Archives mensuelles : février 2016

« Sacré Christophe » (partie 20)

This entry is part 22 of 28 in the series sacre-christophe

« Sacré Christophe » (partie 20)

Ce fait explique pourquoi, lorsque je l’ai rencontré, il tenait le petit objet dont la  forme n’a pas échappé à la sagacité de mon regard perçant : il lui servait tout simplement à identifier rapidement les personnes qui pratiquaient cette religion particulière.
4 – le but ultime de la mission de Cristoforo, tel un David Vincent du XVème siècle,  était donc d’aider les descendants des Hébreux dispersés dans le monde et ayant échoué en Espagne à fuir ce régime inhospitalier pour aller dans un Nouveau Monde où ils ne seraient pas inquiétés. Cela explique pourquoi aujourd’hui encore le célèbre « lobby juif » est si puissant aux Etats-Unis.

A la lumière de ce qui précède, voici comment il est possible de reconstituer la vraie  vie de Cristoforo Colombo.

A Gênes, probablement, peut-être en 1450, un tisserand juif d’origine espagnole et  sa jeune femme eurent un rejeton qu’ils appelèrent, poussés par une puissance supérieure, Cristoforo. Dans cette enveloppe charnelle, tout exprès pour une mission de la plus haute importance, un être uniquement de pensée se glissa. Dès lors, Cristoforo devint génial.
Son enfance se déroula au bord de la mer, où il apprit dès son plus jeune âge à observer  les marins. Il savait qu’il devait persuader son père putatif de le laisser s’embarquer sur un bateau.

Inventant avant l’heure la célèbre « méthode Coué », il contraignit, à force de répétitions, le brave tisserand à le laisser partir. En attendant son premier navire, il se mit à l’abri des regards. Il quitta sa première enveloppe charnelle, qui disparut en fumée, puis se glissa dans la peau d’un jeune homme qui souhaitait s’engager comme mousse. Il renouvela plusieurs fois cette opération, que pratiquement seuls les serpents, sur notre vieille terre, réalisent encore, sans posséder la faculté de pouvoir faire disparaître leur ancienne peau.
Cristoforo, qui connaissait bien la nature humaine à force d’observations, possédait  le don de se trouver en parfaite harmonie avec tous ceux qui l’entouraient. Aussi put-il sans difficulté trouver un engagement sur un navire de très petite taille, appartenant à un certain capitaine Dias ; sur ce navire bourlinguait déjà depuis quelque temps un « tonneau » du nom de Marcello. Cristoforo devint son confident. Le capitaine Dias, dont l’honnêteté était plus qu’approximative, se livrait à de petits trafics que Cristoforo, pour lui être agréable, rationalisa. Ainsi eut-il l’idée des fameux « Gad-jette », qui firent beaucoup pour la fortune des trois hommes. Cristoforo savait qu’il devait, pour financer une expédition comme celle qu’il était appelé à monter, trouver beaucoup d’argent. Dès lors, il mit tout son esprit remarquable à l’ouvrage. Il semble toutefois que les épisodes du navire pirate qui faisait la chasse à la rançon, comme celui de la création de bataillons de jeunes femmes accortes destinées au délassement des marins dans les ports aient été inventés par des esprits chagrins, jaloux de son succès. Néanmoins, j’ai cru comprendre, après un terrible effort de concentration, que Cristoforo s’était glissé quelques instants dans la peau de quelques personnages louches, afin d’enrichir sa connaissance de la nature humaine, peut-être en vue d’un futur voyage qu’il saurait intituler : « Amaire-Rique II : le retour ».

L’expérience, apparemment, ne lui fut pas trop désagréable, particulièrement lorsqu’il s’est agi pour lui d’éduquer patiemment les jeunes femmes sélectionnées par ses soins à devenir des hôtesses très attentives à satisfaire dans les meilleurs délais le moindre souhait émis par un quelconque marin. Un doute subsiste, cependant. En revanche, il est indubitable que Cristoforo sut enrichir ses capacités maritimes en effectuant de grandes randonnées sur l’Océan avec des corsaires. Ce fut au cours de cette période qu’il rencontra la plupart des membres de sa future expédition. Toutes les légendes concernant les soi-disant cartes sont bien entendu fausses : Cristoforo possédait, dans sa super mémoire, une sorte de rayon laser capable de tracer avec une précision de l’ordre du micron le modelé exact de l’ensemble du continent américain ! Aussi ne faut-il pas s’étonner s’il ne confia, à tous ceux qu’il sollicita pour financer son projet, que des plans très approximatifs des régions où il souhaitait aller. C’est justement peu de temps auparavant qu’il eut l’idée géniale qui allait décider de son sort : inventer, bien avant l’heure, le « sponsoring ». En effet, il existait bien un certain mécénat, mais il ne s’appliquait qu’aux artistes. Tel prince était fier de pouvoir se targuer d’avoir facilité la vie du plus célèbre des peintres, tel autre du meilleur sculpteur du siècle, mais pour un navigateur ? Fi donc, pourquoi pas pour fabriquer un SMICARD
(note 57 – rappelons qu’au XVème siècle un SMICARD était un Savant Mélange Inoffensif Créant A Retardement des Douleurs. Certains princes italiens de la période immédiatement postérieure à celle de Christophe Colomb en ont expérimenté quelques-uns, qui n’étaient pas tous aussi inoffensifs que cela. Une famille s’illustra même particulièrement dans sa maladresse à créer des SMICARDs, puisqu’elle ne sut que fabriquer des poisons. On dit qu’elle compta un pape parmi ses membres, qui ne répugnait pas aux joies les plus charnelles, y compris, semble-t-il, en compagnie de ses propres enfants) ?

Cristoforo fit une analyse remarquable de la situation de l’Europe de l’époque. Il en  conclut que les princes qui régnaient n’avaient qu’une préoccupation en tête : s’enrichir
(note 58 – vous pouvez constater par vous-même à quel point les choses ont bien changé depuis. Avez-vous entendu parler de princes qui gouvernent en Europe dans le seul but de s’enrichir ? Certainement pas : leur finalité unique est de faire de leurs contemporains les personnes les plus heureuses du monde, bien entendu. Voilà pourquoi la reine d’Angleterre, dite Elisabeth II, est devenue la femme la plus riche d’Europe, et de très loin ! Et ne parlons pas des autres, qui n’ont jamais rien fait de leurs vingt doigts (puisqu’ils ne marchent même pas mais se déplacent uniquement en voiture !).

Dès lors, il lui sembla qu’en leur proposant un plan leur permettant justement d’atteindre ce but, il saurait bien en trouver un, plus cupide que les autres, qui lui donnerait suffisamment d’argent pour qu’il entreprenne un voyage destiné à montrer la voie aux Juifs qui souhaiteraient émigrer. Il mit le plus rapidement possible son plan à exécution.
Dès lors, il n’était plus Cristoforo jeunot-005 ; il entrait de plein pied dans le Lude II.

[ Lude II que vous allez retrouver la semaine prochaine ! ]

(à suivre)

Guy

« Sacré Christophe » (partie 19)

This entry is part 21 of 28 in the series sacre-christophe

« Sacré Christophe » (partie 19)

Cristoforo jeunot – 005

En fait – et grâce à moi, amie lectrice, ami lecteur, vous l’apprenez pour la première fois depuis que l’humanité a une histoire – toutes les interprétations précédentes concernant la jeunesse de Cristoforo Colombo sont fausses.

Je vais vous le prouver.

Deux personnages de fiction détiennent, en réalité, la réponse à cette angoissante question : mais qui était au juste Cristoforo ?

Le premier est Superman. Vous savez qu’il a été placé dans une sorte de capsule par ses parents, afin d’échapper au triste sort qui menaçait leur planète. Arrivé sur notre bonne vieille terre, il avait été adopté par un vieux couple de paysans tout heureux de voir grandir ce fils qui leur était littéralement tombé du ciel.

Le second est David Vincent. Vous vous souvenez certainement de cet homme fatigué, aux yeux clignotants, perdu sur une route sans issue, qui a vu aux États-Unis, au volant de sa voiture et en version originale non sous-titrée, « The Invaders ».

Cristoforo est en fait un étonnant mélange de Superman, de David Vincent et d’un envahisseur.

Ainsi que je vous l’ai précédemment signalé, grâce à la puissance spirituelle de l’étroit faisceau concentrationnel cervical que j’ai utilisé dans ce but, j’ai réussi, lors d’une séance de spiritisme, à faire venir seul devant moi Cristoforo afin qu’il s’explique au sujet de ses diverses vies

Au cours de cet entretien, j’ai remarqué plusieurs choses qui m’ont paru bizarres. Je me dois de vous les exposer avant de vous expliquer quelle est la conclusion que j’en ai tirée.

La première chose, c’est que périodiquement un mot inconnu revenait à la surface de notre conversation. En tendant l’oreille de mon esprit
(note 54 – je vous rappelle que notre conversation était d’origine psychique !),
j’ai réussi à saisir un nom : « Amaire-Rique ».

Je me demandais de quoi il s’agissait lorsque soudain une image s’est imposée à mon cerveau : celle d’une lointaine planète inconnue dont s’éloignait un vaisseau spatial de ce nom contenant un berceau.

La seconde chose, c’est que tout en parlant mentalement avec Cristoforo je pouvais le détailler à loisir. De taille moyenne, il était vêtu comme le représente le portraitiste anonyme dont le tableau figure au musée naval de Madrid. Néanmoins, un détail de première importance me sauta aux yeux : il avait les petits doigts tout raides, signe indubitable qu’il avait envie d’envahir la terre. Je me demandai bien pourquoi faire.

La troisième chose, c’est qu’au moment où il sortait un mouchoir de sa poche pour se moucher, après s’être préalablement excusé de devoir interrompre pour un court instant notre communication, il fit tomber un petit objet que j’identifiai aussitôt : c’était une étoile de David surmontée d’un chandelier à sept branches, le tout taillé dans un bloc d’un métal inconnu.

J’ai eu aussitôt l’éclair de génie de la compréhension. Cristoforo l’a bien senti, qui a disparu peu après, laissant derrière lui une sorte de musique que l’on pourrait apparenter à celle, célèbre, qui fit identifier le feuilleton dont je vous entretenais ci-dessus dans le monde entier : en fait, il avait été envoyé sur terre, tel un David Vincent de l’ailleurs, pour sauver les Juifs du triste destin qui leur était imposé en Espagne. Effectivement, 1492 marque non seulement la date de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, mais aussi celle de la fin de la célèbre « Reconquista ». Et tout collait à merveille.
Un exemple : si vous prenez la Bible et que vous lisiez la description du « char de Yahvé » telle que la réalise Ezéchiel, vous vous apercevrez sans difficulté qu’il s’agissait bien déjà de vaisseaux extraterrestres en forme de soucoupes que ce brave homme assimilait à des roues !

En réalité, Cristoforo Colombo était un extraterrestre. Tout concorde, absolument tout.

Tenez :

1 – nul ne peut dire avec certitude ni quand ni où il est né. Soit, il n’est pas le seul à l’époque, mais enfin cela laisse un arrière-goût troublant.
Cristoforo est né à bord d’un vaisseau spatial, « l’Amaire-Rique », de la
septième génération des Joz-hué, ceux-là même qui ont fait s’écrouler les murs de Jéricho tandis que sept prêtres portant sept trompes soufflaient dedans en faisant sept fois le tour de la ville au septième jour du siège
(note 55 – ce que notre plus grand poète épique hélas ainsi que l’appelait un envieux, alors qu’il se nommait tout bonnement Victor Hugo, a résumé par cette formule lapidaire : « A la septième fois les murailles tombèrent ») ;

2 – il est très difficile de savoir exactement ce qu’il a fait entre le moment où il est né et celui où, en 1492, il est parti pour découvrir l’Amérique… qu’il connaissait fort bien depuis longtemps. Pourquoi ne sait-on pas ce qu’il a fait ? Je vous en livre la raison EN EXCLUSIVITE MONDIALE : Cristoforo a dû se glisser dans la peau de plusieurs personnes avant de pouvoir adopter une figure quasi définitive.
Ce faisant, il agissait comme les « Invaders » nommés ci-dessus : il s’emparait de l’apparence physique d’un personnage, s’enfouissait dans les méandres de son esprit et utilisait tous les sens de celui dont il occupait le cerveau pour se pénétrer du mode de vie courant à l’époque. Ainsi, il siégea successivement dans les corps d’un jeune mousse devenu l’ami d’un « tonneau », d’un jeune tisserand migrateur amoureux des femmes, d’un apprenti corsaire, enfin d’un jeune trafiquant à la moralité douteuse. Pourquoi, direz-vous, n’a-t-on jamais retrouvé les corps de ces jeunes gens qui ont bien disparu un jour, lorsque Cristoforo a quitté son enveloppe charnelle pour se glisser dans une autre ?

C’est très simple et l’explication en est logique.

Vous rappelez vous précisément des « Invaders » (ou « Envahisseurs », comme on a su le traduire judicieusement dans la langue de Villon, de Rabelais et de Molière, ainsi que de Baudelaire, Verlaine, Brel et Brassens) ? Souvenez-vous : à chaque fois qu’un homme venu de l’espace mourait, son enveloppe corporelle se désintégrait avec lui. Vraisemblablement, les scénaristes de cette série ont dû avoir la visite de quelques envoyés de la civilisation de Cristoforo, mais ils n’ont pas tout compris : en réalité, l’enveloppe charnelle disparaissait, mais l’esprit de Cristoforo s’emparait d’une autre enveloppe exactement comme Horace Pinker dans « Shoker », le film de Wes Craven, sorti en 1989.
Ce fait explique tout : à partir du moment où Cristoforo s’est glissé sous sa forme spirituelle dans la peau du personnage adulte qui a découvert l’Amérique – plus exactement qui a cru le faire – sa mission était quasiment terminée. Elle ne le fut que lors de son quatrième voyage, quand il toucha réellement le continent américain.
Voilà pourquoi, l’esprit de Cristoforo étant reparti pour sa planète d’origine, le pauvre hère est mort dans une misère quasi absolue. Mais n’anticipons pas !

3 – la mission de Cristoforo n’était pas du tout de découvrir l’Amérique. Il la connaissait très bien puisqu’il la voyait tous les matins, depuis la fenêtre de la cabine de son vaisseau spatial, alors qu’il se rasait en sifflotant un air qui ressemblait furieusement à une musique devenue célèbre, qui indiquait le début d’une série télévisée américaine dont le rôle principal était tenu par un acteur du nom de Roy Thines.
Il devait aider les Juifs à échapper à la terrible Inquisition, qui les massacrait les uns après les autres sous prétexte de les convertir
(note 56 – avez-vous d’ailleurs remarqué à quel point, lorsqu’un groupe de personnes est certain de détenir une vérité quelconque, il tente de l’imposer par la force imbécile, quitte à massacrer tous ceux qui ne partagent pas son opinion, au lieu de le faire par l’intelligence de son propos ? Les exemples ne manquent pas, malheureusement, dans l’histoire de l’humanité. On en trouve même encore actuellement.
Cette remarque m’a conduit à conclure :

a – que seuls les crétins prétendent qu’il y a des leçons à tirer de l’histoire (et bien entendu les hommes politiques ; à vous de savoir dans quelle catégorie vous les rangez). S’il y en avait, pourquoi de tels massacres existeraient-ils encore aujourd’hui ?
b – qu’il est normal que les sectes qui éclosent un peu partout aient beaucoup de succès : en dehors de tout ce qu’elles sont censées apporter à ceux qui cherchent un idéal, elles ne prétendent pas imposer leurs arguments par la force, tout du moins en apparence, mais par la raison. En réalité, elles se servent de techniques qui s’apparentent à la fois au « lavage de cerveau » et au « bourrage de crâne » ;
c – que Jean-Marie Arouet dit Voltaire avait certainement raison d’envoyer les gens s’occuper en urgence de la culture de leur propre jardin. Il est bien plus intéressant de regarder pousser une petite plante que de voir agir les hommes, en tous cas certains et particulièrement ceux qui prétendent (au nom de quoi, je vous demande un peu !) régir la vie des autres ;
d – que bien peu de gens ont compris que Georges Brassens avait lui aussi raison lorsqu’il chantait qu’il était idiot de mourir pour des idées, parce que lorsqu’on sait la valeur réelle des idées que l’on vous envoie défendre sous prétexte que vous êtes obligé de le faire puisque vous vivez dans un pays dit libre, il y a effectivement de quoi se poser des questions ;
e – qu’un philosophe ami des bêtes a également bien eu raison de prétendre que « plus il connaissait les hommes, plus il aimait son chien  », pensée reprise par Monsieur Alain Delon, acteur-producteur-réalisateur de cinéma, si j’en crois les quelques interviews que j’ai lues de lui. J’ai eu un chien, un seul ; je n’en veux pas d’autre. Il était le seul chien de ma connaissance qui n’ait jamais aboyé ni après un facteur ni après un gendarme. Peut-être estimait-il, en son for intérieur de chien, que contrairement à ce qu’on dit un uniforme n’a jamais donné de prestige à quiconque, mais je ne connais pas le langage chien. Alors… A propos de Monsieur Alain Delon, une petite remarque : j’ai eu jadis un vieux professeur de philosophie qui s’acharnait à apprendre à des gens qui comme moi étaient absolument passionnés par cette discipline (pour tout vous dire j’ai fait Mathématiques Elémentaires, ce qui correspond à peu près aujourd’hui, si j’ai bien compris, au Bac C), que l’on pouvait se permettre d’écrire « Blaise Pascal » car il était mort depuis fort longtemps mais que l’on devait écrire « Monsieur Jean-Paul Sartre » qui à l’époque était encore en vie. Si aujourd’hui je peux écrire « Jean-Paul Sartre », je n’écrirai jamais autre chose que « Monsieur Alain Delon » tant qu’il sera vivant. Certains journalistes de la presse écrite ou parlée devraient à mon avis faire cet effort qui à la vérité coûte peu… et fait tellement plaisir aux gens !).

(à suivre)