À propos de mon premier « vrai roman » (suite 01).

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À propos de mon premier « vrai roman » (suite 01).

Après une présentation relativement succincte, je vais t’expliquer le processus créatif que j’ai suivi pour aboutir à la conception de mon roman « Le Maître de l’eau ».

Ça me permet de fixer mes idées sur papier, si j’ose écrire parce qu’il n’y a pas de papier, ce qui est un avantage pour moi (moins de b… sur mon bureau).

Un petit rappel, d’abord.

Je t’en ai parlé précédemment, la revue scientifique « Nature » publia en 1988 un article d’un savant « nobélisable », ce qui est tout dire, Jacques Benveniste, directeur d’un laboratoire de l’INSERM. Il était intitulé (en anglais, of course) « La mémoire de l’eau ».

C’est là que tout commença.

Mon ami James, physicien et moi-même, géographe ayant fréquenté aussi la physique, lûmes cet article dès sa publication dans la revue « La Recherche », en bon français, James étant marié à une Allemande et moi-même n’ayant étudié que la langue teutonne.

Nous fûmes étonnés, sinon bouleversés, par cette théorie.

De quoi s’agissait-il, en fait ?

Benveniste a constaté, au cours de toutes ses expériences, que tout se déroulait comme si les molécules dissoutes dans l’eau pouvaient y laisser leurs empreintes. Celles-ci ne disparaissaient pas, bien au contraire elles persistaient et se reproduisaient au cours de dilutions successives. Une aubaine pour les théoriciens de l’homéopathie, évidemment, puisque ce phénomène semblait se poursuivre en l’absence des molécules qui avaient laissé des traces impossibles à quantifier. L’eau semblait donc capable de conserver le souvenir des molécules dissoutes qu’elle avait connues, d’où « la mémoire de l’eau ».

J’ai le souvenir de discussions mémorables entre nous, mais j’ai aussi le souvenir que, nourritures terrestres obligent, j’ai cessé de me consacrer à la mémoire de l’eau pour rédiger de nombreux ouvrages sur des thèmes fort différents comme le silicium organique, l’extrait de pépins de pamplemousse, la manière de faire fortune avec son micro-ordinateur, le chocolat, les mille et une manières de séduire les femmes, comment gagner en Bourse grâce à l’analyse graphique, la luminopédagogie (mon invention après avoir repris les travaux du Docteur Lefebure, le créateur du phosphénisme) et moultes autres choses, thèmes fort éloignés de l’eau. Tiens, ça me fait penser que je n’ai jamais écrit ne serait-ce qu’une ligne sur le vin !

Le temps passe, donc.

Au début de l’année 2014, mon ami Didier m’apprend au téléphone que France 5 venait de passer un document exceptionnel, exposant les travaux du professeur Luc Montagnier, co-prix Nobel de médecine obtenu grâce à la découverte du virus de sida. Dans ce film, intitulé « On a retrouvé la mémoire de l’eau », les réalisateurs exposaient les travaux de M. Montagnier, qui en fait a repris et poursuivi l’œuvre de Benveniste, en collaboration avec des laboratoires étrangers. En France, Benveniste a été littéralement banni par la communauté scientifique avant sa mort, ce dont il avait l’air de se moquer totalement et en ce moment le professeur Montagnier est victime du même ostracisme, comme d’habitude en ce qui concerne les chercheurs avancés ; ça n’a pas l’air de le troubler non plus.

Du coup, je fais un bond en arrière de plus d’un quart de siècle. C’est ça, cet événement déclencheur, qui m’a incité à préparer mon premier roman « sérieux » que j’ai intitulé « Le maître de l’eau ».

Et alors ?

Permets-moi de tes citer le professeur Montagnier , pour bien poser le problème. Il a écrit, dans son ouvrage « Les combats de la vie » (février 2008, publié chez Lattès) : « La biologie moléculaire […] a atteint des limites et elle n’explique pas tout. Certains phénomènes, comme l’homéopathie, restent mystérieux. Je fais allusion à certaines idées de Jacques Benveniste (le scientifique qui a inventé la « mémoire de l’eau ») car j’ai récemment rencontré des phénomènes que seules ses théories semblent pouvoir expliquer. Je pars d’observations, pas de croyances. Certaines choses nous échappent encore, mais je suis convaincu qu’on saura les expliquer de la manière la plus rigoureuse. Encore faut-il pouvoir mener des recherches à ce sujet ! Si l’on commence par nier l’existence de ces phénomènes, il ne se passera rien. »

J’ai « grassouillé », c’est-à-dire mis en gras selon le vocabulaire utilisé par Guy moi-même (encore un néologisme), ce qui m’a paru important pour la suite.

En ce début d’année 2014, donc, je me suis mis, à partir des données que je t’ai exposées précédemment, à inventer des (oui, pas une, des) histoires.

Première histoire :
Dans le bureau du grand patron d’une société internationale d’exploitation de l’eau. Le responsable d’une des principales stations d’épuration, pourtant promis à un bel avenir, est en train de se faire engueuler par le big boss parce qu’il a lâché dans les conduits de l’eau polluée au lieu d’eau pure, tout du moins purifiée. Il comprend que son avenir a de fortes chances de se limiter au stade où il est et que toute possibilité d’évolution de carrière lui est désormais interdite.

Sorti furieux de cet entretien, il ne songe qu’à se venger. Il cherche sur Internet et finit par trouver la trace d’un chercheur maudit, croyant lui aussi à l’existence de la « mémoire de l’eau ». Il se met en relation avec cette personne et ils élaborent un plan machiavélique dans le but, grâce à ladite mémoire, de pouvoir influencer toutes celles et tous ceux qui boivent de l’eau (ce qui élimine d’office les alcooliques, au passage).

Le processus commence et ça fonctionne.

En même temps, en Afrique, une équipe de chercheurs du CNRS, dirigée par une femme, réussit à atteindre une vaste réserve d’eau pure, peu salée contrairement à ce qui avait été trouvé jusqu’ici sous le Sahara, corroborant ainsi les données du satellite GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment ) de la NASA et du centre aérospatial allemand.

J’en étais donc là, avec le retour de la mission du CNRS et l’étonnement provoqué chez ses membres par les premiers résultats de l’influence du mélange directeur + savant fou lorsque je me suis dit que je faisais fausse route.

Fausse route ? Qu’importe ! Je recommence à zéro, ce qui te vaudra la lecture du prochain épisode, le numéro 2, comme l’écrivaient les feuilletonistes du XIXe siècle.

À vendredi prochain, jour de la Saint Guy (tu sais, la danse…).

Guy

 

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