Deux nouvelles définitions, les 08

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Exceptionnellement, vous trouverez ce jour, vendredi 10 juillet 2015, deux définitions.

Pourquoi ?

J’ai décidé d’adjoindre, à celle d’un néologisme à moi, celle, très courte, d’un mot déjà existant.

Anglisine : attention, ceci est un mot nouveau, un néologisme, si vous parlez bien, de mon invention, bien sûr. Je l’ai utilisé pour la première fois en écrivant le début d’un projet d’ouvrage intitulé : « Et si on exégétait un peu ? »

En vertu du principe qui dit qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, je vous prie de trouver ci-dessous un petit extrait de ma prose religieuse. 

Voici donc ce que j’ai écrit dans l’ouvrage en question :

«… Américain et analphabète sont loin d’être incompatibles, comme par exemple Anglais et incapable de faire de la bonne bouffe. D’ailleurs c’est simple : à Londres, si tu manges bien, ou tu es dans un restaurant français ou alors c’est que tu tombes dans le Mac Do du coin. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait à leur dieu, mais il s’est vengé d’eux dans le domaine de la cuisine, que ne savent pas faire les Anglais. A mon avis, il faudrait qu’on invente un mot qui signifierait quelque chose comme « bouffe pire qu’archi-dégueulasse ».

Tiens, une suggestion : si on appelait cette particularité une anglisine, admettons ? Je vois d’ici le mot entrer dans le Robert ou le Larousse, avec la définition suivante :

anglisine : n.f. (nom féminin, mais après tout pour une fois on pourrait aussi écrire norme française) désignant le summum de la non-cuisine.

Ca ne serait pas une belle manière de venger à la fois Jeanne d’Arc, Dunkerque et Mers-el-Kébir, ça ? Hein ? Alors, qu’en dis-tu ?

Quoiqu’il en soit, dieu a certainement voulu qu’il y ait une référence zéro dans la cuisine, en-dessous de laquelle il est impossible de descendre, comme le 0°K dans l’échelle des températures, si tu veux.

Il faut que je te dise qu’un jour je suis allé à Londres. D’abord, le seul Anglais aimable sur lequel je suis tombé venait en droite ligne de Lyon (Lugdunum, comme disaient les Gallo-Romains). J’ai été inquiet, voire perturbé : après avoir cherché en vain un restaurant où il y avait de quoi nourrir correctement un descendant de bourguignons pure souche, j’avais dû me contenter de la saloperie américaine dont je vous causais précédemment, because ma bourse était aussi vide que mon estomac. Or, un Lyonnais, également originaire d’un pays de la bonne bouffe, égaré en Grite Brittaine, même en y ayant de la famille : que venait-il faire dans cette galère ? OK, compris, c’était lui qui faisait la cuisine. Me voici rassuré sur son sort !


Aboulique
: en grec, le a est privatif. Il s’agit donc d’une personne qui n’a plus de boule.
Ex : un eunuque.

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2 réflexions au sujet de « Deux nouvelles définitions, les 08 »

  1. Cet article me rappelle un séjour de trois semaines en Angleterre pendant mon adolescence. C’est vrai que c’est pas bon ! Les tranches de pain de mie étaient pas mal, mais dessus il y avait de la sauce tomate truffée de haricots rouges. Au petit déjeuner, ça m’avait marqué…
    Un midi on m’a proposé des lasagnes vertes. J’ai pensé, des pâtes aux épinards ? C’était au sirop de menthe 🙁

    1. Ah, Sandro, tu me rappelles une vieille histoire.
      C’était en août 1963, je crois, dans un petit bled du nom de Haggen, dans le Tyrol autrichien, à 2.300 m d’altitude.
      J’ai travaillé dans une ferme-auberge en compagnie de plusieurs autres volontaires de diverses nationalités.
      Comme il y avait une majorité de Français, pour nous remercier, les patrons de la ferme-auberge, considérés comme « riches » par les autres habitants du bled, ont décidé de nous faire une surprise.
      J’ai conduit la patronne, Autrichienne et la cuisinière, Danoise qui parlait français, à Innsbruck, pour faire leurs courses, au cours desquelles elle ont acheté la surprise. Je rouvre ma réponse, que je t’explique : j’étais le seul, dans le bled, à avoir une voiture, une vieille Aronde sans âge (j’étais étudiant), alors je jouais les chauffeurs quand il s’agissait de faire des emplettes, quelles qu’elles soient.
      En descendant (pente à 23 %, un mur quand tu remontes…), je me souviens qu’elles ont éclaté de rire parce que, croyant leur demander si elles avaient chaud dans la voiture, je leur ai demandé en fait si elles étaient en chaleur. Tu vois d’ici le travail, avec la patronne qui avait 50 berges et la cuistaude à peu près autant ! Nous avons bien rigolé.
      Le soir arrive l’instant du cadeau.
      Elles nous avaient acheté un camembert, qui avait dû leur coûter la peau des fesses parce que l’Autriche à l’époque était un pays très pauvre et cette région encore plus.
      Les cinq Français, je crois me souvenir, qui étaient là avaient les larmes aux yeux devant ce cadeau inattendu et délicat.
      Arrive le moment de manger le camembert.
      Nous étions tous autour de la table, je me souviens bien. Nous avons eu une petite part du précieux fromage (on était une bonne petite dizaine en tout) et avec nous il y avait un Anglais, James. Il a marmonné quelque chose dans la barbe qu’il n’avait pas et est remonté dans sa chambre puis il est redescendu et a posé près de son assiette ce que j’ai cru être un tube de dentifrice. Penses-tu ! C’était de la crème à la menthe. Quand j’ai appris ça, je me suis mis en rage et je lui ai dit que si jamais il mettait sa merde sur un vrai camembert, offert par des gens qui voulaient réellement nous faire plaisir, je lui mettais mon poing dans la figure. Et j’avais de l’entraînement, parce que notre boulot consistait à retourner des « stieffel », sorte de piquets plantés verticalement dans le sol avec des branches comme un arbre de Noël, chargés de foin sec (il devait y avoir 80 kg de marchandise dessus, ça te fait les muscles, crois-moi).
      Constatant mon courroux, l’Anglais n’a pas insisté… mais j’ai gardé le souvenir. Ah, la perfide Albion !

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