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« Sacré Christophe » (partie 17)

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« Sacré Christophe » (partie 17)

Cristoforo jeunot-004

Bien entendu, les historiens spécialistes de l’étude des religions, qui possèdent la particularité d’être très souples et que, pour cette raison, on appelle des « chanoines », ne sont d’accord avec aucune de ces interprétations.

Selon eux, Cristoforo Colombo ne serait pas même né en Italie !

En effet, son père était un juif, descendant en ligne directe d’un certain Colombo
(note 48 – ce nom provient du mot hébreu signifiant « Colombe » , les Colombo étant des pacifistes)
qui s’était enfui de Palestine vers 47 ap J.C. Le Colombo en question vivait soit en Galice, soit en Catalogne
(note 49 – rappelons que la Galice était à l’époque un petit Etat réuni à la Castille mais dont elle était restée relativement indépendante. Située en Espagne du Nord-Ouest, elle correspond aujourd’hui aux quatre provinces de Lugo, Orense, Pontevedra et La Corogne. La Catalogne, quant à elle, se situe au Nord-Est et elle englobe actuellement les provinces de Gérone, de Barcelone, de Lérida et de Tarragone. Et tout ça, c’est parfaitement authentique).
C’est dire que son fils voyait quotidiennement l’Atlantique ou la Méditerranée.

Cela ne l’empêchait nullement d’être génial et de le prouver.

Souhaitant échapper à l’influence de son père, juif intégriste, il avait essayé, dès son jeune âge, à peu près tous les métiers. Finalement, il avait trouvé que l’alliance du commerce et de la navigation, sous forme de trafic maritime, lui convenait parfaitement.

D’une part, cela lui permettait de visiter tous les pays connus à l’époque, d’autre part il en tirait l’avantage d’être très souvent éloigné de son père, ce qui l’autorisait à se livrer à de petits trafics totalement éhontés que ce dernier n’aurait probablement pas appréciés.
Ainsi, Cristoforo achetait à vil prix, dans des pays d’Afrique, des objets d’anciens cultes orientaux totalement tombés en désuétude, des statues de Gad
(note 50 – Gad était une divinité sémitique, tantôt masculine, tantôt féminine. A Palmyre, ancienne ville de Syrie, elle était représentée sous la forme d’une déesse assise entre des lions. C’est aussi le nom d’une sorte de porte-bonheur vaudou. Et ça, c’est également vrai.).
Lorsqu’il arrivait dans les ports où il les revendait, il les débarquait en catimini.
Pendant qu’un de ses amis, qui insistait pour être nommé « le cap’taine Dias », faisait le guet afin de prévenir de l’arrivée inopinée de gêneurs éventuels, un autre, nommé Marcello, « tonneau » de son état, tendait les bras. Dès que le faux capitaine-vrai guetteur avait donné le signal convenu, un coup de sifflet, Cristoforo hélait Marcello en lui disant : « Gad ! » afin de le prévenir qu’il devait se tenir prêt. Pour signaler qu’il l’était, l’autre répondait : « Jette ! ».
Les produits que Cristoforo introduisait de cette manière clandestine en terre catholique furent baptisés, par ceux qui savaient la façon de les débarquer, des « Gad-jette »
(note 51 – voici l’explication la plus rationnelle de la création de ce mot, devenu « gadget », dont on s’est longtemps demandé l’origine, jusqu’à ce que je trouve la mention de cet épisode de l’une des vies du jeune Cristoforo dans des archives restées totalement inédites jusqu’à ce que je les découvre et qui ont malheureusement brûlé depuis. Amie lectrice, ami lecteur, grâce à moi vous ne mourrez pas totalement ignares !).
Le produit de leur vente aida souvent Cristoforo à survivre.

Pourtant, cela ne suffisait pas à Cristoforo. Soit, la vente des « Gad-jette » s’avérait souvent d’un bon rapport, mais il pensait qu’il devait exister un moyen de trouver plus rapidement de l’argent en grande quantité.
Dès lors, sans toutefois cesser cette activité de vente de statuettes, il réfléchit à un moyen inédit qui ne lui coûterait pas cher mais qui pourrait lui rapporter gros. Toutes les soirées que le « cap’taine Dias », Marcello et lui-même passaient à terre furent consacrées à cette réflexion. Génial comme à l’habitude, Cristoforo ne tarda pas à trouver LA solution. Il l’exposa à ses deux amis qui l’approuvèrent chaudement.
A partir de cet instant, on entendit souvent parler des exploits d’un navire barbaresque qui écumait la partie orientale de la Méditerranée. Son équipage prenait les humbles navires de commerce ou de voyageurs à l’abordage.
Il s’emparait alors de la cargaison ou rendait les passagers moyennant le versement d’une rançon dont le montant était directement proportionnel à la fortune de la famille de chacun d’eux.

Hélas, ce commerce fut de courte durée.

En effet, les Petits Commerçants Furieux, les Forçats Opprimés, les Pauvres Rançonnés, les Fourbes Ecumeurs de Navires, les Pestiférés Sadiques, les Chrétiens Fabriquant Des Tonneaux, les Réparateurs Patentés du Radoub, les Catholiques Généralement Tranquilles, les Marchands Organisés Débitant d’Elégants Mensonges les Utilisateurs De Flûtes, les Ultimes Messagers Pervers et même les Faux Navigateurs
(note 52 – heureusement, à cette époque, les gens ne parlaient pas par initiales comme aujourd’hui. On aurait pu croire qu’il s’agissait de PCF, FO, PR, FEN, PS, CFDT, RPR, CGT, MODEM, UDF, UMP et FN. Quelle fâcheuse confusion !),
tous constituèrent une sorte de ligue qui s’acharna à trouver ce bateau pirate dans le but de faire passer le plus rapidement possible son équipage de vie à trépas.

Cristoforo, informé à temps, jugea prudent de cesser cette activité.

Il réfléchit à un autre moyen de faire fortune rapidement. Il jugeait indigne de lui le fait de ne pas pouvoir gagner de l’argent en étant à terre et de se trouver dans une situation analogue à celle de tous les autres marins. A l’époque, en effet, ces derniers avaient la particularité de dépenser tout ce qu’ils avaient gagné sur leur bateau.

A partir de ce constat, il se mit à réfléchir : puisqu’il voulait gagner de l’argent, pourquoi ne pas prendre simplement celui que ses camarades de travail dépensaient sans compter ? Il jugea cette intuition géniale.