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Le festival de Loire se déroulera du 20 au 24 septembre 2017 à Orléans

Le Festival de Loire 2017 à Orléans.

Ce sera la huitième édition de ce festival qui est le plus grand rassemblement européen de la marine fluviale.

Ce Festival, qui répare une sacrée injustice à l’encontre de la Loire, le fleuve au bord duquel je suis né (et aussi le seul fleuve de France à avoir de l’eau 100% française), a été créé en 2003.

Pourquoi injustice ?

Parce que toute la fortune de la ville d’Orléans est due à la Loire. Vous avez certainement entendu parler du vinaigre d’Orléans, dont la production remonte au Moyen-Âge. À cette époque,  la Loire était navigable et Orléans un grand port fluvial. L’origine de cette production locale s’explique par l’utilisation des vins qui s’étaient piqués lors de leur transport sur les bateaux. Les vins piqués étaient transformés en vinaigre par les artisans locaux. Malgré cette première origine de la fortune d’Orléans, inexplicablement, jusqu’à l’établissement de ce Festival, la ville a en quelque sorte tourné le dos à la Loire. Seuls quelques vrais amoureux du fleuve royal ont persévéré dans leur attachement à cette eau capricieuse dont le débit à Gien est passé de 30 m3 par seconde à 9 000 m3 par seconde !

Depuis sa naissance, ce festival a eu de nombreux invités, aussi bien français (cette année l’Alsace, le région PACA, le pays nivernais, les pertuis charentais) qu’étrangers (les Pays-Bas, l’Italie ou la Pologne).

Je lui souhaite une longue vie et des visiteurs de plus en plus nombreux (plus de 650.000 prévus sur cinq jours, je vous en reparlerai certainement, avec des images…).

Enfin des nouvelles

Je me rends compte que depuis le 11 avril dernier je t’ai laissé dans l’incertitude concernant le futur de ce blog.

Plusieurs raisons à cela :
1 – quelques problèmes de santé (difficile de penser et d’écrire depuis un hôpital) et de temps confondus ;
2 – de nombreuses interruptions de mon service WordPess ;
3 – enfin, la mise au point d’une nouvelle stratégie pour d’autres sites (en particulier succes-bourse.com que j’ai dû débaptiser et rebaptiser succes-bourse.fr  faute d’avoir renouvelé mon hébergement dans les temps).

Il y en a d’autres, mais je ne vais pas épiloguer.

Quoi de nouveau, donc, en ce 29 août 2017 ?

D’abord (important) les vacances se profilent à l’horizon. Je t’avoue que, même si elles seront courtes, ça me fera du bien.

Ensuite, nous allons les passer au bord de l’Océan. Il n’y a pas plus près : au maximum 100 m entre le lieu où nous dormirons et l’Océan ! Incroyable, non ?

Enfin, parce que je vais (re)lire la suite des aventures d’Arsène Lupin, sur mon Kindle grand format (regarde l’image jointe pour voir la différence, à gauche celui que j’utilise, à droite le Kindle format actuel. J’ignore pourquoi Amazon a arrêté la fabrication du premier, mais je te jure que pour lire un ouvrage en pdf eu format A4, c’est génial !

Un élément surprise très intéressant.

Il y a peu, j’ai reçu de mon ami Jérémy un ouvrage électronique très intéressant, intitulé :
« comment_rediger_10_livres_en_30_jours ».

Je lui ai demandé si je pouvais me permettre de le citer sur mon blog, parce que son ouvrage numérique correspondait parfaitement à ce que je recherchais : depuis que j’écris, des centaines de personnes, au moins, probablement bien davantage, m’ont demandé comment faire.

Là, sans que je me fatigue, je vous livre une réponse qui non seulement me paraît très intéressante, mais qui, de plus, peut vous être de première utilité.

Il vous faut d’abord trouver les sujets de vos dix ouvrages, c’est indispensable.

Ensuite, vérifiez que votre futur livre n’est pas déjà écrit, ce sera plus simple pour vous.

Vous apprendrez dans cet ouvrage de Jérémy 36 techniques pour écrire sans vous décourages, mais vous ferez aussi la connaissance de la méthode de Léo Babauta pour faire un livre en 3 jours ainsi que l’art du Storytelling avec la méthode Pixar, c’est-à-dire de l’art de raconter des histoires selon les célèbres studios et enfin celle de l’art de la supercherie ou la méthode Bly.

Alors lisez et dites : « Merci, Jérémy ! »

Mais il vous faudra tout de même travailler un peu !

Sois prêt(e) à discuter avec ton imprimeur

Les relations auteur-imprimeur ou auteur autoédité-imprimeur ne sont parfois pas toujours très simples. Peut-être auras-tu l’occasion de le constater par toi-même ! Il faut dire que parfois l’un comme l’autre ont l’impression de s’adresser à un sourd ou à un demeuré, voir à « l’idiot du village »… alors qu’en fait ils parlent de la même chose !

Attention ! Cela ne signifie nullement que ces rapports soient empreints de haine ou de méfiance réciproque ! Simplement, l’auteur et l’imprimeur ne parlent généralement par le même langage. Alors…

Plutôt que de faire éditer ton ouvrage par un éditeur comme Robert Laffont, Gallimard, Flammarion, Le Seuil, etc., tu as préféré, comme le Code de la Propriété Intellectuelle t’en donne le droit le plus absolu, le publier toi-même.

Même si tel n’est pas le cas, tu dois connaître un certain nombre de choses concernant l’impression, ne serait-ce que pour ne pas avoir l’air totalement ignare lorsque ton éditeur, si tu en as un, te demandera de faire des corrections dites « d’auteur » avant de signer le B. A. T. (Bon à tirer).

Que dois-tu donc connaître ? Ce n’est pas très compliqué.

Voici le circuit que tu vas suivre.

Quelques remarques préalables.

Un premier conseil.

Tu es censé(e) être votre propre éditeur. Après avoir choisi ton imprimeur, tu te retrouves un beau jour en face de lui.

Il y aura peut-être d’ailleurs plusieurs personnes.
Avant de t’expliquer longuement avec elles, un conseil : laisse-les parler. Une personne qui parle de son métier t’apprend toujours des choses passionnantes et de toute manière très intéressantes pour toi.

Cela dit, il faut que tu connaisses un certain nombre de points précis au sujet desquels tu pourras leur demander des indications.

Tu dois même connaître certaines choses avant de prendre rendez-vous avec ton imprimeur, dès l’instant où tu lui fais parvenir ta demande de devis.

La demande de devis.

Ça y est ! Tu as enfin terminé ton livre. Tu es persuadé(e) qu’il va très bien se vendre et tu souhaites le faire imprimer.
Tu as raison. Une première question se pose alors à ton esprit : « Combien cela va-t-il me coûter ? »

Il n’existe qu’une réponse : demander à un spécialiste, en l’occurrence un imprimeur.

Premier contact.

Aujourd’hui, il n’est pas très compliqué de trouver un imprimeur capable de te fabriquer des livres soit en grand nombre par exemple de 1 000 à 5 000, soit en petit nombre, 200 à 500, soit même à l’unité. Il te suffit pour cela de lancer une recherche sur un moteur d’Internet.

Le choix est relativement large et c’est bien entendu en fonction de tes souhaits que tu trouveras le bon imprimeur.

Avant, il faut que tu fasses parvenir à chacun de ceux que tu auras sélectionné une demande de devis en bonne et due forme.

Que dois-tu indiquer ?

Les éléments que tu dois livrer à votre futur imprimeur doivent être les plus précis possibles. En effet, ils sont très importants pour l’établissement de ton devis qui est, tu le sais, susceptible de variations en plus ou en moins de l’ordre de 10 % au moment de la facture finale ; ceci explique pourquoi il doit être déterminé avec exactitude.

Voici les points que tu dois préciser en demandant ton devis :

1 – le format que tu souhaites pour ton ouvrage ;

2 – le type de papier, avec son grammage (le poids d’une surface d’un mètre carré) et sa couleur ;

3 – la couverture que tu souhaites : veux-tu que ton livre soit broché ou relié ? S’il est broché, veux tu qu’il possède un recto pelliculé, c’est-à-dire recouvert d’une pellicule plastifiée ? S’il est relié, souhaites-tu une reliure carton ? entoilée ? similicuir ? cuir véritable ?

4 – tu peux même indiquer le façonnage, c’est-à-dire demander quel prix te coûteront des exemplaires avec des cahiers simplement collés et des exemplaires avec des cahiers cousus. Indique aussi si tu veux une couverture monochrome ou en plusieurs couleurs et avec ou sans illustration(s).

5 – les caractéristiques techniques de ton ouvrage. Elles sont, elles aussi, de première importance. Tu dois préciser dans ta demande de devis :

a – le nombre approximatif de signes. Attention toutefois : approximatif ne signifie pas à 100 000 signes prês. Tu dois être capable de dire si ton manuscrit compte 300 000 signes environ, 350 000 ou 750 000 ;

b – si tu as déjà choisi, les caractères typographiques que tu souhaites avec éventuellement l’indication de leur taille en points Didot.
D’une manière générale, utilise de préférence un caractère à empattement, c’est-à-dire dont les lettres qui sont situées sous la ligne horizontale, comme le p ou le q, possèdent un petit trait horizontal, parce qu’il est plus facile à lire. L’imprimeur que tu as retenu possède un catalogue complet de fontes de caractères qu’il te présentera et sur lequel tu pourras choisir en fonction de tes desiderata. Une petite remarque, au passage : plus le caractère que tu choisis est gros, plus il est facile à lire, ce qui doit être un impératif pour toi, mais aussi plus ton livre comptera de pages…

c – indique également si tu souhaites intégrer des illustrations. Précise si elles sont en noir et blanc ou en couleurs. Précise également si elles doivent figurer sur une page normale, comme une partie de texte ou si elles seront à insérer en encart dans ton ouvrage, à une place que tu auras préalablement déterminée.
Note bien que ces pages, qualifiées de « hors texte » coûtent généralement cher !

En réponse, chaque imprimeur que tu auras contacté t’enverra un devis précis. Tu pourras alors choisir en toute connaissance de cause celui qui te propose le meilleur rapport qualité-prix.

L’aventure commence.

Une information importante pour les lecteurs de ce blog

La seconde série d’articles concernant l’écriture qui t’es destinée est terminée. À dater de ce matin 27 mars 2017, c’est tout le blog qui sera modifié pour que tu comprennes encore mieux.

Dès que ce sera terminé, tu seras informé. Tu pourras alors revenir pour lire la suite de cette série d’articles concernant l’écriture.

Encore une information importante.

En attendant, pour la deuxième fois, je refais l’intégralité des articles de mon blog. C’est un conseil qui m’a été donné : au lieu de mettre la date en titre, je choisis une phrase ou un extrait qui a un rapport direct avec le contenu de l’article.

Les formalités fiscales de l’autoédition.

Ces formalités « littéraires » une fois réglées, une question se pose : en existe-t-il d’autres ?

Bien entendu, même si elles sont très simples : avez-vous déjà vu, en France, un citoyen échapper à ce que l’ex-inspecteur des Impôts qui se déguisait sous le pseudonyme de Robert Mathieu baptisait « Le Racket fiscal » ? (Albin Michel, 1990) ? Si oui, je pense que vous pourrez écrire un « best-seller » ; mais avant, merci de me dire comment vous faites ! Vous verrez un peu plus loin en quoi consistent les formalités fiscales.

Définition particulière, formalités diverses à remplir, l’auteur autoédité jouit d’un statut particulier.

Pourquoi, dès lors, parle-t-on d’un « auteur autoédité » et d’un « auteur-éditeur » ?

1 – Quelle différence existe-t-il entre un auteur autoédité et un auteur-éditeur ?

La réponse à cette question est très simple : aucune !

Aucun dictionnaire ne donne en effet une seule définition d’un auteur autoédité ou d’un auteur-éditeur. Aux yeux de la loi, si l’on s’attache aux termes mêmes de l’article 19 de la célèbre loi du 11 mars 1957 ou de l’article L. 121-2 de la loi n° 92-597 du 1er juillet 1992 dit « Code de la Propriété Intellectuelle », qui le remplace et qui stipule que « L’auteur a seul le droit de divulguer son œuvre » , il est indubitable qu’un auteur autoédité, c’est-à-dire qui s’édite lui-même, est par la même occasion un auteur-éditeur.

Toutefois, aux yeux de l’administration fiscale, car c’est une fois de plus à elle qu’il convient de se référer, c’est différent : le terme « éditeur » plaqué contre celui d’auteur indique une fonction précise, alors que l’expression « auteur autoédité » dissipe tout doute.

Ainsi que me l’a écrit Abel Clarté le 14 juin 1994, « j’ai choisi auteur autoédité parce qu’il est sans ambiguïté. Vous-même avez connu des « auteurs-éditeurs » devenus « éditeurs ». Il est donc normal que le fisc se méfie de ces derniers et les traite comme des éditeurs. Assimilés par la loi aux artistes créateurs, les autoédités sont dispensés de TVA (jusqu’à un certain chiffre d’affaires) et n’ont pas à se soucier du R.C. »

Alors, que peut-on conclure ?

Un auteur autoédité ne publie et ne publiera jamais que ses propres œuvres. Un auteur-éditeur est, potentiellement, un éditeur, c’est-à-dire qu’il est susceptible (ce qui ne signifie nullement qu’il en a l’obligation) de publier les œuvres d’étrangers, donc de faire œuvre d’éditeur « classique ».
A partir de ce moment, il échappe totalement à la catégorie définie ici et il devient un éditeur comme Grasset ou Flammarion ou d’autres infiniment plus petits.

2 – Pourquoi, alors que le nombre des éditeurs stagne ou régresse, y a-t-il un nombre de plus en plus grand d’auteurs autoédités ?

Voilà une bonne question, se serait écrié une figure célèbre de la politique il n’y a pas si longtemps encore.

À noter une chose : on parle de plus en plus souvent aujourd’hui d’auteurs indépendants, mais c’est strictement la même chose.

C’est un fait indéniable : le nombre d’éditeurs « vrais » est actuellement en train de stagner, sinon de régresser.

La maison Balland, par exemple, a connu un « passage à vide » et ne doit son sauvetage qu’à une opération de licenciements collectifs puis à une reprise d’activité lente et besogneuse. Son actuel PDG a même un moment été tout seul à « tenir la boutique ».

Madame Régine Deforges, auteur sulfureux connu surtout récemment pour sa trilogie (à laquelle elle a ajouté deux autres ouvrages) de « La Bicyclette bleue » et ses démêlés judiciaires avec les héritiers de Margaret Mitchell… qui ne se sont terminés que récemment puisque cette « affaire » avait pris le caractère d’un « feuilleton à épisodes » commencé en août 1987, avait, profitant de sa fortune (outre ses droits d’auteur pour la formule « classique », je crois me souvenir que la maison France-Loisirs lui avait offert environ dix millions de francs pour publier le premier tome de sa série en « formule club »), a lancé une maison d’édition à son nom, administrée en fait par son fils, Monsieur Franck Spengler.
Aux dernières nouvelles, cette société d’édition n’existe plus. La société des éditions Ramsay, également administrée par son fils, a été, semble-t-il, revendue à l’ancien directeur, Monsieur Jean-Claude Gasewitch, transformée en simple S.A.R.L. et a singulièrement diminué ses ambitions éditoriales.

En revanche, Monsieur Spengler a créé sa propre maison d’édition en 1993 ; aux dernières nouvelles, il s’est spécialisé dans les éditions de textes érotiques avec la société « La librairie Blanche ».

Quelques statistiques.

Les exemples abondent. Pourtant, lors du Salon du Livre qui s’est tenu du 23 au 28 mars 1994, on a pu apprendre les faits suivants :
– du côté plutôt négatif, une baisse du tirage moyen des ouvrages, passé de 11.331 exemplaires en 1988 à 9.180 en 1992 (il s’agit de tirage moyen, toutes spécialités confondues, du livre scolaire à l’encyclopédie en passant par la bande dessinée pour adulte et l’ouvrage de documentation),
– du côté plutôt positif, la progression en titres a augmenté de 3,8% en moyenne au cours de cette même période,
– et une surprise, plutôt bonne, voire encourageante : 75% des Français de 15 ans et plus lisent au moins un livre par an. La proportion de faibles lecteurs (moins de dix livres par an) est passée de 28 à 32% de la population alors que, dans le même temps, celle des « gros lecteurs » (plus de 25 livres par an) a régressé de 19 à 17% de la population. Le volume global de lecture augmente même si le nombre moyen de livres lus par personne diminue.
C’est encourageant, car en face de cette régression du nombre des éditeurs « vrais » on note un accroissement considérable du nombre des gens qui écrivent !

En 2012, au 32e Salon du Livre, M. Jean-Claude Bologne, président de la S.G.D.L. (Société des Gens de Lettres) a déclaré que « Pour l’instant, moins de 2% des Français lisent ou ont l’intention de lire un livre électronique. Cela peut paraître dérisoire face à toute cette agitation.

Pourtant, oui, ce lectorat restreint est un défi et un enjeu pour le monde du livre. Comment va-t-il évoluer ? Va-t-il exploser ? Tout le monde doit s’y préparer, éditeurs, fabricants de tablettes et de liseuses, et auteurs ».

M. François Coupry, président de la S.O.F.I.A. (Société Française des Intérêts des Auteurs de l’Écrit) précise pour sa part que « Les lecteurs de livres numériques et ceux de livres papier sont pour l’instant les mêmes, les craintes paraissent fantasmées. Mais jusqu’à quand ? »

Le nouveau Salon du Livre 2017 s’est déroulé du 24 au 27 mars 2017 Porte de Versailles à Paris.

Une journaliste du HuffPost, Mme Marine Le Breton, nous apprend quatre bénéfices de la lecture selon la science, qui veut créer une véritable « bibliothérapie ».

En effet, la lecture a des effets bénéfiques prouvés :
• lire de la fiction, en particulier certains romans bien choisis, permet de soigner certains problèmes de la vie (divorce, problèmes de couple,  reconversion professionnelle, etc.) ;
• la lecture peut relaxer, comme le prouve une étude de 2009 de l’Université anglaise du Sussex. Les chercheurs ont montré que la lecture est le moyen le plus efficace pour lutter contre le stress, meilleur encore que l’écoute de musique ou une petite marche. En six minutes, tu es totalement relaxé(e) ;
• lire maintient le cerveau en bonne santé, puisque le déclin de la mémoire est jusqu’à 32 %moins important chez les personnes qui lisent jusqu’à un âge avancé ;
• enfin, lire augmente l’empathie et donc les rapports avec les autres.

 

Comment devenir un auteur autoédité

La question du jour est : comment devient-on un auteur autoédité ?

A la lumière de ce que vous avez lu précédemment, vous pouvez déduire qu’il est très simple de devenir auteur autoédité.

Effectivement, ce n’est pas très compliqué, dès lors que vous connaissez deux choses :
a – Abel Clarté m’a indiqué qu’il avait choisi l’expression « auteur autoédité » de préférence à celle « d’auteur-éditeur » parce qu’elle est sans ambiguïté. L’expression « auteur-éditeur », au plan fiscal, est redoutable (lettre d’Abel Clarté en date du 14 juin 1994), parce que c’est un auteur qui publie en même temps d’autres auteurs.

En effet (même référence), « assimilés par la loi aux artistes créateurs, les auteurs autoédités sont dispensés de TVA (je reviendrai sur ce problème) et n’ont pas à se soucier du R.C. (Registre du Commerce). »

La « faveur » dont jouit tout auteur qui publie ses propres œuvres de la part de l’administration fiscale est inscrite en entier dans la loi du 11 mars 1957, transformée en loi n° 92-597 du 1er juillet 1992 dite
« Code de la Propriété Intellectuelle », qui stipule dans son article L. 121-2 (ancien article 19 de la loi du 11 mars 1957) que : « L’auteur seul a le droit de divulguer son œuvre »
et l’article L. 123-1 du même C.P.I. précise que :
« L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire » .

Vis-à-vis des services des impôts, l’auteur autoédité doit remplir une notice 2035 intitulée « Revenus non commerciaux et assimilés ». Ce régime ne nécessite pas une inscription au R.C. Il s’applique, selon les services des impôts eux-mêmes « … aux contribuables dont les bénéfices proviennent de la production littéraire, scientifique et artistique... » (Source : Notice du formulaire 2035 – Direction Générale des Impôts).

Dans le cas où l’activité d’auteur autoédité (ou auteur-éditeur) n’est pas l’activité principale de l’auteur, celui-ci doit souscrire une déclaration 2035 et reporter les résultats sur la déclaration d’ensemble des revenus, à la rubrique « Activités non commerciales non professionnelles » au § 4, cadre D, lignes JM ou KM (même source).

Autrement dit, pour résumer, un auteur autoédité peut parfaitement vendre ses propres ouvrages par le biais de la V.P.C., si cela lui chante (tout comme il peut le faire par de multiples autres façons, par Internet entre autres), sans être contraint de s’inscrire au R.C.

La raison en est très simple : les services des impôts considèrent qu’un auteur qui vend ses propres ouvrages ne fait pas œuvre de commerçant.

b – il faut savoir tout de même que l’auteur autoédité se doit de remplir un certain nombre de formalités.

Les formalités « littéraires ».
Quelles sont les formalités « littéraires » auxquelles un auteur autoédité doit souscrire ?

Elles sont relativement simples. Elles sont absolument identiques à celles que vous avez déjà vues pour la protection de votre manuscrit et à celles que vous lirez à propos du nombre de pages de votre livre.

• la prise de copyright.
Le copyright, plus souvent désigné, par le sigle ©, représente en quelque sorte le dépôt international de votre texte.

Il signifie que, à partir du moment où cette mention figure, suivie de la date de la publication et de votre nom, sous la forme (par exemple) que voici :
© votre nom, mois et année
votre texte a « pris date », c’est-à-dire que tout texte qui lui ressemble peut être poursuivi pour plagiat.

• le numéro I.S.B.N.
Une autre bonne précaution consiste à se munir d’un numéro I.S.B.N. (International Standard Book Number ), autrement dit, en bon français bien de chez nous, comme le disait le défunt Jean Nohain, la « Numérotation Internationale du Livre », selon la norme I.S.O. (Organisation Internationale de Normalisation).

A noter au passage que nous sommes tous de plus en plus étiquetés, enregistrés, « espionnés ? » (merci Big Brother ?).

Quoiqu’il en soit, cela peut avoir une utilité : je peux vous assurer avoir été contacté par une librairie parisienne d’une part (qui me doit toujours 60 FRF, soit 9,15 EUR) et par le C.E.L.F. (Centre d’Exportation du Livre Français) d’autre part, grâce à mon numéro I.S.B.N.
Depuis le 1er janvier 2007, le n° I.S.B.N. qui vous est attribué se compose de 13 chiffres (au lieu de 10 auparavant), les trois premiers constituant un identifiant spécifique au livre (978 en l’occurrence), le quatrième chiffre étant l’identifiant du pays (2 pour la France), les six suivants votre numéro d’éditeur (par exemple le mien, en fait les deux miens, sont : 9502042 et 909224), les trois derniers chiffres vous étant attribués par l’A.F.N.I.L.

Un conseil : n’utilisez aucun des deux numéros d’éditeur que je vous cite, ce sont les miens ! Le premier m’a été attribué car j’avais omis de préciser que je publierais plus de dix ouvrages, le second m’a été donné par la suite.

Le problème est : comment faire ?

La prise de copyright est très simple : il suffit de l’indiquer, comme dans l’exemple que je vous ai fourni, sur votre ouvrage.
L’I.S.B.N. est un peu plus compliqué – mais toujours gratuit.
Vous devez indiquer à l’A.F.N.I.L. (Agence Francophone pour la Numérotation Internationale du Livre – site Internet : http://www.afnil.org/) que vous souhaitez publier, à plus de 1.000 exemplaires (c’est le minimum, autrement cet organisme n’accorde plus de numéro I.S.B.N., ce qu’elle fait depuis 1972), un ouvrage quelconque. Précisez, de plus, si vous comptez en publier dix différents ou cent, à moins que ce soit mille ou plus.

La structure d’un n° I.S.B.N. se compose de 13 chiffres, répartis en 5 segments :
Exemple : ISBN 978-2-909224-40-4 (c’était le n° I.S.B.N. de la première version papier de mon ouvrage « Écrivez… et vendez tous vos écrits »)
• le 978 indique un livre
• le 2 son origine (un pays francophone)
• le 909224 son éditeur (moi en l’occurrence)
• le 04 est le n° de monographie
• le 4 est la clé de contrôle
Voici une explication plus détaillée (d’après les instructions officielles de l’I.S.B.N.) :
• Le premier segment ou Élément du préfixe est un nombre de 3 chiffres défini par l’Agence internationale de l’I.S.B.N. et conforme au système mondial E.A.N.U.C.C. de numérotation des produits. 978 et 979 sont les deux préfixes attribués au « produit livre ».
• Le deuxième segment ou Élément du groupe d’enregistrement identifie le groupement national, géographique, linguistique ou de toute autre nature, dans les limites duquel opèrent une ou plusieurs agences de l’ISBN.
C’est l’Agence internationale de l’I.S.B.N. qui attribue l’élément du groupe d’enregistrement .
Cet élément est variable en longueur, en fonction de la production éditoriale à l’intérieur du groupe concerné. Sa longueur est déterminée par l’Agence internationale de l’I.S.B.N. (le groupement francophone est identifié par le chiffre 2).
• Le troisième segment ou Élément du déclarant identifie l’éditeur à l’intérieur de ce groupement ; il est attribué par l’agence d’enregistrement de l’I.S.B.N. dont relève l’éditeur (pour la France, l’A.F.N.I.L.).
Cet élément est variable en longueur, en fonction de l’estimation de la production de titres de chaque éditeur ; sa longueur est déterminée par l’Agence d’enregistrement de l’I.S.B.N. dont relève l’éditeur.
• Le quatrième segment ou Élément de la publication identifie la monographie à l’intérieur de la production de l’éditeur.
Habituellement il est attribué par l’éditeur de la monographie. Sa longueur est déterminée par la longueur des éléments du groupe d’enregistrement et du déclarant qui le précèdent.
• Le cinquième segment ou Chiffre de contrôle est la clé de contrôle qui valide l’I.S.B.N. ; il est calculé selon un algorithme de module 10.
Dans le cas où vous possédez déjà un ancien numéro d’I.S.B.N. à 10 chiffres, vous pouvez le convertir en I.S.B.N. à 13 chiffres, l’Agence Internationale d’ISBN met à votre disposition un convertisseur spécifique sur son site.
Cet I.S.B.N. à 13 chiffres est utilisé pour toutes les commandes et toutes les transactions commerciales, manuelles ou électroniques. Les codes à barres sont surmontés de l’I.S.B.N. à 13 chiffres segmenté (avec des tirets) alors que l’EAN-13 correspondant est indiqué en dessous des codes à barres (sans tirets ni espaces).
L’A.F.N.I.L. est située
35 rue Grégoire de Tours
75279 Paris Cedex 06
Tél. 01 44 41 29 19 – Fax 01 44 41 29 03
site : http://afnil.org/
adresse courriel : afnil@electre.com

• le dépôt légal.
Une autre formalité littéraire est obligatoire et – relativement – gratuite. Il s’agit du dépôt légal.
Cette formalité est probablement l’une des plus anciennes dans le domaine du livre, dans le monde entier, puisqu’elle remonte à François Ier, le roi qui fit disparaître le latin comme langue diplomatique au profit du français.
Cette aide bien pratique a changé, hélas pour nous ! au profit de l’anglais après le Congrès de Vienne en 1815.
Que les francophones se rassurent : le texte final du Congrès de Vienne, sous l’influence, en particulier, du « diable boiteux », le ci-devant Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, a bien été rédigé en français. Ce fut la dernière fois pour un texte diplomatique.

Quelles sont les formalités du dépôt légal ?
Tout éditeur doit se plier à cette obligation. En tant qu’auteur autoédité, vous êtes à la fois auteur et éditeur.
Vous demandez à la
Bibliothèque Nationale de France
Cercle de la Librairie
35, rue Grégoire de Tours
75279 PARIS CEDEX 06
un « modèle de déclaration de dépôt légal pour les publications non périodiques (ouvrages) ».

Vous pouvez aussi le télécharger directement ici :
http://www.bnf.fr/fr/professionnels/dl_formulaires/s.dl_formulaires_bnf.html

Vous faites des photocopies de ce modèle et vous l’adressez, en trois exemplaires, accompagné d’un seul exemplaire de votre ouvrage (depuis le 21 mars 2015) à l’adresse suivante :
Bibliothèque Nationale de France
Service du Dépôt Légal Section Livres
Quai François Mauriac
75706 PARIS CEDEX 13
Téléphone : 01 53 79 43 37
Télécopie : 01 53 79 45 60
courriel : depot.legal.livres@bnf.fr
Depuis la réforme du dépôt légal en 2006, vous n’avez plus besoin de le déposer aussi auprès du Ministère de l’Intérieur Service du Dépôt Légal
De toute manière, les envois sont faits en franchise postale, c’est-à-dire que vous n’avez aucun affranchissement à payer !
N’oubliez pas de préciser, à la place où vous auriez dû mettre le timbre :
Franchise postale – Article L 132-1 du code du patrimoine.

La suite, moins drôle : Les formalités « fiscales » !

Il faut bien y passer !

À plus tard pour la suite.

Les raisons qui te poussent à devenir un auteur autoédité

Comment pratiquer l’autoédition

Dans cet article et probablement aussi le ou les suivant(s), je vais te détailler l’autoédition, que je connais fort bien puisque les livres que j’ai rédigés pour mon compte sont tous édités de cette manière (Gagnez en Bourse grâce aux warrants, Gagnez en Bourse grâce à l’analyse graphique, La Luminopédagogie, Écrivez… et vendez tous vos écrits, etc.).

Rappel : comment éditer ton livre?

     Tu sais maintenant tout. Tu peux éditer ton livre en passant par l’intermédiaire d’un véritable éditeur, auquel cas tu as le choix entre trois types de contrat (l’un d’entre eux n’étant pas des plus recommandables et donc des plus à recommander) ou tu choisis délibérément de l’éditer toi-même.

Permets-moi, puisque j’ai choisi dans ce blog de m’étendre davantage que je l’ai fait dans mes éditions papier ou électronique à ce sujet – et aussi parce que nombreux ont été les lecteurs qui m’ont demandé des précisions – de m’étendre un peu sur la pratique de l’autoédition.

Pour ce faire, je vais emprunter… à moi-même l’essence d’une série d’articles que j’ai rédigés au sujet de ce problème à la demande de l’éditeur-rédacteur en chef d’une petite revue aujourd’hui disparue. Sois sans crainte : j’ai remis cet ensemble « au goût du jour », si j’ose écrire, en 2017.

En guise d’entrée en matière.

De plus en plus nombreuses sont les personnes qui demandent à l’un ou à l’autre des renseignements sur l’autoédition. Cette série de petits articles a été rédigée dans le but de les leur fournir. C’est tout du moins mon ambition.

Qu’est-ce que l’autoédition ?

L’article L. 121-2 du Code de la Propriété Intellectuelle stipule que :
« L’auteur seul a le droit de divulguer son œuvre »
et l’article L. 123-1 du même C.P.I. précise que :
« L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire ».

En d’autres termes, tout le monde (c’est-à-dire chaque personne ayant écrit une œuvre littéraire quelconque) a le droit de s’éditer. L’auteur peut donc aussi bien exercer lui-même ce droit que le céder à quelqu’un d’autre (un éditeur) par contrat.

Une précision fort utile, à propos des antécédents historiques.

Contrairement à ce que pensent ou proclament certains, nombre d’auteurs, avant que le terme ait existé, ont fait appel à l’autoédition, pour des raisons diverses.

Ce ne sont pas pour autant de « petits auteurs ». La liste de noms ci-dessous, non exhaustive et simplement classée par ordre alphabétique, vous en convaincra aisément :
– Jacques Androuet du Cerceau, fondateur d’une famille d’architectes français (dessinateur, graveur et architecte, il publia plusieurs ouvrages de gravures entre 1549 et 1566, avant d’élever le château de Verneuil sur Oise),
– Peter von Biennewitz dit Apianus (mathématicien, astronome et géographe, qui fut l’un des premiers à proposer l’observation des mouvements de la lune pour déterminer les longitudes, dans sa
« Cosmographia » de 1524),
– Louis Aragon (« Une vague de rêve »),
– Yvan Audouard,
– Honoré de Balzac pour ses premières oeuvres,
– Fernand Braudel (première édition de sa « Méditerranée »),
– Jean Calvin (commentaire en latin du « Traité de la Clémence » de Sénèque),
– François-René de Chateaubriand (qui a publié ses « Mémoires d’Outre-tombe » en souscription),
– Jean Cocteau,
– Colette (éditée à ses débuts par un libraire, Ollendorf),
– Antoine-Augustin Cournot (philosophe et économiste mathématicien, précurseur de l’école mathématique en économie et à ce titre maître à penser de Léon Walras),
– Norton Cru (auteur de « Témoins », publié à compte d’auteur en 1929, dénonçant à la fois les nationalistes et les pacifistes, ouvrage brûlé en autodafé par les Nazis)
– Denis Diderot (sa célèbre « Encyclopédie » a été vendue en souscription. Si cela vous intéresse, je ne saurais trop vous recommander l’ouvrage d’un Anglais, Monsieur Robert Darnton, publié en 1982 pour sa traduction française à la Libraire académique Perrin et intitulé « L’aventure de l’Encyclopédie »),
– Fiodor Dostoïevski,
– Édouard Drumont (pour « La France juive », le pamphlet antisémite dans lequel piocha l’extrême-droite de l’avant première guerre mondiale),
– Gustave Eiffel, (ingénieur mondialement connu, pour tous ses travaux concernant les architectures métalliques),
– J.K. Huysmans (pour « Le Drageoir à Épices »)
– Max Jacob (pour sa poésie),
– Alfred Jarry (le célèbre père du non moins célèbre « Père Ubu »),
– Isidore Ducasse dit comte de Lautréamont,
– Pierre Louÿs (tous ses ouvrages),
– Thomas Mann (Prix Nobel de littérature en 1929, édité en France par un libraire, à ses frais),
– Karl Marx (pour son « Das Kapital. Kritik der politischen Ökonomie »),
– François Mauriac,
– Henry Miller (dont l’oeuvre fut interdite aux États-Unis jusqu’en 1960),
– Michel Eyquem de Montaigne (pour ses « Essais »),
– Henri de Montherlant (pour « Les Jeunes filles », « La Relève du matin », « La Rose des sables »),
– Friedrich Nietzsche (pour son « Also sprach Zarathustra »),
– Marcel Proust (pour « Un amour de Swann »),
– Johannes Müller, dit Regiomontanus (astronome et mathématicien, il fut l’un des fondateurs de la cométographie scientifique, considérant les comètes comme des astres et non comme des météores ; il partit à Rome en 1475 pour y participer à la réforme du calendrier mais il y décéda de la peste l’année suivante),
– Françoise Sagan (pour « Bonjour Tristesse », qu’elle paya à son éditeur),
– Gabriel Sénac de Meilhan (pour son roman intitulé « L’Émigré ». Il était intendant et les allées marseillaises pérennisent son souvenir),
– Henri Beyle dit Stendhal (pour « Le Rouge et le Noir », entre autres),
– Léon Tolstoï,
– Sébastien Le Prestre de Vauban (outre ses ouvrages sur l’art des fortifications, il écrivit des ouvrages politiques dont un « Projet d’une dîme royale » qui fut interdit en 1707),
– Paul Verlaine (publié à compte d’auteur),
– Jean-Marie Arouet dit Voltaire (nombre de ses œuvres furent imprimées par lui dans son imprimerie en Suisse),
– Léon Walras (considéré comme le plus grand économiste français, il reprit la suite de son père et d’Antoine-Augustin Cournot en essayant d’appliquer les mathématiques à l’étude des faits économiques),
– Boris Vian (qui publia son oeuvre à compte d’auteur),
– Marguerite de Crayencour dite Yourcenar (à ses débuts. Souvenez-vous qu’elle fut la première femme reçue à l’Académie Française le 22 janvier 1981).
Pas de « petit auteur » parmi ces précurseurs, donc. Tous avaient quelque chose « à dire » et l’ont fort bien écrit. Il est d’ailleurs à noter que la tradition se perpétue aujourd’hui dans le monde universitaire : nombre de « thésards », c’est-à-dire de chercheurs rédigeant une thèse de doctorat de troisième cycle ou de doctorat d’État, font sans le savoir œuvre d’auteurs autoédités, puisqu’ils paient de leur poche la publication de leur thèse (en un nombre minimum obligatoire fixé par décret).

     Reste à savoir pourquoi les autres auteurs deviennent « autoédités ».

Pourquoi un écrivain devient-il un auteur autoédité ?

En dehors des universitaires signalés précédemment, plusieurs éléments peuvent inciter un écrivain à devenir un auteur autoédité.

A la réflexion, ces éléments se réduisent à deux :
– le refus
– le choix délibéré.

De quoi s’agit-il ?
1 – Le refus.
Le refus est généralement double :
– refus du manuscrit de l’auteur par les comités de lecture de maisons d’édition « classiques » ;
– refus de l’auteur d’aller engraisser les comptes des maisons d’éditions « à compte d’auteu r».

Le refus du manuscrit de l’auteur par les comités de lecture des maisons d’édition « classiques ».

Toute personne qui écrit a en tête un certain nombre d’objectifs. Parmi ceux-ci, le fait d’être publié par une maison d’édition prestigieuse comme Grasset, Gallimard, Le Seuil ou autre figure souvent en excellente position.

Pourquoi ?

Simplement parce que les éditeurs – qui sont d’abord et avant tout des commerçants et nos pas des zélateurs dévoués de la culture au service du génie des écrivains – ont réussi, à force de « bourrage de crâne » à moins que ce soit d’« intox », comme vous le préférez, à imposer deux idées dans les cerveaux de leurs contemporains :

a – « tous les manuscrits sont lus »
En 1979, il y a donc 37 ans, une étude de Védel concluait que « 90% des manuscrits inconnus arrivés par la Poste sont retournés à leurs auteurs sans être lus ». Une seule chose a changé : aujourd’hui, les éditeurs ne se donnent même plus la peine de retourner les manuscrits à leurs auteurs !

b – « tous les bons auteurs sont publiés par les grandes maisons d’édition ».
Cette affirmation est aussi fausse que la précédente.

Monsieur Jacques Darcanges, le patron de la maison d’édition « Les Auteurs Associés » écrivait il y a trente ans « La littérature demeure l’injuste jeu de hasard qu’elle a toujours été » (in « L’autoédition », n° 27-28, octobre 1986).

Personnellement, si j’étais le patron d’une maison d’édition, il y a un bon nombre d’auteurs connus et publiés par des éditeurs « célèbres » que je n’aurais certainement pas publiés, parce que leurs écrits m’ont « barbé » de la manière la plus « rasante » qui soit. Afin de ne pas éveiller les susceptibilités, je ne vous livrerai pas une liste, mais je vous assure qu’il « y aurait du monde » dessus !

Il faut dire surtout que, dans le cas de figure des grands éditeurs, 1% des manuscrits qui leur arrivent chaque année sont publiés. Loterie ou non ? C’est à voir.
Si de ce 1% vous retirez les auteurs « maison » qui sont assurés d’être publiés pour différentes raisons (par exemple parce qu’ils sont membres de jurys de prix intéressants pour l’éditeur ou éventuellement membres de l’Académie Française, etc.) puis les auteurs « recommandés » par quelqu’un à qui l’éditeur n’a rien à refuser (voir ci-dessus) et quelques cas particuliers, que reste-t-il réellement comme auteurs « nouveaux » ? Les statistiques concernant ce sujet ne sont JAMAIS publiées !

Une expérience – entre autres – a été rapportée par Monsieur Gustave Dessers, écrivain belge.
Voici ce qu’il expose dans une « Lettre à Jacques Darcanges » (citée dans « L’autoédition », n° 37, mars 1989) :
« L’année dernière, j’ai fait à Grasset, c’est-à-dire à Yves Berger (petite remarque pour qui l’ignorerait : Yves Berger, décédé en 2004, était considéré par le monde des lettres comme LE directeur littéraire par excellence, profession qu’il exerça auprès des Éditions Grasset-Fasquelle de 1960 à 2000), le coup que j’avais fait, jadis, à Gallimard, Hachette et au Seuil. Sous mon nom, j’ai envoyé par la poste douze nouvelles d’écrivains célèbres. Parmi eux, il y avait deux prix Nobel, deux prix Goncourt, un prix Pulitzer, des Renaudot, des Fémina. Rien que du beau monde, d’aujourd’hui et d’hier, y compris l’un des piliers de la maison Grasset elle-même. Bien entendu, j’avais modifié le nom des personnes et des lieux. Alors que Gallimard, Hachette et Le Seuil s’étaient bornés à répondre que « leur comité de lecture n’avait pas cru devoir retenir mes nouvelles », Grasset s’est montré plus carré : « pauvreté du style et de l’inspiration ». Après ça, il ne me restait plus qu’à retourner mes cartes. La lettre de protestation de Berger était verte de rage ».
Abel Clarté, le Président-fondateur de l’A.A.A., a relaté deux autres anecdotes qui ne manquent pas non plus de piquant :
« Anne Gaillard (journaliste, qui présentait L’Émission d’Anne Gaillard, de 1975 à 1978 sur France-Inter) a soumis à de nombreux éditeurs le texte recopié de « Mon village à l’heure allemande » (de Jean-Louis Bory, prix Goncourt en 1945), unanimement refusé. Avec la belle assurance des méridionaux qui font un malheur, Yves Berger (né à Avignon) osa proférer « les éditeurs éditent trop. Il font paraître des livres sans valeur. Mais tout ce qui a de la sève trouve un éditeur ».
    « Mieux encore : un journaliste du Figaro Littéraire s’est diverti à envoyer aux différents éditeurs d’un écrivain célèbre un manuscrit reproduisant – aux noms près – le texte d’un ouvrage déjà paru chez eux. Que croyez-vous qu’il arriva ? »
Au vu de ces coutumes éditoriales, comment croire les affirmations proférées par l’ensemble des directeurs littéraires des « grandes » maisons ? Comment ne pas remarquer l’illogisme dont faisait preuve le plus célèbre directeur littéraire de la plus célèbre d’entre elles ?

Après refus, il reste à l’auteur deux solutions :
– passer par une maison d’édition dite « à compte d’auteur ». Mais généralement il refuse cette solution. Pourquoi ? Vous avez lu l’explication si-dessus ;
– publier son ouvrage lui-même.

• Le refus de l’auteur d’aller engraisser les comptes des maisons d’édition « à compte d’auteur ».
Les auteurs refusés par les comités de lecture des maisons d’édition classiques (ou d’autres) après avoir constaté que les maisons d’édition dites « à compte d’auteur » sont des « arnaqueurs »… et que, bien que publiant « n’importe quoi », elles ne publient pas tout, (essayez donc de publier « à compte d’auteur » un ouvrage qui serait interdit par les mœurs ou qui serait poursuivi par la justice pour apologie du racisme ou de la violence ou de n’importe quoi d’autre) constituent une seconde catégorie d’auteurs autoédités.

Pourquoi ne veulent-ils pas passer par les arcanes du « compte d’auteur » ?
Simplement parce qu’ils savent compter.

Ils constatent trois choses :
a – l’impression leur coûte pratiquement aussi cher que s’ils la faisaient faire eux-mêmes ;
b – la publicité faite sur des radios périphériques peu chères (à des heures d’écoute…) ou dans des revues littéraires est réalisée à leurs frais ;
c – non seulement la maison d’édition leur facture tout ceci (en prenant naturellement son pourcentage), mais de plus ils ont « droit » à un contrat qui leur distribue des « droits d’auteur » certes intéressants (par exemple de l’ordre de 40% du prix du livre hors taxe… ce qui signifie que la maison d’édition prend les 60% restants pour elle, y compris pour « l’apporteur d’affaires » quand il y en a eu un (ou une).

De plus, il faut savoir que les maisons d’édition à compte d’auteur ont très souvent des pratiques qui frôlent l’escroquerie.

L’une d’entre elles, probablement la plus célèbre, a eu un nombre de procès inimaginables. Elle les a généralement perdus, mais cela ne l’a pas empêché de prospérer. Longue vie aux gogos !

Certains déçus du « compte d’auteur » se jurent bien de ne jamais retomber dans le même engrenage et se mettent, eux aussi, à l’autoédition.

2 – Les auteurs qui, dès le départ, veulent publier leurs écrits en autoédition.

Pourquoi ?

C’est pour eux une question de philosophie, que leur ouvrage ait ou non un rapport avec celle-ci.

Un auteur qui, dès le point de départ de son ouvrage, opte pour la solution de l’autoédition le fait sciemment pour plusieurs raisons. Les voici, brièvement résumées :
a – la liberté. Elle est évidente. Vous n’avez de compte à rendre à personne, vous ne devez pas passer par les fourches caudines des éditeurs, votre texte ne changera pas d’un iota (encore que votre imprimeur puisse faire des fautes !), etc.
b – la responsabilité. D’une manière générale, et contrairement à ce que prétendent les éditeurs, c’est toujours l’auteur qui est responsable de son texte. C’est Robert Brasillach qui a été fusillé au fort de Montrouge en 1945, pas son éditeur !
L’auteur autoédité reste donc responsable de son texte, comme il l’a choisi. Il reste aussi responsable vis-à-vis de ses lecteurs. La meilleure preuve en est le courrier qui s’échange souvent entre un auteur autoédité et ses lecteurs. Plus qu’une autre auteur, ce dernier a intérêt à choyer cette correspondance parce que c’est elle qui le renseigne sur l’accueil fait à son œuvre, c’est elle également qui lui permet de se corriger.
c – le respect de son lecteur. Sauf en de rares occasions (séances de signature dans les F.N.A.C., dans certains magasins ou dans de grandes librairies comme le célèbre « Furet du Nord » à Lille, parfois passage à la télévision s’il est « médiatisable »), l’auteur qui passe par un éditeur « classique » n’a que peu de contact avec ses lecteurs.
L’auteur autoédité, au contraire, a besoin de ce contact. Il écrit non pas pour une foule anonyme, mais pour des lecteurs qu’il connaît particulièrement bien, en se demandant s’ils seront contents de ce qu’il a écrit, si telle ou telle partie leur conviendra, s’il a bien retrouvé la verve à laquelle il les a habitués, etc. Son seul censeur, le seul qu’il admette – et d’ailleurs le seul admissible – c’est son lecteur.
d – l’intransigeance. L’auteur autoédité est en effet généralement un être intransigeant. Il est intransigeant avec le « système ». Il n’a aucune envie de faire une compromission quelconque, du style : « Ne croyez-vous pas qu’il faudrait revoir les pages 38 à 105 ? » ou « Peut-être devriez-vous supprimer ce passage » ou encore « Certes, cette anecdote est intéressante ? Mais ne trouvez-vous pas qu’elle alourdit votre récit ? » L’auteur autoédité considère que son ouvrage est un tout. Il l’a créé ainsi, il le publie ainsi. C’est sa gloire.
e – la contrainte. Nombre d’auteurs sont obligés de passer par l’autoédition. Tous ceux qui attaquent ce que les Américains appellent le « politiquement correct », susceptibles donc d’être censurés, savent, dès le départ, que leurs œuvres ne seront jamais publiées par un éditeur « classique ».
Nous vivons, il faut le dire, en une période de censure dans tous les domaines. Les changements du nouveau code pénal existaient en embryon depuis fort longtemps.
Tous les écrivains qui « dérangent » en raison du thème qu’ils choisissent de traiter dans leurs ouvrages, thèmes reliés à l’histoire récente ou à la politique actuelle, par exemple, ou encore à l’érotisme sulfureux. « L’érotisme, disaient Sade et Bataille, est subversif »… et la subversion ne convient guère aux Français qui, si l’on en croit feu Charles de Gaulle, « sont tous des veaux ». Difficile donc de heurter leurs opinions profondes (et/ou « suggérées » ?) sans passer pour un auteur « maudit » ou « qui pense mal » et qui donc est en quelque sorte « condamné » à l’autoédition.

Voici donc, schématiquement brossées, les raisons les plus importantes pour lesquelles un écrivain peut devenir auteur autoédité.

Concrètement, que doit-il faire ?

Vous le saurez dans le prochain « épisode », à partir de demain.

À demain ?

Édite-toi toi-même

Édite-toi toi-même

Plutôt que d’être « édité » par un « éditeur à compte d’auteur », auto-édite toi. Édite-toi toi-même !

Mais avant d’examiner la question en détail, je te dois une petite précision.

Le compte à demi.

C’est la troisième possibilité d’édition d’un livre. Elle est, dans les faits, très peu utilisée.

Elle est dite « du compte à demi ». Elle s’appuie sur l’article L 132-3 du Code de la Propriété Intellectuelle (ex article 50 de la loi du 11 mars 1957) ainsi conçu :
« Ne constitue pas un contrat d’édition, au sens de l’article L. 132-1, le contrat dit de compte à demi.
Par un tel contrat, l’auteur ou ses ayants droit chargent un éditeur de fabriquer, à ses frais et en nombre, des exemplaires de l’oeuvre, dans la forme et suivant les modes d’expression déterminés au contrat, et d’en assurer la publication et la diffusion, moyennant l’engagement réciproquement contracté de partager les bénéfices et les pertes d’exploitation, dans la proportion prévue.
Ce contrat constitue une société en participation. Il est régi, sous réserve des dispositions prévues aux articles 1871 et suivants du code civil, par la convention et les usages. »
Pratiquement, ce type de contrat n’est quasiment jamais employé, sauf pour certains ouvrages de grand luxe (photographie, livres d’art, etc.). Il oblige l’éditeur à tenir une comptabilité très détaillée mais il présente l’avantage pour lui d’offrir un partage des risques ; il oblige l’auteur à prendre le risque que son ouvrage ne se vende pas aussi bien qu’il le croyait mais il présente aussi pour lui l’avantage de ne pas l’obliger à s’engager financièrement dès le départ.
Souvent, cette formule, qui pourrait être excellente, notamment pour des genres habituellement boudés par les éditeurs comme la nouvelle ou la poésie, est génératrice de conflits lorsqu’il s’agit de partager les bénéfices… ou les pertes !
Enfin, là aussi, les escrocs du compte d’auteur ont frappé : si tu te vois proposer un contrat précisant que les frais d’édition seront partagés pour moitié entre l’auteur et l’éditeur, ATTENTION ! Ce n’est pas un contrat à compte à demi, mais un contrat à compte d’auteur !

L’autoédition ou édite-toi toi-même.

C’est justement la quatrième et dernière possibilité d’édition de ton ouvrage : l’auto-édition ou encore édition par l’auteur.
C’est la seule qui soit effectivement reconnue dès le départ par la loi du 11 mars 1957, transformée après amélioration en Code de la Propriété Intellectuelle (C.P.I. – Loi n° 92-597 du 1er juillet 1992) .
L’article L. 121-2 stipule que :
« L’auteur seul a le droit de divulguer son œuvre »
et l’article L. 123-1 que :
« L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire » .

Un statut particulier pour les services des impôts.
Pourquoi est-ce un statut particulier ? Les services fiscaux considèrent que l’auteur qui édite et diffuse ses propres œuvres ne fait pas acte de commerce. Il n’a donc pas à s’inscrire au Registre du Commerce (RC) et il n’est pas assujetti à la TVA (tant son chiffre d’affaires est inférieur à une somme variant tous les ans – 42 600 euros HT en 2016) ni à aucune taxe professionnelle.

En revanche, il doit payer un impôt sur les bénéfices non commerciaux (formulaire de déclaration d’impôts n° 2035 et annexes), ce qui le contraint à tenir une comptabilité précise et à conserver toutes les pièces justificatives.
Pratiquer l’auto-édition est simple. Tu agis en tant qu’auteur-éditeur (ou auteur autoédité, mot forgé de toutes pièces par Abel Clarté, le fondateur de l’Association des Auteurs Autoédités et préférable au terme d’auteur-éditeur).
Tu es donc, à ce titre, responsable en totalité de ton ouvrage : tu l’as créé en écrivant ton manuscrit, tu le mets sous sa forme définitive en le faisant imprimer, tu te charges de le placer dans les mains de tes lecteurs en le diffusant.

Il s’agit d’une activité très astreignante, mais l’auteur a le bonheur d’assumer en totalité la responsabilité de son ouvrage. Il écrit ce qu’il veut, sous la forme qui lui plaît ; son seul censeur est son lecteur. Pour tout auteur désireux d’assumer pleinement sa liberté, il y a là une voie qu’il doit choisir sans hésitation, même si elle n’est pas toujours la plus facile !

Où trouver des renseignements ?

Une association (A.A.A.-Association de Auteurs Autoédités) a regroupé les auteurs autoédités. Née rue Blanche à Paris, sous l’impulsion d’Abel Clarté, elle a changé d’adresse et, après avoir transité par la rue de Navarin puis par la rue Sourdière, elle a maintenant disparu

Une autre association fournit des conseils particulièrement bienvenus pour un néophyte :
L’Oie plate (L’Observatoire Indépendant de l’Édition Pour Les Auteurs Très Exigeants) publie et diffuse des ouvrages utiles aux jeunes écrivains et aux poètes
Son adresse est : B.P. 17, 94404 VITRY Cedex (France)
son site : http://www.loieplate.com/

L’association « L’autre livre » (http://www.lautrelivre.fr/)
13 Rue de l’École Polytechnique 75005 PARIS
(Tél : 09 54 38 21 65)
organise pour sa part le Quinzième Salon des éditeurs indépendants (du 117 au 19 novembre 2017) à l’Espace des Blancs Manteaux – Pierre-Charles Krieg 48 Rue Vieille du Temple 75004 Paris

A suivre, probablement demain.

À demain ?

Le contrat « à compte d’auteur »

Le contrat « à compte d’auteur »

Je te suggère d’examiner les arcanes de ce que j’ai appelé une « arnaque officielle » , bien qu’en réalité ça se nomme un contrat à compte d’auteur.

Ne crois pas que je t’ai oublié ! Depuis ce matin, je m’ennuie, pour rester poli, avec des traductions d’un tas de choses écrites dans la langue de nos ennemis héréditaires, tu sais, ceux qui demeurent de l’autre côté de la Manche et qui devraient parler français depuis la célèbre bataille d’Hastings, le 14 octobre 1066, qui vit la victoire de Guillaume de Normandie, dit le Conquérant.

Il paraît que nous sommes dans le mois de la francophonie. On pourrait peut-être demander à tous ces anglophones de changer leur langue pour la nôtre, en leur faisant un petit rappel d’histoire ! Non ?

Le contrat « à compte d’auteur ».

C’est la deuxième solution que tu as pour publier ton livre.

Elle consiste à passer par une maison d’édition « anormale » dite « à compte d’auteur ».

 Comment trouver les éditions « anormales »

Comment vas-tu faire pour repérer les maisons d’édition « anormales » au sein des quelques quatre mille entreprises d’édition qui existent en France ?

 C’est très simple. 

Ce sont les seules à faire passer dans les journaux quotidiens, les revues hebdomadaires, les magazines mensuels et aujourd’hui, de plus en plus, sur Internet, des publicités dans le genre :
« Confiez-nous vos manuscrits, nous ferons le reste ».

As-tu déjà vu de telles publicités signées par les Éditions Robert Laffont, Gallimard ou Presses de la Cité, pour ne citer que ces quelques grandes maisons ?

J-A-M-A-I-S !

Alors, ces « maisons » d’édition sont dirigées par des escrocs qui abusent illégalement des auteurs en quête d’éditeurs ? C’est en partie vrai, mais en partie seulement.

Parce que cette pratique est tout à fait légale.

La légalité du contrat « à compte d’auteur »

Elle est même prévue par l’article L 132-2 du Code de la Propriété Intellectuelle (ancien article 49 de la loi du 11 mars 1957) qui stipule :
« Ne constitue pas un contrat d’édition, au sens de l’article 48, le contrat dit à compte d’auteur.
    Par un tel contrat, l’auteur ou ses ayants droit versent à l’éditeur une rémunération convenue, à charge par ce dernier de fabriquer en nombre, dans la forme et suivant les modes d’expression déterminés au contrat, des exemplaires de l’œuvre et d’en assurer la publication et la diffusion.
    Ce contrat constitue un louage d’ouvrage régi par la convention, les usages et les dispositions des articles 1787 et suivants du code civil. »
Voilà pour la légalité. Il n’en reste pas moins que, dans la plupart des cas, ces « éditeurs » sont aussi des escrocs. En réalité, ils gagnent réellement de l’argent « sur le dos » des auteurs.
Comment font-ils ? C’est très simple.

Le succès des maisons à compte d’auteur.

Suppose que tu veuilles à toute force être édité.

Toutes tes démarches auprès des éditeurs « classiques » ont été vaines.

Ne t’en étonne pas. Il y a bien longtemps, un orfèvre en la matière, feu Marcel Julian, qui fut le
« patron » d’Antenne 2 et qui surtout avait sa propre maison d’édition rue Séguier, à Paris, m’a assuré la chose suivante : « L’expérience, en édition, me semble conduire à cette constatation : quand un manuscrit ne « prend pas » – c’est-à-dire, à tort ou à raison, ne convainc pas les éditeurs – tout ce qu’on y peut faire ne sert à rien. »

Tu n’es donc pas édité. Par hasard, tu « tombes » sur une petite publicité figurant peut-être dans ton hebdomadaire gratuit local ou dans un quotidien national ou encore dans un magazine mensuel à forte diffusion, voire, de plus en plus, sur Internet.

Que lis-tu ?

Que l’éditeur qui insère cette petite annonce cherche justement des auteurs ! Et voilà, tu te penses sauvé ! Oui, mais tu es tombé dans le piège… à gogos !

Que devient ton manuscrit dans cette histoire ?

Suis encore son trajet.

Vibrant d’un immense espoir, tu fais parvenir ton œuvre à cet éditeur qui manque d’auteurs (quelle idée : une maison d’édition « normale » reçoit de 10 futurs ouvrages pour une petite jusqu’à près de 500 par mois, parfois beaucoup plus, pour une grande).

Au bout d’un délai raisonnable – environ une dizaine de jours, parfois moins (compare aux deux mois minimum, souvent trois ou quatre, d’une entreprise « classique »), tu reçois une lettre t’assurant que ton manuscrit a été retenu par le comité de lecture de la maison et qu’il a été jugé, pour cette raison, publiable « dans le cadre de l’article L 132-2 du Code de la Propriété Intellectuelle » (parfois, certaines sociétés ont conservé la mention « dans le cadre de l’article 49 la loi du 11 mars 1957 » , qui est absolument le même).

Sur le coup, tu ne prêtes aucune attention à ce petit membre de phrase pour ne retenir que la mention « publiable ». Ça y est, ton manuscrit va enfin être édité !

Tu vas, le cœur battant, au rendez-vous que t’a fixé ton « éditeur ». Il est là, devant toi, et t’explique les subtilités de cet article L 132-2 (ou 49) en te faisant miroiter que, moyennant un engagement financier « léger » (de l’ordre de 3.000 à 8.000 euros tout de même, parfois davantage, ce qui n’est pas rien !), tu peux escompter un bénéfice incroyable étant donné qu’il se chargera de toute la diffusion et de la distribution de ton remarquable ouvrage. Apprends que cet « éditeur » n’est qu’un vendeur.

En toi, il ne voit pas un « auteur », mais un « client » pour ne pas dire un « gogo ».

Il est très fort : il te propose des arguments fallacieux, il flatte ta vanité, il te pousse à signer ce contrat. Dès lors qu’il a atteint ce but, il se frotte les mains une fois que tu es sorti de son bureau : il a ce qu’il veut, TON ARGENT, pas ton manuscrit !

Ton manuscrit, il s’en moque tellement que parfois ton ouvrage ne sera jamais publié. Si tu fais des rappels par téléphone (à tes frais, France-Télécom/Orange te remerciera !) ou par courrier (dans ce cas, c’est La Poste qui te sourira !), tu n’auras que des explications embrouillées : retard d’impression (dû à l’imprimeur dont il songe justement à se séparer, alors qu’en fait il a obtenu des tarifs préférentiels car c’est l’un de ses meilleurs clients !), crise actuelle de fourniture du papier dû aux écologistes qui veulent protéger les forêts (si, si !), mauvaise période pour procéder à un lancement « en masse » de ton ouvrage grâce à une savante promotion radio-écrite conjointe, etc.

Ton « éditeur » sait une chose : moins il imprimera d’exemplaires de ton ouvrage, plus son bénéfice sera grand. Il sait aussi qu’il fabrique exclusivement des invendus qui finiront au pilon, à moins que, de guerre lasse, tu exiges qu’il te fournisse le nombre d’exemplaires prévus au contrat en le menaçant d’un procès qui ruinerait sa réputation (il s’en moque car il sait que tout le monde la connaît sauf toi et les autres auteurs qu’il grugera) et que tu  les distribues toi-même.

Ne crois surtout pas que ce soit une vue de l’esprit.

En effet, l’un des éditeurs les plus connus  « à compte d’auteur » – qui possède d’ailleurs une autre entreprise d’édition « classique » sous son propre nom – achète une page entière d’un grand quotidien national environ une fois tous les trois mois. Il insère une publicité collective pour cent ouvrages d’un coup ; tu ne peux donc pas lui reprocher de ne pas s’occupre pas de la publicité de ton ouvrage !

Il fait même mieux : sur un petit poste périphérique dont la zone d’écoute est vraiment limitée, il achète un tout petit espace publicitaire entre minuit et deux heures du matin (quel taux d’écoute record à cette heure-là !). Facture en main, il peut te prouver qu’il a assuré la promotion radio de ton ouvrage !

Le principe du compte d’auteur est simple : ton « éditeur » ayant encaissé ton argent avant même de faire quoi que ce soit, pourquoi voudrais-tu qu’il en perde une partie à diffuser efficacement ton ouvrage ou à le promouvoir ? A la limite, pourquoi voudrais-tu qu’il le fabrique ?

Il existe une autre habitude analogue appelée « contrat masqué » en termes de métier. Là aussi, ATTENTION !

Le contrat à compte d’auteur a soulevé un tel tollé depuis que sa pratique a été généralisée par certains « éditeurs », en particulier depuis les années 1955-1960, que certains « escrocs » ont essayé de se dégager de cette affaire.

Les astuces du compte d’auteur

Ils ont inventé plusieurs « astuces ». En voici les principales :

➤ éviter de faire figurer la mention « à compte d’auteur » sur le contrat ;

➤ mentionner la référence à l’article 132-2 du Code de la propriété intellectuelle qui dit que
« Par un tel contrat, l’auteur ou ses ayants droit versent à l’éditeur une rémunération convenue, à charge par ce dernier de fabriquer en nombre, dans la forme et suivant les modes d’expression déterminés au contrat, des exemplaires de l’œuvre et d’en assurer la publication et la diffusion. »

➤ utiliser abusivement le terme « auto-édition » (qui n’a rien à voir, ainsi que tu le constateras plus loin) ;

➤ faire un contrat irrégulier. Il s’agit là de l’une des trouvailles les plus raffinées : ton « éditeur » te fait signer un contrat normal, prévoyant des droits d’auteur ; tout va donc bien. Seulement, en annexe à ce contrat, sur une feuille séparée, tu t’engages à verser la somme nécessaire à l’édition de ton ouvrage sous différentes formes (prêt à l’éditeur remboursable sur les ventes, achat d’un certain nombre d’exemplaires par avance, recherche de souscriptions jusqu’au montant convenu, etc.).

De toute manière, il ne peut s’agir que de compte d’auteur puisque tu verses à ton « éditeur » une certaine somme d’argent pour qu’il édite ton ouvrage. Dans ce cas, tu le verras, autant le faire toi-même : pourquoi passer par l’intermédiaire d’un escroc alors que tu peux faire aussi bien, voire beaucoup mieux, tout seul ?

Quelques petites remarques à propos du compte d’auteur

Pour que tu comprennes bien le sens des choses, je te propose de lire ci-dessous plusieurs remarques au sujet de ce type d’édition « à compte d’auteur », faites au cours d’un échange de correspondances avec feu Abel Clarté (Henri Barrelle de son vrai nom), créateur de l’Association des Auteurs Autoédités en 1975, il y a maintenant un bon moment (en 1991).

Pourquoi le compte d’auteur s’est-il développé aussi rapidement ?
Le compte d’auteur et son développement rapide tiennent à la conjonction de plusieurs facteurs qui vous sont énumérés et rapidement analysés ci-dessous.

Les raisons historiques.
Indubitablement, le premier élément est la suppression du brevet de libraire, il y a plus d’un siècle. Cela va t’obliger à « supporter »une petite leçon d’histoire.
En France, à partir de 1777, tous les libraires sont soumis à un examen passé devant les syndics. Leur nombre est illimité et le droit de maîtrise est fixé à 1.000 livres (il ne s’agit pas d’ouvrages, mais d’argent !).
Le 26 août 1789, tous les privilèges ont été abolis. Le 17 mars 1791, les brevets et lettres de maîtrise sont supprimés. Le 14 septembre, six mois plus tard, donc, la Constitution garantit aux Français le droit d’écrire, d’imprimer et de publier leurs pensées, sauf à répondre aux abus de cette liberté.
Le 5 février 1810, un décret napoléonien supprime cette liberté. Une direction générale de la librairie est créée au Ministère de l’Intérieur. La censure est rétablie.
Les libraires, qui doivent être brevetés et assermentés, sont contrôlés par des inspecteurs spéciaux.
La Restauration, comme les gouvernements qui la suivent, maintient ces restrictions.
Il faut attendre le 10 décembre 1870 pour que soit rétablie la liberté d’exercice de la profession de libraire en même temps qu’un décret supprime le brevet. Ce régime, confirmé par la loi du 29 juillet 1881, n’exclut de la liberté de vente que les ouvrages contraires aux bonnes mœurs. Il est toujours en vigueur.

Les raisons « techniques » et les habitudes.
Consécutivement s’instaure l’habitude de l’envoi d’office et l’interdiction de solder les invendus qui sont envoyés et détruits au pilon.
L’office est une pratique qui doit rapporter beaucoup.
Le système est très simple : imagine que tu sois éditeur. Tu envoies des livres en un nombre d’exemplaires variable à des libraires. Ils te paient ces livres. Au bout d’un temps plus ou moins long, tu récupères les invendus. Tu les rembourses après une attente qui doit paraître interminable à certains libraires.
Que se passe-t-il en réalité ? Tu transformes tous les libraires de France en banquiers qui te permettent de payer tes fournisseurs sans que tu aies à débourser un sou de ta poche ! C’est ce système qui, vraisemblablement, est en grande partie à l’origine de la fortune de la célèbre « pieuvre verte » (Hachette).

Que deviennent les invendus, car il y en a forcément ?
Ils sont détruits. Le système de destruction s’appelle le pilon. Il n’a rien à voir avec le célèbre marteau qui fit la fortune de Saint-Étienne au cours de la « révolution industrielle ».
Mettre au pilon signifie, techniquement, « jeter dans la cuve où se prépare la pâte à papier, après les avoir déchirés en morceaux, de feuilles de papier isolées ou réunies en volume » (merci, Monsieur Larousse !).
Écologique ou pas, le résultat est que des ouvrages qui ont été fabriqués pour être lus sont détruits. A noter que, tout récemment, une nouvelle étape s’est imposée : celle des soldeurs professionnels (style « Farfouille » ou « Croc’faillitte »).
Abel Clarté m’a fait remarquer, à propos de cette habitude ruineuse et totalement antiéconomique, que, dans le domaine des vêtements prêts à porter, par exemple, cette attitude scandaliserait une opinion tout de même peu encline, en général, au gaspillage. Comment nommer autrement, pour reprendre cette comparaison, une habitude commerciale qui consisterait à envoyer d’office aux détaillants des vêtements, qu’ils retourneraient quand ils seraient invendus et qu’un tiers se chargerait d’incinérer ? Un seul qualificatif convient et c’est bien celui de gaspillage.

Les raisons qui font que cette habitude se pérennise.
Dans le monde du livre, en revanche, chacun semble s’arranger de ce comportement hautement antiéconomique !
Pourquoi ?
Il flatte les auteurs dans leur vanité. Ils n’éprouvent jamais la honte – si honte il y a ! – d’avoir un de leurs ouvrages « bradé » à vil prix.
Ce système entretient lui aussi l’illusion élaborée en doctrine par les éditeurs que « tout ce qui a de la sève trouve un éditeur » (voir l’origine de cette formule ci-dessous).
Ils ont intérêt à ce que ce jugement non seulement erroné mais aussi totalement fallacieux soit tenu pour fondé et représente l’expression de « LA » vérité, tout du moins de « leur » vérité.
Finalement, auteurs et éditeurs« s’y retrouvent ». Les auteurs qui ont eu la chance (?) d’avoir été choisis et lancés par un éditeur « authentique » se trouvent ainsi confortés dans leur certitude d’appartenir à une élite intellectuelle que d’aucuns ont qualifié de « République des lettres ».

Pour une définition de l’éditeur.
L’absence d’une véritable définition, juridiquement contraignante, de la profession d’éditeur, fait la part belle aux « éditeurs à compte d’auteur » et accentue ce mirage des auteurs : pour la plupart d’entre eux, il faut être publié par un éditeur, fut-il « bidon » ou rien.
Il y a une cinquantaine d’années encore, le calcul que faisaient les candidats à l’édition en acceptant de payer « leur » éditeur était justifié. Les plus grandes maisons ont pratiqué, à l’occasion et d’une manière très discrète, le compte d’auteur. Monsieur Umberto Eco décrit minutieusement cette pratique, d’une manière accessoire, dans « Le pendule de Foucault ». Ce qu’il écrit est aisément transposable dans la France d’avant 1950 et, mieux encore, d’avant 1914.
Les auteurs ainsi parés du label conféré par un éditeur «authentique» profitaient du prestige de la maison. Chacune des parties dissimulait avec soin la réalité : l’auteur n’allait pas se vanter d’avoir « payé » son éditeur ; l’éditeur, quant à lui, oubliait de signaler qu’il avait accepté une « aide à la fabrication » de son auteur. Et tout se passait pour le mieux, car chacun tirait avantage de cette situation.
Dans les faits, particulièrement après les années 50, la multiplication des « pseudo-éditeurs », qui ne pratiquaient que le compte d’auteur, a détruit cet équilibre au profit exclusif de « l’éditeur ».
Il propose un service (impression des ouvrages en quantité déterminée par contrat, publicité qui n’est souvent que de pure forme, etc.) pour lequel il trouve des clients en s’appuyant sur la vanité des uns et l’ignorance des autres.
Si un jour vous avez l’occasion de lire un ouvrage portant un sigle représentant une sorte d’hôtel particulier de la fin du siècle dernier, avec au rez-de-chaussée deux ouvertures donnant sur ce qu’on devine être une cour intérieure, deux étages, un toit avec trois fenêtres mansardées, sous lequel on peut lire les lettres du mot « ÉDITEURS », soyez persuadé que l’auteur, quelles que soient par ailleurs ses qualités, a entièrement payé de sa poche l’impression, la publicité, la diffusion de son livre.

Qu’est-ce qu’un éditeur ?

Une définition claire et précise, sur le plan juridique, de l’éditeur, devrait comporter, selon Abel Clarté, deux éléments :
a – un élément positif : l’accès de l’éditeur à un réseau de ventes important ;
b – un élément négatif : le refus absolu de conclure des contrats à compte d’auteur.

Des experts en matière de droit ajouteraient certainement plusieurs éléments et en retrancheraient probablement d’autres, mais ces deux là devraient être à la base du métier d’éditeur « vrai ».

Pratiquement, cela revient à dire que la personne ou la société qui pratiquerait le contrat dit « à compte d’auteur » ne pourrait plus utiliser le mot « éditeur », donc encore moins se targuer d’être un « éditeur ».
Quand tu lis, dans une annonce, qu’un « éditeur » cherche des manuscrits, tu peux être certain (certaine) qu’il s’agit d’un « éditeur » à compte d’auteur. Songe que, en1986, il y a donc trente ans, Fayard a reçu plus de 2 000 manuscrits (150 publiés), Robert Laffont 2 580 (177 publiés), Flammarion 3 700 (220 publiés), etc. Et ce, sans jamais passer un encart demandant aux auteurs de leur envoyer des manuscrits !

Que conclure ?
De deux choses l’une :
– ou tu souhaites devenir un auteur édité par un « véritable » éditeur, auquel cas il vous faut vous « débrouiller »,
– ou vous voulez, dès le départ, pour une multitude de raisons (ou pour une seule), vous autoéditer.

Mais surtout, SURTOUT, ne passe jamais par les fourches caudines des « pseudo-éditeurs » que sont les soi-disant « éditeurs » qui pratiquent le compte d’auteur. Ils ne sont pas éditeurs mais simples prestataires de services. Et les services qu’ils te « rendent », tu peux te les rendre toi-même à moindre coût, en général.

Nous verrons ça ensemble une prochaine fois.

À demain ?