Archives mensuelles : juillet 2015

À propos de mon premier « vrai » roman (suite 08)

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À propos de mon premier « vrai » roman (suite 08)

Chose promise, chose due, t’ai-ie dit.

Pour l’instant, tu as fait connaissance avec Francis Colpo, « le savant fou » puis avec son
« ennemi », Luc Lavignac, le journaliste.

Il te reste à faire la connaissance du « sponsor » du savant fou,  puis de Lucas, filleul de Luc Lavignac et de sa mère Françoise. Il y a évidemment bien d’autre personnages dans ce roman, mais ce sont eux les principaux.

Le « sponsor » se nomme André Boulaur. Il est le P.D.G. de de la « Société Internationale des Eaux », la S.I.E, qui distribue de l’eau en France mais aussi dans le monde entier par l’intermédiaire de ses innombrables filiales.

Il a gravi un à un tous les échelons de la société, qui est la première dans le monde, de très loin. Il en est maintenant le grand patron. Bien entendu, son ascension s’est faite aux dépens d’un certain nombre de personnes, mais tout le monde reconnaît son savoir-faire et sa ténacité, ainsi que sa connaissance approfondie de tout ce qui touche à l’eau. Il suit de très près toutes les recherches engagées dans le domaine de l’eau dans le monde entier. C’est ainsi qu’il a vent des investigations de Colpo.

Il comprend rapidement le bénéfice qu’il peut tirer des découvertes du « savant fou », ainsi qu’il l’a baptisé. Il décide de tout faire pour lui faciliter l’aboutissement de ses recherches qui, pense-t-il, vont lui faciliter la vie.

C’est ainsi qu’il lui loue gratuitement une petit propriété en Sologne, dans un coin très tranquille, entre La Ferté Saint Aubin et Jouy le Potier. Il lui a fait aménager un laboratoire secret afin qu’il puisse continuer ses expériences.

La propriété se compose de trois bâtiments qui dessinent une sorte de U : le bâtiment central , plus grand, abrite le laboratoire, les bureaux et tout ce qui est nécessaire aux recherches de Colpo, les autres bâtiments, annexes, sont en fait des dortoirs, un réservé aux filles, un autre aux garçons.

Ils abritent les volontaires qui souhaitent vivre l’expérience promise par Colpo.

Quelle est donc cette expérience, à laquelle, visiblement, Lucas va participer ?

Pourquoi Boulaur sponsorise-t-il ainsi Colpo ? Quel bénéfice espère–il en tirer ?

Que va devenir Lucas ainsi que tous les autres « volontaires » dans ce coin perdu de Sologne ?

Tu liras davantage de détails à ces différents propos, et en particulier la présentation de Lucas Essey ainsi que de sa mère  vendredi prochain, le 31 juillet 2015.

L’article sera intitulé : « À propos de mon premier « vrai roman » (suite 09) ». À tomber à la renverse, tu ne crois pas ?

Guy

Deux nouvelles définitions liées, les 10

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Deux nouvelles définitions liées, les 10

A : c’est, paraît-il, la première lettre de l’alphabet utilisé en France.

Lorsque j’étais petit, ma mère chantait – presque aussi faux que moi aujourd’hui – une chanson prétendument bourguignonne qui disait :

« A(h) que l’envie me démange
D’aller en vendange, d’aller en vendan-an-ge
Et de grappilloner
De grappilloner dans mon p’tit chapeau percé »

J’ai alors compris qu’en fait le A était une variété de vin. La suite me donne raison.

Abiotique : au sens propre (j’adore aussi cette expression, parce qu’on ne m’a jamais appris ce qu’était un sens sale. Un sens interdit, oui, mais un sens sale, non !), le mot biotique, qui provient, comme nombre de mots français, du latin bioticus. Ce mot  signifie « ce qui est en rapport avec la vie ou les êtres vivants d’une manière générale ».
Vous pourriez donc en conclure que « abiotique » a un rapport avec la mort ? Ce n’est pas du tout ça.
Souvenez-vous : le A est une variété de vin.
Un A biotique, ce n’est rien d’autre que du vin qui, rapidement, vous fait un tel effet que vous vous trouvez ivre-mort, voire tout à fait mort si vous insistez lourdement sur la quantité à ingurgiter.

« Sacré Christophe ! » (partie 09)

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« Sacré Christophe ! » (partie 09)

Pendant tout le temps que dura la visite commentée du navire, Cristoforo avait remarqué que quelques mouvements avaient agité l’esquif. Il les avait mis sur le compte de la mer, mais les vagues n’étaient pas même semblables à des vaguelettes, ce jour-là.

Il ne comprit réellement ce qui s’était passé que lorsqu’il fut en face du reste de l’équipage.

En effet, pendant qu’il explorait sa nouvelle habitation de fond en comble, les marins qui servaient sous les ordres du capitaine Dias avaient, eux aussi, réintégré leur bâtiment.

Les apercevant, le maître à bord après Dieu les héla de la manière suivante :

— Antonio ! Marcello ! Venez voir notre nouveau mousse !

Les deux marins qui constituaient l’équipage approchèrent. Cristoforo comprit alors que les mouvements qu’il avait remarqués provenaient, en fait, du passage des deux hommes.

Antonio était une sorte d’hercule de foire, comme celui que Cristoforo admirait toujours sur la place près de chez ses parents, lors des fêtes. Agé d’une trentaine d’années, sa taille équivalait largement à une fois et demi celle du jeune mousse, selon ses estimations.

Quant à Marcello, il n’avait guère que deux ou trois ans de plus que Cristoforo. Une profonde entaille balafrait sa joue gauche. Le futur marin pensa qu’elle était sans doute le dernier témoignage d’une rixe comme celles que sa mère lui avait bien recommandé d’éviter.

Les anciens s’approchèrent du petit nouveau. Antonio écrasa la main droite de Cristoforo dans l’énorme pince qu’il avait à l’extrémité du bras droit ; quant à Marcello, il saisit la dextre délaissée par le géant avec la mine gourmande d’un garçonnet devant un pot de confitures vivement désiré.

D’une voix fluette, il lui apprit :

– Bonjour, Cristoforo !

Il battit des cils, qu’il avait d’ailleurs fort longs, passa langoureusement sa main gauche dans ses cheveux rêches et ajouta en minaudant :

– Ici, tu sais, c’est moi le tonneau ! Et je tiens à le rester !

Ignorant tout des us de la marine marchande de l’époque, mais souhaitant se concilier dès le départ les bonnes grâces de tous, Cristoforo lui assura :

– Sois sans crainte ! Je ne prendrai pas ta place !

Il ne comprit pas pourquoi le capitaine Dias et Antonio partaient d’un rire inextinguible, suivi rapidement par celui de Marcello. Soucieux de sa réputation, il joignit malgré tout ses éclats aux leurs.

Ce ne fut que quelques jours plus tard, en pleine mer, qu’il comprit pleinement ce que voulait dire Marcello.

S’avisant que le capitaine Dias sortait d’un petit réduit de toile où il était remplacé aussitôt par Antonio, il se dit que là devaient être des toilettes improvisées qu’il n’avait pas encore remarquées. Comme il avait une forte envie, il décida d’attendre que l’hercule de service eut terminé d’épancher ses besoins. Il était malgré tout intrigué par les bruits qu’il entendait, qui ressemblaient à des gémissements et à des soupirs. Il en déduisit fort simplement que l’homme se soulageait bruyamment de ses pesanteurs stomacales.

Enfin Antonio sortit du réduit. Cristoforo se précipita… et se trouva nez à nez avec Marcello. Celui-ci remontait son pantalon. Il eut l’air aussi surpris que le jeune mousse, mais il se ressaisit plus vite. Il lui demanda :

– Alors, toi aussi tu veux ?

Intrigué, Cristoforo lui répondit :

– Je voudrais bien aller aux toilettes.

A voix basse, Marcello lui apprit :

– Je t’ai dit que c’était moi le tonneau. Le nom est resté par habitude des navires où il y avait une vingtaine de marins. Ici, je me contente d’ôter mon pantalon et le capitaine ou Antonio viennent soulager leur trop-plein… euh… ici, ajouta-t-il en désignant ses arrières. Mais les toilettes, c’est là !

Il désigna la petite cache prévue à cet effet. Il ajouta :

– Moi, si tu veux, je ne soulage que ça !

En même temps, il saisit à pleine main les trois pièces dont Cristoforo ignorait la destination exacte mais qui lui provoquaient des démangeaisons inopinées à des instants qui ne l’étaient pas moins. Le jeune marin précisa :

– Toi, je préfère te faire une petite gâterie !

Au grand dam de Cristoforo qui n’osait plus bouger, Marcello dénuda le devant du corps du jeune mousse.

S’agenouillant devant lui comme un prêtre devant un tabernacle ou une grenouille devant un bénitier, il entreprit de lui faire ce que les latinistes distingués nomment fellatio et que nos contemporains désignent du nom de ces braves soldats du feu, ainsi que l’écrivent les journalistes en manque d’imagination, qui tiennent leur lance à incendie dans une main et leur casque dans l’autre.

Cristoforo prit d’autant plus goût à la chose qu’il comprit en même temps à quoi servait tout ce qu’il portait sur lui. Comme il était aussi génial dans ce domaine que dans les autres, il en redemanda même et bientôt Marcello put tenter sur lui des caresses qu’il n’avait pas osées avec les deux autres membres de l’équipage, beaucoup trop rustres.

En revenant chez ses parents après trois semaines passées en mer, Cristoforo, bien que n’ayant connu aucune femme, pouvait néanmoins se targuer d’une expérience que bon nombre de fumeurs ou d’écrivains pouvaient lui envier
(note 28 – non, non, je ne vous ai pas oubliés, amies lectrices et amis lecteurs. Je tenais simplement à vous préciser, à propos de ce passage dont j’ai retrouvé, aux termes de recherches qui m’ont absorbé pendant de très très longs mois (dois-je également vous apprendre qu’il y a eu un 29 février 1992 ?) le seul témoignage dans un parchemin authentifié par le capitaine Dias lui-même, qu’il s’agissait bien évidemment des personnes qui fumaient les instruments que l’on taille traditionnellement dans la ville de Saint-Claude, dans le Jura français. Quand aux écrivains de l’époque, je vous rappelle qu’ils utilisaient une plume et que, avant de l’utiliser, ils devaient également la tailler).

À propos de mon premier « vrai » roman (suite 07)

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À propos de mon premier « vrai » roman (suite 07)

En principe, je tiens toujours mes promesses. Les rares fois où je n’ai pas pu le faire, c’est parce que j’étais immobilisé sur un lit d’hôpital à la suite d’une opération.

Cette précision donnée, je viens te parler du personnage qui va s’avérer être « l’ennemi »  – disons tout relatif – de Francis Colpo, « le savant fou ».

Il se nomme Luc Lavignac,  plus exactement j’ai décidé de le baptiser ainsi.

Ce personnage exerce la fonction de journaliste indépendant,  ce que,  à la suite de la mode américaine, on a décidé de baptiser « freelance ».

Après une formation initiale de journaliste au CFJ (centre de formation des journalistes de la rue du Louvre à Paris) suivie d’un travail au CFPJ (même adresse mais formation plus approfondie et spécialisée), il s’est fait connaître dans ce milieu d’une part en s’appuyant, entre autres, sur les recommandations des anciens de cette école, d’autre part en réalisant des enquêtes de fond qui lui ont valu une belle réputation dans ce domaine.

Le dernier grand reportage qu’il a conduit, à propos des sectes et des dérives sectaires, lui a  demandé près d’une année complète de travail. Sa ténacité a été récompensée puisque son reportage complet a été primé à plusieurs reprises et lui a valu une superbe notoriété à la fois dans le milieu du journalisme et dans celui de la littérature, étant donné qu’il a été sollicité pour rédiger un ouvrage à ce propos.

Son meilleur ami, camarade de promotion, s’appelait Marc, Marc Essey. Luc est d’ailleurs le parrain de son fils, Lucas, né du mariage de Marc avec sa femme Françoise. Malheureusement, Marc Essey est décédé dans un stupide accident de voiture alors que Lucas venait tout juste d’atteindre ses cinq ans. Au nom de cette ancienne amitié et des liens qu’il entretient avec son filleul, Luc s’intéresse toujours à ce que devient Lucas, qui a maintenant vingt ans.

Françoise a trouvé en Luc Lavignac à la fois un soutien et un confident sûr. Elle vient le trouver pour lui demander conseil à chaque fois qu’elle se heurte à un problème important.

Elle se trouve confrontée à une difficulté inédite : son fils Lucas a adopté depuis quelque temps une attitude qui lui semble bizarre. Il est toujours le Lucas qu’elle connait, son fils en qui elle a une totale confiance, mais il lui semble que quelque chose a changé en lui. Elle se demande s‘il n’est pas influencé par une secte quelconque.

Elle observe attentivement son fils. Apparemment, il n’a pas changé, il est le Lucas qu’elle connaît depuis toujours. Elle pense déceler toutefois un malaise dans certains de ses comportements.

Pour en avoir le cœur net, elle décide de demander de l‘aide à Luc. Celui-ci la lui accorde bien volontiers, d’autant plus qu’il continue à s’intéresser au sort de son filleul et que les confidences que lui font Françoise le conduisent à s’interroger.

Il décide de trouver la raison qui expliquerait le changement du comportement de Lucas. C’est ainsi qu’il est entraîné dans une véritable enquête policière qui le met sur la piste de Colpo et de ses agissements.

Tu devines bien qu’il va y avoir, à un moment ou à un autre, un véritable affrontement entre, d’un côté, Colpo (quoique…) et son « sponsor » (dont je te parlerai vendredi prochain) et, de l’autre, Luc allié à Françoise.

Tu es pressé(e) d’en savoir plus ? Désolé, chez toi comme chez moi, une semaine dure sept jours, il te suffit, pour t’en persuader, d’étudier l’étymologie du mot. Alors, il va te falloir patienter jusqu’au vendredi 24 juillet 2015 pour lire la suite et comprendre un peu les bases de mon roman, au moins en ce qui concerne ses personnages. Ça s’intitulera : « Comme promis, à propos de mon premier « vrai » roman (suite 08) ». Un vrai feuilleton, ce roman !

Allez, patience ! A vendredi.

Guy

« Sacré Christophe ! » (partie 08)

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« Sacré Christophe ! » (partie 08)

Un beau jour d’été, alors que Cristoforo venait de célébrer son quatorzième anniversaire, son père lui demanda :

— Dis-moi, mon fils… tu veux toujours visiter le monde ?

— Euh… bien sûr que oui, p’pa ! Pourquoi ? s’étonna le jeune homme.

— Eh bien j’ai ce qu’il te faut ! Descends au port. Là, tu demanderas de ma part le capitaine Dias. Il a accepté de t’engager comme mousse sur son bateau.

— C’est… c’est vrai, p’pa ? Tu… tu veux bien que… que je parte ?

— Oui, mon fils ! Ma,… ça n’a pas été sans déchirement, tu sais ! Mais que veux-tu : ta mère et moi en avons longuement parlé. Si ton destin est d’être marin et non tisserand, eh bien… sois marin ! Mais surtout…

— Oui, p’pa ?

— Surtout, mon fils, sois un bon marin !

— Oh oui, p’pa, je te le jure !

Heureux comme il ne l’avait jamais été, Cristoforo remonta à la maison voir sa mère. Celle-ci, inquiète malgré le génie précoce de son fils, lui prodigua de précieux conseils, tous plus avisés les uns que les autres.

Ainsi, elle lui dit de se méfier des filles des ports, arguant du fait que toutes n’étaient pas de sages femmes, loin de là.

Elle l’invita également à se garder de se laver nu devant les autres marins. Ceux-ci, en effet, avaient la réputation de « se farcir » le mousse, sans qu’elle puisse lui expliquer ce que signifiait réellement cette curieuse expression. Tout au plus pouvait-elle lui assurer, si elle se référait à ce qui se passait dans sa cuisine, qu’il devait être question de viande fourrée. Néanmoins, il fallait que Cristoforo restât toujours bien propre, car le travail principal du mousse consistait à laver le pont.

Le regard brouillé par les larmes qui coulaient le long de ses joues sans qu’elle cherche à les retenir, elle lui glissa subrepticement
(note 27 – avez-vous déjà remarqué comme les mères se cachent souvent pour donner de l’argent à leurs fils alors que les pères le savent très bien ? Il paraît que cette pratique est encore courante aujourd’hui, et pas seulement en Italie !)
une petite pièce d’or, dérobée par ses soins sur la cassette du ménage tout exprès pour cette occasion.

Muni de ce précieux pécule, qui triplait sa fortune puisque son père lui avait, quant à lui, donné deux pièces également prises dans les économies familiales, le jeune Cristoforo, conscient qu’un avenir radieux l’attendait, se dirigea avec son maigre balluchon vers le splendide navire qui devenait son nouveau logis.

Après une bonne heure de marche, il arriva en vue du port. Il tenta de trouver par lui-même le coursier des mers sur lequel, dans son imagination, il aurait l’honneur de bourlinguer.

Très vite, il se rendit compte que ce n’était pas chose facile. Aussi se résigna-t-il à demander de l’aide à tous les matelots qu’il rencontra.

Cristoforo apprit à ses dépens qu’il n’était pas aisé d’obtenir un renseignement de cette nature.

Certains marins, franchement saouls, étaient incapables d’articuler correctement un seul mot ; de nombreux autres, étrangers, ne parlaient pas la même langue que lui.

Quelques navigateurs, qui en voulaient certainement à ses trois pièces d’or – du moins le pensa-t-il – se mettaient à courir après lui dès qu’ils l’apercevaient, tout en faisant des gestes qu’il devinait obscènes sans toutefois en saisir la signification ; souvent, il ne dut le salut de sa fortune qu’à la vigueur de ses jeunes jambes.

Enfin il obtint le renseignement qu’il cherchait. Quelques instants plus tard, il se trouvait devant le « Santa Maria di Gena » du capitaine Dias.

Très déçu, Cristoforo ! Forcément : il n’avait en face de lui qu’une sorte de très grosse barque avec une seule voile. La réalité était bien loin de son rêve!

Il s’assit sur un paquet de cordages posé sur le quai, pour rassembler tout son courage avant d’affronter son futur « patron ».

Soudain, une grosse voix lui demanda :

— Oh, gamin ! Oui, toi ! Qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne vois pas que tu gênes ?

Intrigué, inquiet même, Cristoforo se leva d’un bond. Soit, il avait bien entendu son père et sa mère lui raconter que, de l’autre côté des Alpes, une jeune fille avait entendu des voix divines, comme longtemps avant elle le prêtre Ezéchiel au pays des Chaldéens, au bord du fleuve Kebar, mais il ne comprenait pas comment ce miracle pouvait lui arriver, à lui. A moins que ce soit un signe du ciel ?

Il scruta longuement les environs, cherchant à savoir d’où provenait cette voix mystérieuse. En vain !

Un bruit d’eau remuée, juste en face de l’endroit où il était, lui fit relever prestement la tête. Au même moment, un mouvement se fit sur ce qu’il n’appelait déjà plus « un navire ». Un gros homme à l’air cruel apparut, qui se redressa et le héla pour la seconde fois :

— Alors ?

D’émotion, Cristoforo avala sa salive. Il toussota pour s’éclaircir la voix :

— Je suis le fils de Monsieur Colombo. Je cherche le capitaine Dias.

— Très bien, petit, c’est moi. Monte à bord, que je te voie un peu !

Obéissant au geste impératif du capitaine Dias, Cristoforo monta sur la passerelle qui pliait – un peu trop dangereusement à son gré – sous son poids et celui de son bagage. Il se rassura en se disant qu’après tout elle supportait sans coup férir le capitaine, donc qu’elle avait de forte chances de lui résister. Cristoforo traîna un peu les pieds avant de se retrouver, la passerelle franchie, en face du capitaine Dias.

Celui-ci l’examina sous toutes les coutures, le faisant tourner devant lui, lui tâtant les fesses, lui ouvrant la bouche, bref le détaillant comme Cristoforo l’avait vu faire une fois par un maquignon à un cheval. Finalement, l’homme conclut son examen en déclarant :

— Parfait, tu conviendras. J’espère que tu n’as pas le mal de mer ?

La réponse du jeune garçon fusa, nette :

— Je ne sais pas, Monsieur, je n’ai jamais mis les pieds sur un bateau !

Un éclat de rire homérique dilata le torse et surtout le ventre du capitaine Dias. Cristoforo ne pouvait pas détacher son regard de la masse de chair qui se mouvait en rampant, lui sembla-t-il, sur le devant du capitaine, s’agitant spasmodiquement depuis le haut de ses cuisses. Soudain, le rire s’arrêta net.

— Eh bien il est temps que tu le fasses, petit. Allez, viens avec moi !

Le capitaine fit visiter son embarcation, dont apparemment il était très fier, à son nouveau mousse. Il montra à Cristoforo l’endroit où il pouvait mettre ses affaires – bien modeste bagage, à la vérité – et aussi le hamac vacant où il passerait désormais ses nuits. Il lui expliqua également les détails de son nouveau travail, dont le jeune garçon promit de s’acquitter avec une vigilance telle que le capitaine ne pourrait que l’en féliciter.

(à suivre vendredi prochain le 23 juillet 2015)

Guy

Encore deux nouvelles définitions pour le prix d’une, les 09

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Abat-son : contrairement à ce que l’on pourrait penser à première vue, il ne s’agit nullement de la célèbre chasse aux çons (l’orthographe du mot a évolué dans le temps puisqu’au départ il s’agissait de la chasse aux nocs – voir Patrimoine), parce qu’il n’y aurait alors plus de çons dans notre univers ou tout du moins sur notre bonne vieille terre. Or, ils se multiplient encore plus vite que les homosexuels, ce qui n’est pas peu dire.
Note bien que je n’ai rien contre les homosexuel(le)s, j’ai mêmes des amies et des amis qui le sont, mais j’ai toujours été étonné par le mystère de leur reproduction.
Depuis que, enfant, j’ai appris que la génération spontanée n’existait que dans l’imagination, je suis en émerveillement quasi mystique devant ce processus (voir ce mot) : mais comment font-ils donc ?
A propos de cette génération spontanée, je te rappelle qu’elle fit l’objet d’une controverse au moins aussi célèbre que celle de Valadolid, à l’Académie des Sciences, entre Louis Pasteur, le père de la vaccination et le célèbre inconnu Félix-Archimède Pouchet (entre nous, ça c’est un prénom !)

Du coup, je me vois contraint, voire absolument obligé, à te donner une autre définition, celle du mot « processus ».

Processus : phonétiquement, ce nom commun a une résonance certaine laissant penser qu’un nommé « Procès » suce quelque chose.
En fait, il ne s’agit pas du tout de cela, même si quelques esprits chagrins donneraient volontiers ce nom aux bouches féminines spécialistes de ce que les journalistes nomment traditionnellement « les soldats du feu », probablement pour cacher d’un voile pudique l’activité réelle des bouches en question.
Processus, grosso-modo, signifie « progrès » ; il désigne effectivement un ensemble d’opérations qui aboutissent à un résultat que je qualifierai, exprès pour toi et parce que c’est dans l’air du temps, de « final ».  Tu imagines si les communistes chantaient en levant le bras droit : « c’est la lutte processus » ?Je vois ça d’ici !
Ce mot a été créé à partir de la préposition latine « pro » qui signifie devant, à la place de, pour ; alors, par pitié, ne laissez pas les incultes détruire le latin !
Si je reviens au processus, tu imagines que les incultes dont je te parlais précédemment détruisent effectivement le latin ? Processus deviendrait cessus ; « c koi » me demanderait ma petite-fille qui a tendance à abuser du langage sms ?

« Sacré Christophe ! » (partie 07)

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« Sacré Christophe ! » (partie 07)

Cristoforo jeunot-001

Selon Fernand Colomb, fils de son père Christophe (quelle curieuse coïncidence ! Ah, piété filiale, que ne ferais-tu commettre au meilleur des historiens !), il était une fois, vers 1450 ou 1451, dans la ville italienne de Gênes, à moins que ce soit celle de Savone
(note 22 – oui ! Notez d’une part le numéro de la remarque, si proche du nombre fatidique annonçant l’arrivée, jadis, des gardiens de la législation scandinave, d’autre part le fait qu’à l’époque, la précision était une notion toute relative),
une femme qui mit au monde un enfant.

Soit, la chose est courante. Certains la trouvent plutôt banale. Aux dernières nouvelles, elle existerait même encore aujourd’hui.

Ce qui est plus original, c’est que le père du nouveau-né, Monsieur Colombo,
(note 23 – tout le monde est absolument sûr de cette paternité. En effet, depuis plus d’une année, il y avait une grève générale des facteurs à la fois à Gênes et à Savone : tous étaient partis se reposer du côté de Rimini, où le taux de natalité enregistrait une hausse record. Par ailleurs, Monsieur Colombo était tisserand et non chef de gare)
était probablement juif et espagnol. Pourquoi pas, direz-vous ? Après tout, en 1968, nous fûmes bien tous des juifs allemands !

Pourquoi pas, évidemment ! C’est que… dans l’une ou l’autre des deux villes, il n’y avait guère, à l’époque, de juifs espagnols. Alors, forcément, on les remarquait !

La scène, donc, se déroulait un 21 août
(note 24 – vous pouvez admirer la précision de cette date, retrouvée grâce à la sagacité de l’auteur. Bien entendu, c’était pour la commodité de l’histoire !).

Tandis qu’il était occupé à réaliser l’une des plus grosses pièces de la commande que lui avait passée son client le plus important – par le tour de taille – Monsieur Colombo s’entendit héler par une voix féminine toute essoufflée :

— Mon… sieur… Co… lom… bo… mon… sieur… Co… lom… bo !

Intrigué, il leva la tête : le son de cette voix ne lui était pas inconnu. Bon sang mais c’est bien sûr ! C’était la fille de sa voisine, la sage-femme
(note 25 – aïe ! aïe ! aïe ! C’était simplement pour vous faire remarquer que le métier de sage-femme était un beau métier. Aujourd’hui, il est de en plus masculinisé. Cela signifierait-il qu’il n’y a plus que des femmes pas sages ? On peut s’interroger…).

Elle s’appelait Lucrezia, prénom très en vogue ces années-là.

— Oui, Lucrezia ? Que se passe-t-il donc, pour que tu sois si pressée ?

– Monsieur Colombo ! reprit la jeune fille en même temps qu’elle retrouvait son souffle, vous venez d’avoir un fils. Comment voulez-vous l’appeler ?

– Mamma mia ! s’écria Monsieur Colombo en jetant son ouvrage à terre. J’ai un fils ? … Et c’est seulement maintenant que tu me l’apprends ? Oh … Lucrezia !

– Mais …

La jeune fille s’apprêtait à dire qu’il venait tout juste de naître et qu’elle avait couru aussi vite qu’elle le pouvait. Monsieur Colombo, nouveau père depuis très peu, négligea l’interruption. Il se précipita dans la rue en levant les bras au ciel :

– Mamma mia ! J’ai un fils ! Oh, Giorgio, Antonio, Vittorio, j’ai un fils ! Oh Marcello, j’ai un fils ! Tu te rends compte ? Allez, venez l’admirer avec moi à la maison !

Sur tout le trajet conduisant chez lui, Monsieur Colombo ne cessa d’inviter ainsi tous ceux qu’il rencontrait à partager sa joie.

Une fois arrivés, tous s’extasièrent devant le splendide garçon, félicitant sa mère d’avoir su donner un héritier mâle à Monsieur Colombo, qui était si gentil bien que juif et espagnol.

Le nouveau père déboucha quelques bonnes bouteilles qu’il avait mises en cave tout exprès pour cette occasion. Le ton des conversations monta ; chacun commenta l’événement, auquel il n’avait pas assisté,… mais c’était tellement plus beau de l’imaginer !

Soudain, l’un des assistants demanda :

Au fait, Monsieur Colombo, dites-voir… comment allez-vous appeler votre fils ?

Un silence pesant fit suite à la question.

Chacune des personnes présentes avait en tête une dispute homérique au cours de laquelle le père voulait baptiser le nouveau-né du prénom de son propre père, la mère agissant de même.

Sagement, Monsieur Colombo s’empara de son grand calendrier. Il y notait tous les travaux qu’il devait exécuter. Il le consulta fébrilement : aujourd’hui, 21 août, on fêtait les Cristoforo.

Se tournant vers ses invités muets, il déclara :

– Je vais le nommer Cristoforo. Ce sera un grand tisserand.

Et tout le monde, dans un joyeux brouhaha, de trinquer à la santé du futur héritier.

Hélas, tout a une fin ! Peu après, la compagnie se sépara, chacun devant rentrer chez lui.

Restés seuls, Monsieur Colombo et sa femme se pâmèrent d’admiration devant le petit Cristoforo : n’était-il pas le plus beau bébé du monde ? Il avait de si belles mains, avec de si beaux doigts,… et cinq à chaque main !

Et ses oreilles, donc ! Elles étaient si bien collées à son visage !

Et ses yeux, alors, ses yeux ! Encore fermés, certes, mais déjà deux, un de chaque côté de son petit nez si bien formé !

Et puis il ne pleurait pas ! Surtout que Madame Colombo s’empressait de lui mettre un sein dans la bouche dès qu’il l’ouvrait. Comme il tétait bien ! C’était un ravissement de le regarder faire : on aurait même pu croire qu’il savait téter avant de naître, tellement il s’y prenait habilement !

Bref, dès sa naissance, Cristoforo était un génie !

Durant toute sa jeunesse, le garçon en fut quasiment convaincu.

Bien vite, le monde qui l’environnait lui sembla trop petit. Il confiait constamment à son père son souci de voyager, afin de voir si par hasard les choses étaient différentes ailleurs. Il disait :

– Tu comprends, papa ! Il doit bien y avoir des pays inconnus où rien n’est semblable à ici
(note 26 – notez au passage la merveilleuse intuition du jeune Christophe Colomb qui, à peine âgé de douze ans, avait déjà pressenti qu’il existait des mondes inconnus !).

Son père, qui était un immigré très casanier, lui répondait invariablement:

– Mon petit Cristoforo, les hommes sont tous identiques, quel que soit l’endroit où ils vivent. Ils n’ont pas la même couleur de peau, peut-être pas le même Dieu, va savoir (et il se signait car il était très catholique, comme son fils l’était devenu), mais ils rient de la même manière, ils pleurent quand ils ont mal, ils chantent quand ils sont heureux !

– Peut-être, papa, mais… et s’il en existait d’autres sortes que ceux que nous connaissons ?

Leur conversation s’arrêtait toujours là.

à suivre vendredi prochain, évidement

Guy

Deux nouvelles définitions, les 08

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Exceptionnellement, vous trouverez ce jour, vendredi 10 juillet 2015, deux définitions.

Pourquoi ?

J’ai décidé d’adjoindre, à celle d’un néologisme à moi, celle, très courte, d’un mot déjà existant.

Anglisine : attention, ceci est un mot nouveau, un néologisme, si vous parlez bien, de mon invention, bien sûr. Je l’ai utilisé pour la première fois en écrivant le début d’un projet d’ouvrage intitulé : « Et si on exégétait un peu ? »

En vertu du principe qui dit qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, je vous prie de trouver ci-dessous un petit extrait de ma prose religieuse. 

Voici donc ce que j’ai écrit dans l’ouvrage en question :

«… Américain et analphabète sont loin d’être incompatibles, comme par exemple Anglais et incapable de faire de la bonne bouffe. D’ailleurs c’est simple : à Londres, si tu manges bien, ou tu es dans un restaurant français ou alors c’est que tu tombes dans le Mac Do du coin. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait à leur dieu, mais il s’est vengé d’eux dans le domaine de la cuisine, que ne savent pas faire les Anglais. A mon avis, il faudrait qu’on invente un mot qui signifierait quelque chose comme « bouffe pire qu’archi-dégueulasse ».

Tiens, une suggestion : si on appelait cette particularité une anglisine, admettons ? Je vois d’ici le mot entrer dans le Robert ou le Larousse, avec la définition suivante :

anglisine : n.f. (nom féminin, mais après tout pour une fois on pourrait aussi écrire norme française) désignant le summum de la non-cuisine.

Ca ne serait pas une belle manière de venger à la fois Jeanne d’Arc, Dunkerque et Mers-el-Kébir, ça ? Hein ? Alors, qu’en dis-tu ?

Quoiqu’il en soit, dieu a certainement voulu qu’il y ait une référence zéro dans la cuisine, en-dessous de laquelle il est impossible de descendre, comme le 0°K dans l’échelle des températures, si tu veux.

Il faut que je te dise qu’un jour je suis allé à Londres. D’abord, le seul Anglais aimable sur lequel je suis tombé venait en droite ligne de Lyon (Lugdunum, comme disaient les Gallo-Romains). J’ai été inquiet, voire perturbé : après avoir cherché en vain un restaurant où il y avait de quoi nourrir correctement un descendant de bourguignons pure souche, j’avais dû me contenter de la saloperie américaine dont je vous causais précédemment, because ma bourse était aussi vide que mon estomac. Or, un Lyonnais, également originaire d’un pays de la bonne bouffe, égaré en Grite Brittaine, même en y ayant de la famille : que venait-il faire dans cette galère ? OK, compris, c’était lui qui faisait la cuisine. Me voici rassuré sur son sort !


Aboulique
: en grec, le a est privatif. Il s’agit donc d’une personne qui n’a plus de boule.
Ex : un eunuque.

À propos de mon premier « vrai roman » (suite 06)

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À propos de mon premier « vrai roman » (suite 06)

Ainsi que je te l’ai promis, je continue à t’exposer la genèse de mon roman « Le Maître de l’eau », d’abord à propos des personnages.

Vendredi dernier, souviens-toi, après t’avoir brièvement présenté Francis Colpo, celui que j’ai nommé « le savant fou », je t’ai expliqué pourquoi il  cherchait à se venger du monde scientifique. 

Dès l’instant où il a imaginé une solution, il s’est  trouvé confronté en tout premier lieu au problème de l’argent. Les expériences qu’il veut poursuivre, le matériel qu’il souhaite utiliser, tout cela coûte cher. La solution qu’il envisage finalement, après mûre réflexion, est de faire appel à un « sponsor ».

La question, pour lui, est maintenant de trouver une piste suffisamment intéressante pour  « aguicher » le futur sponsor.

Que peut-il lui expliquer ?

Il peut imaginer que le sponsor veuille par exemple asseoir son autorité, dans un domaine précis, sur l’esprit de nombreuses personnes. Ainsi, elles deviendront de parfaites collaboratrices du sponsor, lui obéissant aveuglément. Il décide de chercher dans cette direction.

Il entreprend systématiquement une prospection suivie auprès grandes entreprises qu’il connaît, il met même au point des arguments variables en fonction de la spécificité de ces entreprises.

A partir de cet instant, il se rend compte que de nombreuses possibilités s’ouvrent à lui, d’autant plus qu’il a présenté habilement son affaire et le but de ses recherches.

Le problème auquel il se heurte, c’est que les entreprises ne se bousculent pas pour répondre à ses attentes.

Au moment où il allait abandonner, une solution s’ouvre à lui. Elle émane d’une société de traitement de l’eau.

Il prend contact avec le PDG de cette société qui lui laisse toute facilité de poursuivre ses recherches, moyennant l’assurance absolue de leur efficacité. Cette personne, qui engage une parte de sa fortune personnelle dans cette aventure (pour des raisons à découvrir dans mon roman), exige évidemment d’être tenue au courant quasi quotidiennement des découvertes de Colpo et de leur évolution.

A partir de ce résultat, le « chercheur fou » n’a plus qu’à obtenir des résultats valides et à les tester. C’est ce qu’il va faire.

Il obtiendra des résultats valides, autrement mon roman n’aurait aucune raison d’être. Pour les tester, il met au point une sorte de « procédure de recrutement de volontaires ».

J’ai repris cette procédure de l’un des premiers projets que j’avais conçus. Je te la rappelle ci-dessous (c’est un simple « copier/coller de la suite 03) :
Colpo décide  de faire appel à des esprits encore influençables, ceux des personnes d’un âge compris entre 16 et 20 ans.
Il fait passer des petites annonces dans des journaux gratuits, mais le résultat est assez décevant à ses yeux.
À l’issue d’une enquête rapide,  le « savant fou » constate que les personnes qu’il recherche fréquentent, pour la majorité  d’entre elles,  le site de Facebook (publicité gratuite mais correspondant à la réalité si j’en crois ce que je constate). Il change donc son fusil d’épaule et réserve à ce site les annonces de recherche de « cobayes » en créant une page spécifique destinée exclusivement à cet usage.

Tu trouveras plus de détails et en particulier la présentation de la personne qui deviendra
« l’ennemi » de Francis Colpo, vendredi prochain, le 17 juillet 2015.

L’article sera intitulé : « À propos de mon premier « vrai roman » (suite 07) ». Incroyable, non ?

Guy

À propos de mon premier « vrai roman » (suite 05)

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À propos de mon premier « vrai roman » (suite 05)

Je continue à t’expliquer la genèse de mon roman « Le Maître de l’eau ».

D’abord à propos d’un point précis : les personnages.

Je dissipe immédiatement mon erreur de départ.

Au début de ce projet, je m’étais incrusté dans la tête l’idée suivante : je vais d’abord trouver une idée, je vais la suivre et, normalement, tout va découler de ce point de départ.

Mes trois premiers essais ont été contruits à partir de cette idée dominante : je crée une bonne histoire et, à partir de cette histoire qui tient debout, je vais ajouter un tas de choses, y compris les personnages.

C’était ce que je croyait mais, à l’usage, je me suis rendu compte que ça n’allait pas de soi. Une discussion avec Fred m’a convaincu de revoir ma position et de m’intéresser en premier lieu aux personnages.

C’est un peu normal : ce sont eux qui, par leurs actions, leurs sentiments, leurs attitudes, font évoluer l’action, donc l’histoire et son récit, dans un sens ou dans un autre.

Pour te faire comprendre précisément ce que je veux dire, je vais examiner devant toi mes deux personnages principaux.

En tout premier lieu, celui que j’ai appelé « le savant fou ».

Qui est-il donc ?

Il s’appelle Francis Colpo. Il a décidé d’approfondir les travaux de Jacques Benveniste à propos de  ce que ce dernier a nommé « La mémoire de l’eau ». Résumée brièvement, cette hypothèse, qui date de 1981, explique ceci : l’eau qui a été en contact avec certaines substances conserve une empreinte de certaines propriétés des dites substances alors même qu’elles ne s’y trouvent statistiquement plus, en raison du grand nombre de dilutions auxquelles l’eau « mémorielle », j’ose encore un néologisme, a été exposée.
Approfondir les travaux de Benveniste expose immédiatement Francis Colpo à la géhenne du monde scientifique, pas particulièrement accueillant aux idées nouvelles, contrairement à ce que l’on pourrait penser : ainsi, par exemple, le professeur Luc Montagnier, s’est exilé en Chine pour « échapper à la terreur intellectuelle » entourant Jacques Benveniste, un « Gallilée des temps modernes » selon lui et la mémoire de l’eau.
À l’Institut Montagnier de Shangai, il poursuit ses recherches sur les modifications dans la structure de l’eau causées par l’ADN et persistant à de très hautes dilutions.

On comprend aisément que Colpo, aigri par l’hostilité du monde scientifique, cherche à se venger de celui-ci. Il se heurte à de nombreux problème qui n’ont rien de théorique et en tout premier lieu à celui des finances : les expériences qu’il veut poursuivre coûtent cher. Comment les financer ? Il faut impérativement qu’il trouve un « sponsor ».
Or, un « sponsor » n’agit jamais par désintérêt, mais parce qu’il pense que les résultats pourront par exemple asseoir son autorité dans un domaine.

Colpo comprend très vite que les recherches entreprises par le Pr Montagnier et ses collaborateurs, même si elles sont couronnées de succès, n’aboutiront qu’à un résultat pratique, certes , mais inutile dans l’esprit d’un éventuel « sponsor ».
En revanche, s’il cherche à obtenir un moyen pour transformer l’esprit de nombreuses personnes de telle manière que celles-ci deviennent de parfaites collaboratrices du sponsor, lui obéissant aveuglément,  il a bien plus de chances de trouver une personne ou une société qui prenne les dépenses de ses recherches en charge.

A partir de ce constat, il n’a plus qu’à obtenir des résultats valides et à les tester. C’est ce qu’il va faire.

Il obtiendra des résultats valides, autrement mon roman n’aurait aucune raison d’être. Pour les tester, il met au point une sorte de « procédure de recrutement de volontaires ».

Plus de détails et la suite vendredi prochain, le 10 juillet 2015.

L’article sera intitulé : « Comme promis, à propos de mon premier « vrai roman » (suite 6) ». Original et inattendu, non ?

Guy