de son hypothèse, dont il saura ainsi si elle est valide ou non.

La question qu’il se pose est de savoir comment il peut valider les résultats. Après avoir longtemps tergiversé, il décide de faire faire aux jeunes gens des actions qu’ils n’auraient jamais entreprises sans  influence.
Il leur insuffle ces idées par l’intermédiaire de leurs rêves et c’est ainsi  qu’il  les fait marcher à la queue leu leu sur les câbles d’un pont suspendu, qu’il les utilise pour créer une manifestation dont ils disparaissent très rapidement et, enfin, pour témoigner publiquement de l’existence de cette mémoire de l’eau.
[j’avais imaginé beaucoup d’autres possibilités, comme par exemple celle de faire faire à ces « témoins »  un hold-up dans une banque ou quelques autres coups du même genre, mais je me suis abstenu].
Le journaliste, pendant ce temps-là, persévère dans son enquête parce qu’il s’imagine qu’il a affaire à « un gros scoop ».
J’en étais à ce stade de l’histoire, après ma dernière sortie hospitalière, lorsque je me suis inscrit à la formation de Fred dont je vous ai parlé.

J’ai pris alors la décision de tout revoir en fonction de ce qu’il m’avait appris.

P.S. : je te donne rendez-vous vendredi prochain, le 26 juin 2015, pour que tu juges de ce que Fred m’a appris.

Guy

Ci-dessous se trouve la définition 05 du « DicogagàGuy » : initiale.

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Ci-dessous se trouve la définition 05 du « DicogagàGuy » : initiale.

Initiale : il s’agit d’un terme générique qui s’emploie à propos de lettres isolées, séparées par un point, sur la signification desquelles on peut généralement s’interroger.

En effet, chacune de ces lettres isolées représente la première lettre d’un mot. Dans l’ignorance du mot en question, on peut légitimement s’interroger à la fois sur l’utilité et le sens exact de ces initiales. Le florilège ci-dessous vous permettra de comprendre ce que je veux vous dire :

– A.S.S.E.D.I.C. : Amoureux Subtil S’Exprimant Dans l’Intimité Complète ? Autruche Sale, Sotte Et Débile Interrogeant César ? Artiste Saisi Sournoisement Et Défendant Intelligemment son Cas ? Ah ! Ses Sottes Elucubrations Défient Internationalement les Caciques ?

– C.F.D.T. = Calamar Féru De Trompette ? Ce Français De Toujours ? Caille Fichue De Trépasser ? Car Finissant De Tourner ?

– C.G.T. = Cal Généreusement Tuméfié ? Compliment Grassement Tourné ? Cynique Gaillardement Tordu ? Choriste Gaiement Torturé ?

– F.E.N. : Fieffé Emmerdeur National ? Futur Exhibitionniste Nu ? Fardeau Entièrement Nul ? Facilité Educative Nouvelle ?

– F.N. : Fier Nabab ? Filou Nocturne ? Fanatique Nihiliste ? Frimousse Naissante ?

– F.O. : Futur Orchestre ? Fâcheux Oracle ? Frileux Orang-outan ? Flatulence Oesophagienne ?

– J.C.D. = Jeune Connard Débile ? Joueur Complètement Décati ? Justice Carrément Démente ? Il semblerait, aux dernières nouvelles, que ça signifie Jeune Cadre Dynamique. Pourtant, j’aurais cru…

Un exemple : un soir, mes deux fils, ma femme et moi-même sommes allés au restaurant – un petit pas cher et sympa – parce qu’on avait envie de sortir un peu. De temps à autre (ça ne nous était pas arrivé depuis au moins deux ans), ça fait du bien de se trouver ailleurs.

Nous entrons. Nous prenons un petit apéritif vite fait, c’est-à-dire que les gamins s’abreuvent de cette saloperie américaine à bulles dans laquelle on peut dissoudre toutes les cochonneries qui entourent les pièces de monnaie, ma femme et moi, plus raisonnablement, nous contentons de la boisson chère à un chanoine bourguignon qui, de surcroît, fut maire de la belle ville de Dijon.

Nous commençons notre repas. Arrive alors et s’installe à la table juste à côté de la nôtre un jeune couple, la petite trentaine. Le mec, petite chemisette avec une cravate, l’horreur selon ma femme, gourmette en or avec son prénom dessus, sort un gros agenda format A4 (21×29,7 cm pour les non initiés)   – et dit à sa jeune compagne qu’il doit téléphoner. Après tout, pourquoi pas ?

Il revient. Pendant ce temps-là, nous avons continué notre repas. Le garçon sert le jeune couple. Mais ne voilà-t-il pas que soudain le mec repousse son assiette, ressort son agenda, discute avec sa nana en l’éblouissant de remarques du style « Il faudra que je te voie jeudi ! Bon… attends que je regarde ! Non ! Pas possible ! Alors (coup d’oeil à son agenda, gommage – je vous jure, authentique ! – avec sa gomme, griffonnage au crayon) lundi prochain ! Non… mardi ! Oh… bon ! Tu prendras la Béhaime… non, j’irai plutôt te rejoindre en avion ! » et que la nana entre dans son jeu ?

Ma petite chérie excédée se tourne alors vers notre fils aîné et jette tout à trac : « Au fait, mon chéri, que penses-tu de la Corvette que nous t’avons offert à Noël ? » Silence de mort dans les environs. Elle ajoute : « C’était bien le modèle 1957 que tu voulais ? » Le plus fort – et j’en rigole encore – c’est que c’était vrai. Nous avions offert à notre fils aîné, Eric, 23 ans à l’époque, une belle voiture rouge et blanche, en modèle réduit d’une trentaine de centimètres de longueur, sur un socle. Le mec époustouflé ne pouvait pas le savoir, bien sûr ! Ah les yeux ! Il devait se demander : « Merde, ces espèces de bouseux à côté de moi ont les moyens d’offrir une Corvette à leur gamin ! Nom de dieu ! Et moi qui les prenais pour des demeurés ! Pourtant, ils n’ont pas l’air : le mec n’a même pas de cravate ! » Intérieurement, je jubile, surtout quand l’autre, Didier, 22 ans, ajoute : « Moi, je voudrais bien une Porsche 911 ». Marie-Paule (c’est le prénom de ma femme) déclare alors : « Bon ! On verra, mon chéri,… peut-être pour ton anniversaire ! » Et nous quatre de partir d’un fou-rire intérieur, tandis que le gars d’à côté, soufflé, se remet difficilement de ce qu’il vient d’entendre. Finalement, il a repris son agenda, s’est replongé dedans, mais nous avons bien vu que le coeur n’y était plus.

Eh, mec, si par hasard tu lis ça, tu te reconnaîtras. Tu viens au restaurant avec une jeune femme pas désagréable du tout, visiblement vous ne vous voyez pas très souvent et la seule chose que tu trouves à lui dire c’est de lui lire ton carnet de rendez-vous ? Sois imaginatif, un peu, profites de l’instant pour la complimenter, pose doucement une main sur la sienne et fais-lui ton plus beau sourire, enfin bref, agis en Joyeux Complice Désirable au lieu de te prendre pour une Jeune Crétin Débile – pardon un Jeune Cadre Dynamique !

– P.R. : Pourri Repentant ? Préalable Raté ? Parcours Rituel ? Précis Remarquable ?

– P.S. : Pou Serein ? Petit Sadique ? Paranoïaque Sentimental ? Prétentieux Stupéfait ?

– P.C. : Pauvre Chose ? Poulailler Catholique ? Pragmatique Charismatique ? Première Chaîne ?

– R.P.R. : Repreneur Pratiquement Radin ? Radis Probablement Rouge ? Roue Patinée Rare ? Rut Précisément Raté ?

– S.N.C.F. : Si Nous Conduisions Finement ? Serpent Non Critiqué Férocement ? Salut Néanmoins Complètement Fichu ? Serin Niant Ces Faits ?

– T.V.A. : Transsexuel Visiblement Amoureux ? Très Vicieux Amant ? Tes Violeurs Abandonnent ? Transe Vécue Absolument ?

Selon les dernières informations dont j’ai pu bénéficier grâce à des informateurs très confidentiels dont je ne vous dévoilerai pas l’identité, il semble qu’il s’agisse d’une sorte d’impôt, la « Taxe Vraiment Abusive ».

U.D.F. : Unité Dramatiquement Fichue ? Urticaire Démoniaquement Féroce ? Ulcère Drastiquement Fini ? Ut Doucement Fignolé ?

– U.M.P. : Union des Marchands Phallocrates ? Urinoir Médiatique Plein ? Université Méchamment Précaire ? Ultime Méridien Planétaire ? Ulcère Malheureusement Percé ?

– U.R.S.S.A.F. : Usurpateur Repenti Sortant Ses Affaires Fausses ? Urne Rapidement Saisie Sans Aucune Fraude ? Univers Raté Stupéfiant Ses Admirateurs Français ? Unanimité Réprobatrice Séparant Sournoisement les Anciens Frères ?

Et j’apprends que de nouvelles initiales me permettent d’embellir ce florilège.

Un exemple, au hasard :

– L.R. : Les Ravaudeurs ? Les Ricaneurs ? Les Rouillés ? à moins que ce soit Les Ruinés ?

Guy

« Sacré Christophe ! » partie 04

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« Sacré Christophe ! » partie 04

Après quelques jours d’exploration, les hommes reviennent à leur base de départ. Rien n’a changé, hormis certains enfants qui ont un peu grandi.

Eirik réunit tous ses hommes. Il leur tient un très important discours :
(note 12 – la plus grande partie de ce discours a été retrouvée par l’auteur dans les brouillons d’Are Frode, écrivain du début du XIIe siècle, qui a rédigé la célèbre saga « Islendingabok ». Malheureusement, il a supprimé ce texte dans la version définitive de son récit.)
— Mes amis,
Toutes et tous ici savez pourquoi nous avons dû partir de notre beau pays, par Odin, père de tous les dieux ! Je vous remercie de m’avoir suivi.

Une immense clameur lui répond. Emu, Eirik s’interrompt quelques instants puis reprend :
—  Je vous propose que nous nous installions dans ce nouveau pays pour un temps. L’intérieur que nous avons commencé à visiter ne comporte qu’un glacier que vous m’avez fait l’honneur de baptiser de mon nom. Cette terre (il la frappe du pied), l’Island, me paraît très fertile. Nous avons même rencontré des sources d’eau chaude et aussi des sortes de fontaines jaillissantes. Nous pourrions mettre tout ceci en valeur puis aller chercher quelques habitants supplémentaires dans notre ancien pays. Qu’en dites-vous ?

Levant le bras, l’un des proches d’Eirik, Gustav Olavson, demande la parole :
— Eirik, dit-il, mon ami, je suis l’un de tes plus anciens compagnons. S’il le fallait, je te suivrais en enfer. Nous sommes partis de Jeeren à trois drakkars. Je propose que l’un d’eux retourne dans notre Scandinavie natale pour informer les gens de notre découverte.

Il s’éclaircit la gorge puis poursuit :
—  Peut-être même que les V.L.I.C.S. te laisseraient revenir chez nous, en constatant que tu as trouvé une nouvelle terre.
— Par Odin ! murmure Eirik.
Après quelques instants de réflexion, il ajoute pour lui-même :
—  Vains dieux ! Les V.L.I.C.S. !
ce qui ne manque pas d’entraîner un certain flottement dans les rangs de ses auditeurs, persuadés de l’apparition imminente d’un drakkar de la police !

Eirik prend la parole une dernière fois :
— Je te remercie, Gustav Olavson. Il m’est impossible de revenir en arrière, tu le sais bien. Néanmoins, ta suggestion d’envoyer un drakkar informer notre pays que nous avons découvert une nouvelle terre me paraît bonne. Aucun d’entre vous n’est banni comme je le suis. Vous pouvez donc partir quand vous le souhaitez.
—  Eirik, ajoute Gustav, nous allons d’abord mettre cette terre en valeur comme tu l’as dit. Ensuite, nous verrons.
— Si tu veux, Gustav. Mais si quelqu’un retourne en Scandinavie, il doit savoir que moi, le même jour, je m’en irai dans la direction opposée avec mon drakkar. S’il y a des volontaires, ils viendront avec moi pour voir s’il n’y a pas, plus loin, une autre terre à découvrir. Qu’en dites-vous ?

A la suite de ce discours, un conseil mémorable, suivi d’un « référant d’hommes », se tient entre tous les nouveaux colons. Il y est décidé que les Vikings passeront une année complète à mettre cette terre inconnue en valeur. A l’issue de cette année, un drakkar partira pour la Scandinavie sous la direction de Bjarni. Il sera porteur de la nouvelle de la découverte de l’Islande.
Au même moment, un autre ira dans la direction du soleil couchant. Il emportera dans ses flancs Eirik, sa famille et quelques membres d’équipage avec leurs compagnes et leurs enfants.

Un an plus tard.
La région où ont abordé Eirik et ses compagnons est bien mise en valeur. Les récoltes sont excellentes, grâce à l’eau chaude que les Vikings, ces ingénieux marins, ont su capter pour qu’elle chauffe la terre cultivée. La pêche leur apporte une nourriture qu’ils connaissent bien : les femmes peuvent transformer les poissons en délicieux beignets qui leur rappellent la lointaine Scandinavie. Les Vikings, en fait, ont reconstitué leur patrie en Islande.

Au jour dit, deux drakkars s’éloignent dans deux directions opposées. Ils laissent une colonie petite mais formée de marins aguerris, qui ont toujours à leur disposition le troisième navire de l’expédition de départ.

C’est ainsi que, par une belle matinée ensoleillée, Eirik dit « le Rouge » vogue en direction d’une nouvelle terre, située plus à l’ouest que celle qu’il vient de quitter.

Le voyage est bien plus court que le premier.

Il s’effectue aussi dans de meilleures conditions : pas de poursuite éventuelle par les navires des V.L.I.C.S., pas de brouillard ni au départ ni à l’arrivée, une mer toute calme, l’idéal, en quelque sorte.

Rapidement, Eirik et ses compagnons de voyage, ainsi que leurs familles, débarquent sur une terre neuve. Elle leur semble tellement verte, malgré les montagnes enneigées de l’horizon, qu’ils décident de la baptiser « Groenland » (note 13 – Groenland, dans l’ancien langage scandinave, signifie littéralement, « la terre verte »).

Quelques autochtones, vêtus de costumes très colorés, se pressent autour des nouveaux venus. Comment leur donner un nom ? Il faut bien les définir par rapport aux Vikings !

Ces derniers trouvent très vite. Ils remarquent que les étranges personnages posent constamment la même question :
— Est-ce qu’i’mau’d? Est-ce qu’i’mau’d?

Eirik et ses compagnons en déduisent vite que, avec un étrange accent, ces indigènes se posaient la question de savoir si le drakkar mordait. Dès lors, ils décident de les baptiser tout simplement des « Est-ce qu’i’mau’d »
(note 14 – par une évolution linguistique facile à comprendre, ce peuple « Est-ce qu’i’mau’d » est devenu, dans la langue des scandinaves, le peuple « Esquimaud ». Il s’agit là d’une contraction inévitable. Par la suite, dans un souci de simplification, leurs descendants les ont appelés des « Eskimos »).

Quelque temps après, les Vikings fondent les deux premières villes de la nouvelle colonie, sur la côte sud-ouest du Groenland, Oesterbygd et Vesterbygd
(note 15 – c’est authentique. Oesterbygd est située près de Julianehaab et Vesterbydg près de Godthaab, au Groenland).

Peu à peu, les Vikings se transforment. Insensiblement, les intrépides marins deviennent des terriens engoncés dans leur confort.

Eirik, toujours surnommé « le Rouge », a maintenant près de soixante ans. L’an mil approche.

Leiv Eirikson a bien grandi. Il a presque trente ans.

À suivre, évidemment. La suite, logiquement, comme d’habitude, s’intitulera : « sacre-christophe-partie-05»

Guy

Voici, en exclusivité pour vous, la définition 04 du « DicogagàGuy » : la mythologie.

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Voici, en exclusivité pour vous, la définition 04 du « DicogagàGuy » : la mythologie.

Mythologie : contrairement à ce que suggère phonétiquement ce mot, ça n’a rien à voir avec le fait de posséder une maison dans laquelle on fait de l’élevage spécifique d’insectes, ce logement fut-il construit en Grèce !
En réalité, il s’agit bel et bien de toute l’histoire de la vie et de la mort des dieux, héros (ou demi-dieux) et autre machins grecs. A elle toute seule, la mythologie mériterait qu’on y consacre un livre. J’y songe ! En attendant, voici un petit début, à brûle-pourpoint.

Il était une fois un super-géant qui s’appelait Cronos. Il avait quelques frères qui étaient aussi super-géants que lui, mais la mythologie retient surtout son nom à lui : forcément, il était le seul à savoir remettre les clepsydres à l’heure (les clepsydres, pour les rares ignares qui se seraient aventurés à lire ce remarquable dictionnaire sans avoir la culture qui convient, étaient des pendules qui fonctionnaient comme les poires à lavements, à l’eau !)
Cronos, donc, ne sachant trop quoi faire, tuait le temps en faisant l’amour à sa femme. Noble occupation, direz-vous : si tous les chiants de cette terre en faisaient autant, ils n’auraient plus le temps de nous emmerder et tout irait beaucoup mieux !
Le problème, c’est qu’à l’époque, il n’y avait aucun moyen contraceptif : « sortez couverts », ça voulait tout simplement dire « attention, le temps se gâte et il risque de pleuvoir. Alors, prenez vos parapluies si vous ne voulez pas être tout mouillés ». De la même manière, la pilule, c’était une éponge que les nanas se mettaient entre les genoux et qu’elles serraient très fort, jusqu’au moment où elles en avaient marre et se laissaient aller.
Donc, autant vous dire que Cronos il faisait des enfants en veux-tu en voilà à sa femme. Et il était issu d’une famille pas triste, le Cronos en question : sa femme, c’était sa sœur Rhéa. Son père, un certain Ouranos, avait horreur de ses enfants. Aussi les avait-il maintenus dans les flancs de leur mère, la Terre, Gaïa, laquelle était aussi sa femme. Gaïa, qui en avait marre, avait donné une faux à Cronos pour qu’il coupe les roubignolles de son père. Et il l’a fait, le petit salaud ! Méfiez-vous de vos enfants ! Autant vous dire que Cronos, après un coup pareil, se méfiait singulièrement de ses propres gamins, surtout qu’il en avait six en tout, trois filles et trois garçons, dont Zeus. Pour éviter qu’il y en ait un qui réédite le tour qu’il avait joué à son père, il avait pris l’habitude de les manger. Tu parles d’une idée ; après tout, tous les goûts sont dans la nature !
Sa femme, elle, en avait marre. Elle se disait en elle-même : « Non seulement ce gros porc m’engrosse à tour de bras (enfin de bras, j’espère que vous voyez de quoi je veux parler), mais en plus il bouffe mes gamins. Moi j’ai les seins qui gonflent à un tel point que si ça continue je vais envoyer une de ces rasades de lait en l’air pour les vider qui va être tellement importante que ça va faire au moins une deuxième voie lactée ».
Forcément, il faut la comprendre, cette femme : il n’y avait pas non plus ces petites pilules ou ces merveilleuses piqûres qui vous font passer le lait des femmes qui viennent d’accoucher en un rien de temps si elles ne veulent pas nourrir leur enfant au sein. Alors, elle aurait bien voulu se garder un petit lardon, histoire que le gamin puisse profiter de tout ce bon lolo qu’elle avait en rab, madame-soeur de Cronos.
Mine de rien, elle fait ce qu’elle pense, comme beaucoup de femmes.
Elle te planque le dernier né, un certain Zeus. Cronos entre en rage et le cherche partout, déployant au vent son nez éléphantesque. Pas de pot : elle l’avait si bien caché, madame Cronos, qu’il ne trouve rien, sauf une grosse pierre enveloppée de langes qu’il gobe d’un coup.
Voilà mon Cronos enfin peinard, surtout qu’il se dit : « Bon ! Tout va bien ! Maintenant, je vais demander à Rhéa juste qu’elle me fasse une petite gâterie ou alors que je vais la prendre par derrière un bon coup » (eh, faut pas oublier que tout ça se déroulait juste au-dessus de la Grèce et vous connaissez leur réputation aux Grecs ! Non ? Alors, un conseil : ne vous baissez jamais pour ramasser le savon dans les douches municipales grecques, ou prenez la précaution de vous mettre un slip en acier renforcé !). Il faut le comprendre, Cronos ; il se disait : « D’un côté ou d’un autre, je suis tranquille ! Moi, ça me soulage, elle, elle ne risque pas de faire d’autres enfants ». C’est qu’ils avaient de sacrées connaissances en physiologie, les dieux grecs !
En tout cas, pendant ce temps-là, le Zeus en question grandissait parmi les chênes du mont Ida, en Grèce.
Il buvait le lait de la chèvre Amalthée et il suçait le miel que lui apportaient les nymphes, qui contrairement à ce qu’on pourrait penser étaient des abeilles.
Il y a des types qui n’ont pas été du tout témoins des prodiges dont je vous entretiens qui racontent qu’un aigle et des colombes venaient lui présenter l’ambroisie et le nectar des dieux.
Les prêtres-soldats de Rhéa, que l’on appelait les Curètres (oui, nous on a abrégé), tapaient sur leurs boucliers avec leurs épées pour que Cronos ne puisse pas entendre les vagissements du petit Zeus.
Quand il a été plus grand, ce cher petit, qui nourrissait de fort mauvaises pensées à l’encontre de son père, a été trouver une de ses cousines germaines, Métis (la sagesse). Celle-ci lui a fait une boisson vomitive qui fit rendre à Cronos tous ses enfants… et même la fameuse pierre qui avait remplacé Zeus. En remerciement, Zeus plaça le gros caillou sur le futur site de Delphes, là où siégea, longtemps après, la célèbre Pythie, la meilleure divinatrice de Grèce, quelque chose comme Madame Soleil en beaucoup mieux.
Mais qu’est-ce qui s’est passé dans la maison de Cronos ? Son fils Zeus, ingrat comme le sont tous les petits jeunes de cet âge, le fiche dehors et prend sa place. Les Titans, frères de Cronos, ont bien essayé de se battre contre le jeune usurpateur, mais lui a réussi à les vaincre, un peu aidés par les Cyclopes, génies de la foudre et les Hécatonchires, qui envoyaient des tas de rochers sur les Titans grâce à leurs cent bras (chacun, et ils étaient trois, Briarée le Vigoureux, Cottos le Furieux et Gyès le Membru)
Après sa victoire, pas bêcheur, Zeus prend avec lui ses deux frères, Poséidon pour gouverner la mer et Hadès pour les profondeurs de la terre. Lui, il se réserve tout de même la part du lion : pouvoir souverain et possession de l’empire du ciel, mais c’est un peu normal.
Après ça, le mec s’est senti des chatouillis dans la quéquette que je ne te raconte pas. Il use de trucs incroyables, à te faire croire que les Grecques, déesses ou femmes, elles étaient un peu miro ou alors complètement nympho. Des exemples ? Ah oui, alors, et comment.

Exemple : Antiope, une petite mignonne comme tout.
En quoi il se déguise, le Zeus, pour la séduire (ça, c’est le mot officiel pour dire qu’il lui fait l’amour pendant je ne sais combien de temps parce que normalement un dieu ça doit pouvoir faire ça plus longtemps qu’un homme) ? En satyre ! Vous savez ce que c’est, vous, un satyre ? C’est une espère de bestiole qui est comme qui dirait un homme pas vraiment jojo jusqu’à la ceinture, avec une tête aux oreilles en pointe, au nez camus, au regard plus que lubrique, et en-dessous de la ceinture, c’est le bouc avec du poil partout, des vraies pattes d’animal et en plus une queue (enfin je parle de celle que tous les animaux ont en commun et qu’à l’homme il ne lui reste comme témoin que les dernières vertèbres). Séduisant, un mec comme ça ? Purée, autant aller se faire moine en compagnie d’Abélard ! Il n’empêche que Zeus lui fait des jumeaux, à la belle Antiope, et qu’elle les a gardés tellement la fabrication lui avait fait plaisir ! Mais si, mais si, je vous assure !

Autre exemple, avec Déméter, la terre. Ayant appris que son petit frère Poséidon s’était tapé sa sœur Déméter en se déguisant en cheval parce que, maligne et redoutant l’inceste, elle s’était elle-même déguisée en jument, voilà que le Zeus il se transforme en taureau et qu’il fait l’amour à sa sœur. C’est vrai que tous les goûts sont dans la nature et que la zoophilie ça existe, mais quand même ! dans un livre qui sert en classe aux petits gamins ?

Mieux : Zeus a renouvelé son déguisement de taureau, et avec une mortelle, par-dessus le marché. Europe, qu’elle s’appelait. Ça vous dit quelque chose, peut-être ? Marché Commun, traité de Maastricht, etc., non ?
Bref, la Europe en question, plus belle que la plus belle fille du monde d’aujourd’hui, voit un taureau tout blanc, comme le chevalier du même nom. Elle s’en approche, s’assied sur lui et le voilà qui l’emmène sur son dos dans la mer. Ils arrivent en Crète et là, Zeus se retransforme en Zeus (mais à quoi pouvait-il ressembler ? Moi à chaque fois que je l’ai vu c’était un vieux truc barbu avec de la foudre dans les mains, tu parles que la nana elle devait quand même avoir des goûts bizarres !) et hop ! le voilà qui refait sa petite affaire avec Europe !

Encore un exemple : Léda. C’était une mère de famille, avec une fille, Tymandra, une bonne épouse de son mari Tyndare et tout et tout. Peut-être que le roi l’a un peu négligée à force de faire des sacrifices aux dieux, mais en tout cas, un jour, elle se trouve dans un champ, probablement occupée à attendre que les carottes poussent pour faire comme Charlotte, celle de la chanson paillarde si vous connaissez (qui se faisait des papouilles avec cet ombellifère faute d’avoir un homme sous la main). Elle met la main au sol et qu’est-ce qu’elle trouve ? Un cygne.
Tiens, se dit-elle en posant la main sur le cou de l’oiseau, ça me fait penser à quelque chose !
Il faut dire que son mari était assez gâté par la nature sur le plan de la longueur, mais bizarrement constitué en ce qui concernait la forme, ce qui obligeait Léda à des contorsions incroyables, toutes les femmes qui ont essayé un col de cygne pourront vous le confirmer.
Arguant du fait que « faute de grives on mange des merles », elle remplace les carottes par le cou du cygne. Mais qui c’était le cygne ? Je vous le donne en mille : Zeus lui même et en personne.
Après avoir fait sa petite affaire, elle rentre chez elle et elle tombe sur son mari le roi, qui venait de faire ses sacrifices habituels aux dieux mais en oubliant encore une fois Aphrodite. Oh le goujat ! Oublier une nana comme ça, déesse de la beauté, tellement carrossée que même les plus sages des dieux se trouvaient dans l’état des taureaux en rut dès qu’elle arrivait ! Il y a de quoi ne pas en revenir. Et j’aime autant vous dire que ça ne lui a pas plu, à Aphrodite !
Quoiqu’il en soit, Léda revoit son mari Tyndare et lui fait le coup du charme. Aussi sec ils se retrouvent au lit pour une bonne partie de jambes en l’air bien humaine. Et ça ne rate pas : Zeus et Tyndare, aussi peu précautionneux l’un que l’autre, lui font le coup du « Avec moi on gagne à tous les coups ! » Et voilà Léda enceinte ! Et la voilà qui pond deux oeufs-quatre enfants : selon certains, Pollux et Hélène seraient les enfants de Zeus, Castor et Clytemnestre, ceux de Tyndare, selon d’autres, Castor et Pollux seraient les Dioscures (les garçons de Zeus) ; j’espère que vous voyez de qui sont Hélène et Clytemnestre.
Aphrodite apprend ça. Elle se frotte les mains. Elle se dit en elle-même :
– Ah mon salaud de Tyndare ! Attends un peu ! Tu croyais que j’avais oublié le jour où tu n’a pas fait un sacrifice exprès pour moi ? Je te jure que ta bonne femme, non seulement elle a astiqué un col de cygne, mais en plus elle a pondu des enfants qui sont maudits. Je m’en occupe !
Et vous savez que les dieux, en ces temps-là, avaient des super-pouvoirs que Superman, Battman, Spiderman et Condorman réunis ne leur arrivaient pas à la cheville. La nana dont je vous cause, donc, elle décide de se venger. Elle rend Castor et Pollux fous d’amour l’un pour l’autre.
Mieux : elle fait enlever la belle Hélène, leur sœur jumelle elle aussi, par Thésée et son copain Pirithoos. Un peu salauds, ces Grecs : ils tirent au sort pour savoir lequel des deux aura Hélène. Thésée gagne, mais comme elle est encore un peu petite, il la conduit chez sa mère, puis il part avec son copain pour aller chercher Perséphone, que le copain veut se taper.
Castor et Pollux, pendant ce temps là, commencent un peu le brouillon de la guerre de Troie (qui a bien eu lieu mais pas à ce moment-là, puisque les jumeaux-Gémeaux étaient morts au moment où elle commença) délivrent leur sœur et emmènent la mère de Thésée en captivité.
Pour Hélène, vous connaissez la suite. Il n’empêche que, d’après tous les témoins de l’époque que j’ai interrogés, elle était drôlement consentante pour se faire enlever par Pâris, tout ça parce que, vous savez bien comment sont les femmes, elle trouvait qu’il était drôlement plus mignon que son mari Ménélas. La preuve qu’elle était consentante, c’est qu’elle avait emmené avec elle ses esclaves et ses trésors mais laissé sa gamine Hermione, qu’elle avait eu avec Ménélas.
Et pour Clytemnestre, hein ? Vous savez ce qu’elle a fait, elle ? Après des débuts difficiles dans la vie, elle est devenue l’épouse d’Agamemnon, frère de Ménélas, à qui elle a donné trois enfants, Iphigénie, Électre et Oreste. Mais la guerre de Troie éclate et Agamemnon est désigné pour être le super-chef. Pendant qu’il est parti (vous savez comment sont les femmes), Clytemnestre se console dans les bras et le lit de son cousin, Egisthe.
De son côté, Agamemnon emmène Cassandre, une fois la guerre finie, en se disant qu’une jeune peau lui réchauffera le coeur (et pas seulement, si vous voyez ce que je veux dire). Clytemnestre, voyant le désastre, tue son mari dans son bain en l’égorgeant et elle en fait autant à la pauvre prophétesse Cassandre.
Heureusement, les enfants d’Agamemnon n’étaient pas des ingrats : ils ont réussi à venger leur père !

Un dernier exemple pour la route : Perséphone. C’était une fille de Zeus qui avait été enlevée par son oncle Hadès pour venir avec lui en enfer. Elle pas tellement heureuse a eu un petit coup de sentiment pour un certain Adonis. Zeus, jaloux, s’est déguisé en serpent et lui a fait le coup du « Je suis d’un naturel froid. Si tu me réchauffais un peu dans ton sein ? » Ca a dû marcher, parce que Perséphone a fait deux gamins à son père, Sebazios et Zagreus.
Avec un serpent-père ?
Eh oui ! Peut-être ce qu’on dit, les Grecs, mais les Grecques, dur, dur !

Guy

« Sacré Christophe ! » partie 03

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En un clin d’œil, Eirik juge la situation. Pensant non sans raison que la meilleure tactique à adopter dans ce cas précis est la fuite, il hurle à ses hommes:
Prenez vos femmes et vos enfants ! Rendez-vous aux drakkars !

Lui-même, de son côté, court jusque chez lui.

Quand il franchit le seuil de sa maison, sa femme est occupée à essayer un nouveau costume de sa confection à Leiv Eirikson, leur jeune fils de onze ans.
Elle ouvre la bouche de stupéfaction :
—Mais…
Elle n’a pas le temps de demander à son mari pour quelle raison il est couvert de sang. Eirik l’interrompt et ordonne :
Vite, femme ! Prends l’enfant et quelques hardes, nous devons partir !
Leur maigre bagage est vite fait.
Ils se retrouvent bientôt en vue des trois drakkars vers lesquels convergent tous les hommes d’Eirik, leurs compagnes et leurs enfants.
Jamais, de mémoire de Viking, un départ n’a lieu aussi précipitamment. Fort heureusement, le brouillard persistant permet aux trois navires d’Eirik de quitter la côte sans être rattrapés par ceux des V.L.I.C.S.

Quelques heures plus tard, en direction opposée à celle du soleil qui commence à se lever.

Accoudé au bastingage, Eirik croit voir des vols de mouettes.
Je suis vraiment fatigué, par Odin ! songe-t-il en se frottant les yeux
(note 6 – en raison de cette habitude, contractée dès qu’il commença à naviguer, Eirik avait souvent les yeux rouges. Peut-être est-ce là l’origine réelle de son surnom).
Il n’y a que de l’eau dans cette direction. Mon vieil Eirik, il est temps que tu ailles te reposer !

En partant s’allonger près de sa femme et de son fils, il donne au passage des instructions précises à ses meilleurs compagnons, ceux du moins qui sont encore debout.
Comme le présage lui a plu, il décide de continuer le voyage dans la même direction, à la rencontre de l’inconnu
(note 7 – en 981, on ne connaissait guère que l’Europe, qui deviendra en 1492 « l’Ancien Continent ». Eirik et ses successeurs ont donc fait des « rencontres du deuxième type » en partant à la découverte de l’inconnu. Vraisemblablement, Steven Spielberg en a entendu parler puisque, en 1977, il baptisa son film « Rencontres du troisième type »).

Avant de s’endormir pour quelques instants, il songe malgré lui à ce mystère qui l’attend. Mais il n’a pas eu le choix : en tuant ces deux hommes, il s’est condamné lui-même à fuir son pays pour ne plus jamais y revenir.

Les jours s’écoulent lentement, monotones. Les hommes sont fatigués. Le brouillard qui entoure les navires empêche le regard de se porter au loin. Les enfants geignent sans arrêt. Il a fallu restreindre les vivres et l’eau. Tous se posent la question : combien de temps cette pénible errance va-t-elle durer ?

Soudain, un fragment de brouillard se déchire. Juste à ce moment, un guetteur croit apercevoir une côte. Aussitôt, il en informe son chef.

Eirik n’hésite pas une seconde, voire une nanoseconde. Il conseille à ses hommes de se préparer à tout et fait mettre le cap droit sur cette ligne entrevue.

Peu à peu, les trois navires s’en approchent. Quelque temps plus tard, les Vikings posent le pied, les armes à la main, dans un pays où la glace semble occuper une place prépondérante.
(note 8 – les Vikings ont bien entendu posé chacun leurs deux pieds sur cette terre apparemment inhospitalière. De la même manière, ils avaient leurs armes dans les deux mains, une offensive (épée) dans la main droite (ou dans la gauche pour les gauchers), une défensive (bouclier) dans la gauche (ou l’inverse))

Fort heureusement, les rudes navigateurs sont habitués au froid et donc vêtus en conséquence.

Apparemment, la population n’est pas très dense. Là où les navires abordent, il n’y a même aucune trace de vie. Eirik décide de laisser les navires au mouillage pendant quelques semaines. Rapidement, ses compagnons montent un camp de fortune
(note 9 – cette expression fait partie de toutes celles qui, dans la langue française, me réjouissent le cœur : imaginez-vous les dix personnes les plus riches du monde dans un camp de ce genre ? Il y a de quoi rire, non ?).

Après quelques instants passés à se reposer et à se restaurer, Eirik prend les meilleurs de ses hommes à part :
Mes amis ! leur dit-il, nous allons explorer ce nouveau territoire. D’ores et déjà, je vous propose de l’appeler « Terre de glace »
(note 10 – « Islande », mot à mot, signifie bien « terre de glace ». Ce nom lui a été réellement donné par Eirik le Rouge vers 981).
Qu’en dites-vous ?
— Par Odin ! Par Thor ! Tu as raison, Eirik ! Désormais, nous appellerons ce pays « Island ».
— Bien … Merci, mes amis. Je vous propose maintenant d’explorer cette nouvelle terre. Nous partirons quand le soleil sera au plus haut dans le ciel et nous avancerons toujours dans la direction de nos ombres.
— Oui, Eirik ! Nous irons avec toi.

Ainsi font-ils.

Ils se heurtent très vite à un immense glacier que, à la suite d’un « référant d’hommes »,  ils baptisent « Eiriksjökull », du nom de leur chef et guide. Informé, celui-ci les remercie d’un sourire. Secrètement, il en est profondément réjoui.
(note 11 – le « référant d’hommes » est une très vieille coutume scandinave. Elle correspond à l’organisation d’une consultation élective entre tous les hommes d’une tribu, parfois tous les habitants d’un village, pour savoir à qui attribuer telle ou telle chose. Lorsque les Vikings ont envahi la Gaule, alors peuplée de descendants des Gallo-romains, ces derniers ont cherché dans leurs dictionnaires, y compris dans celui rédigé par un certain Gaffiot et que, à l’époque, ils avaient baptisé « G.A.F.I.O. », mais n’ont pas trouvé de mot correspondant. Aussi ont-ils décidé purement et simplement de « latiniser » ce nom d’origine scandinave sous la forme qui est très répandue aujourd’hui de « referendum », cette chose dont on parle beaucoup mais qu’on n’exécute que très rarement. Pour la première fois, amie lectrice, ami lecteur, vous avez une explication logique de l’un des plus grands mystères de la linguistique.)

À suivre, évidemment. La suite, logiquement, s’intitulera : « sacre-christophe-partie-04»

Guy

À propos de mon premier « vrai roman » (suite 02)

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À propos de mon premier « vrai roman » (suite 02)

Je te l’ai promise (la suite, bien sûr) pour aujourd’hui, jour de la Saint Guy (pur hasard, c’est aussi un vendredi).

Voici la suite de ce que j’avais préparé dans ma tête, avec des interruptions dues à des séjours hospitaliers.
J’en étais à cette première version lorsque je me suis rendu compte que je devais faire fausse route.
J’ai donc tout jeté et tout recommencé à zéro. Je n’ai conservé que quelques éléments :
– l’histoire de la mémoire de l’eau,
– celle du « chercheur fou »
– et deux ou trois autres idées secondaire sans grande importance à vrai dire.
Voici donc ce que j’ai imaginé de nouveau.
Deuxième version :
Dans son bureau-appartement, un journaliste free-lance célibataire en mal de copie (je peux t’assurer que ça arrive,  j’ai fait ce travail pendant deux ans et c’est là que j’ai appris qu’il fallait se faire une petite réserve d’articles à conserver sous le coude pour les temps de vaches maigres), regarde d’un œil distrait la télévision. Il voit la rediffusion d’un film passé sur la cinq et intitulé : « On a retrouvé la mémoire de l’eau ». Il suit avec passion les tribulations du professeur Montagnier et de son collaborateur Jamal Aissa, qui se livrent sous les objectifs des caméras à une expérience en direct.  Il écoute avec beaucoup d’attention  les explications données qui aboutissent  à l’envoi d’un fichier informatique dans une université italienne dirigée par le professeur Vittorio Colantuani qui, avec l’aide du professeur Giuseppe Vitiello, reconstitue l’ADN contenu dans le fichier informatique alors que, au départ, la dilution était telle que toute trace de molécules autres que celles de l’eau avait disparu. Il s’intéresse aux propos du professeur Mac Henry, en France cette fois, qui expose, à l’aide des résultats de la chimie et de la physique quantique qu’il pratique quotidiennement, comment fonctionne cette mémoire de l’eau et surtout comment elle permettrait de mettre au point des médicaments à coût ridicule, ce qui mettrait en cause l’existence même de nombreux laboratoires chimico-pharmaceutiques.
Ébranlé  dans ses propres convictions, il décide de se lancer sur les traces de cette mémoire  de l’eau, pour savoir si on peut ou non l’utiliser.
Il va interviewer toutes les personnes qu’il a vues dans ce film et, au hasard d’une discussion avec une jeune et séduisante laborantine italienne, il entend parler d’une sorte de « savant fou » qui travaillerait, dans un laboratoire indépendant dont elle lui donne l’adresse, à une application non thérapeutique de cette mémoire de l’eau. Cette personne, qu’il va interroger, est persuadée qu’il est possible d’influencer le cerveau des humains en leur faisant prendre de l’eau contenant un ADN spécifique, qui permettrait, selon lui, d’améliorer le rendement du cerveau et aussi de l’influencer au gré de ce que lui-même souhaiterait glisser dans le fichier informatique.
C’est ici que je me suis arrêté, pour de nombreuses raisons chirurgico-médicales, mais je ne suis pas non plus pleinement satisfait, bien que j’envisageais parfaitement une suite logique à ceci : le journaliste et la jeune assistante se mettent ensemble, le reportage fait par le  journaliste à propos du « savant fou » le persuade que ce personnage est dangereux pour l’humanité et qu’il faudrait l’empêcher de nuire. Seul hic : comment conduire un grand nombre d’humains à boire de l’eau et uniquement celle qui contiendrait le fichier informatique en question ? La publicité subliminale produit des miracles, certes, mais il ne faut pas exagérer non plus.
Tu as donc compris que mon concept numéro 2 s’arrêtait là et, dans un prochain numéro, je te ferai part de la troisième version de cette aventure du « Maître de l’eau », qui est la dernière en date, que je n’ai pas terminée non plus.
J’espère ne pas t’avoir  ennuyé(e) et je reconnais que, pour moi, cette mini-série en quelque sorte, me permet de voir de plus près le processus de création de l’histoire. J’espère que, en ce sens, elle t’aidera aussi.
A vendredi prochain, le 19 juin, donc !

Guy

« Sacré Christophe ! » partie 02

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« Sacré Christophe ! » partie 02

PRÉLUDE

Du côté de la Norvège, aux alentours de 981.

Il est une heure du matin. La nuit est très brumeuse. On ne distingue pas plus la lune que « cette obscure clarté qui tombe des étoiles ».

Dans un bar à matelots de Jeeren, une violente altercation oppose deux hommes :
— T’as tort !
— Je ne m’appelle pas That-Thor, espèce d’ivrogne dégénéré ! Je me nomme Eirik ! Et si tu continues à insister, je vais te fendre le bec avec mon grand couteau !
— Chef, chef, arrêtez ! Vous voyez bien qu’il est complètement saoul !
— Et alors ? Le seul Thor que je connaisse, c’est notre dieu. Je suis fort, soit, mais pas autant qu’Odin, notre maître à tous !
— J’te … j’te dis qu’t’as … qu’t’as tort ! persévère l’aviné qui tente désespérément d’imposer son point de vue.

Du coup, Eirik voit rouge. Il dégaine son arme et, ainsi qu’il en a prévenu l’homme, lui agrandit la bouche d’un violent coup horizontal.

Le sang jaillit à flots de l’horrible blessure. Les conversations cessent brutalement. Tous regardent la scène d’un air stupéfait.

Dans le silence qui soudain lui emplit les oreilles, Eirik hurle :
— Tiens ! Voilà pour t’apprendre à vivre !

Il donne un nouveau coup de poignard à l’homme. Las ! il visait l’abdomen, où il sait par expérience qu’un coup fait mal mais ne tue pas. Or, au même moment, son adversaire s’affaisse mollement sur les genoux tout en essayant de retenir comme il le peut le sang qui s’écoule de sa blessure béante.

Par l’un de ces extraordinaires hasards dont l’histoire est friande, Eirik transperce le cœur de l’homme dont il avait imaginé seulement percer la panse !

Extrayant péniblement son couteau des chairs maintenant mortes, Eirik le contemple d’un air ahuri. Il a le sentiment absolu qu’il vient de franchir un pas décisif, non seulement pour lui, mais aussi pour l’histoire de l’humanité toute entière !
(note 1 – en fait, c’est en plongeant dans le passé que les spécialistes de la NASA ont retrouvé, dans l’inconscient collectif tel que le définit Jung, cette pensée restée inédite d’Eirik dont j’ai eu connaissance grâce à la transmission orale parvenue depuis mes ancêtres les Gaulois, qui eux-mêmes connaissaient la chose par ouï-dire. Les Américains ont eu le toupet de s’en inspirer pour formuler les premières paroles prononcées depuis la Lune par un représentant de l’espèce humaine. Quel culot, ces boys !).

Les représentants de ladite, qui l’entourent, béent, eux aussi. Dans le silence pesant, on entend soudain voler une mouche. Ce léger bruit semble redonner conscience aux rudes marins qui fréquentent le bouge.

L’un d’entre eux, incontestablement le plus grand et le plus gros, se lève pesamment de sa table. Il vient se poster en face d’Eirik, qui est encore sous le choc.

Superbe dans son attitude, il lui apprend, d’une voix éraillée par l’alcool qu’il ingurgite en grande quantité depuis plus de cinq heures :
— Eirik … c’était mon … c’était mon ami ! … T’as eu tort … t’as eu tort !

Du coup, le Viking assassin pâlit :
— Par Odin ! s’écrie-t-il, j’ai eu Thor ! Moi, un simple mortel ? Je n’ai tout de même pas tué un dieu !

C’est qu’il connaît bien sa mythologie, le Scandinave inculte !

Bien vite, il se reprend. Il s’en félicite d’ailleurs in petto
(note 2 – contrairement à ce que l’on pourrait penser à première écoute, cette expression ne signifie pas en quelque sorte « dans le vent », mais bel et bien « à part soi, intérieurement »).

En effet, le géant sort à son tour un coutelas qu’il agite d’un air menaçant au-dessus de sa tête. L’usage qu’il compte en faire paraît si évident que les spectateurs du différend s’écrient tous d’une seule voix :
— Eirik … attention !

Le principal intéressé a, fort heureusement, déjà réagi.

Constatant que son adversaire continue à s’époumoner en gesticulant, Eirik assure son poignard dans sa main droite. Rapidement, il lui en porte un coup, un seul, lui engageant la lame dans le ventre avant de la remonter violemment en direction du cœur puis de tirer à lui, comme le lui a appris un vieux chasseur sibérien, tueur d’ours.

Mort debout, pratiquement ouvert en deux, le géant arrose de son sang Eirik qui gagne là son surnom
(note 3 – il s’agit là d’une interprétation toute personnelle, mais après tout elle vaut largement celle qui veut qu’Eirik dit « le Rouge » ait été roux. Rappelons qu’en 981, la photographie en couleurs n’était pas encore inventée !).

Impressionnant par son allure, le vainqueur, sous les yeux médusés des buveurs attardés, se contente de repousser légèrement de la pointe ensanglantée de son arme le corps sans vie qui, d’un seul coup, s’effondre au sol.

A cet instant, un cri parvient de l’extérieur :
— Par la foudre d’Odin ! Voilà les V.L.I.C.S. !
(note 4 – les V.L.I.C.S. étaient, dans toute la Scandinavie de l’époque, des Vikings Législateurs Interdisant les Combats Sauvages. Les initiales de ces sortes de gardiens de l’ordre, légèrement modifiées, sont arrivées en France vers le XIIIe siècle).

— Vains dieux !
(note 5 – cette expression a été considérablement déformée au cours des siècles. D’origine religieuse, ainsi que toute personne un tant soit peu cultivée peut le constater, elle s’est transformée en un simple nombre de deux chiffres, souvent associé aux initiales précédentes) s’exclament aussitôt les hommes d’Eirik.
— Chef, que devons-nous faire ?

À suivre, évidemment. La suite, logiquement, s’intitulera : « sacre-christophe-partie-03»

Guy