« Sacré Christophe » (partie 20)

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« Sacré Christophe » (partie 20)

Ce fait explique pourquoi, lorsque je l’ai rencontré, il tenait le petit objet dont la  forme n’a pas échappé à la sagacité de mon regard perçant : il lui servait tout simplement à identifier rapidement les personnes qui pratiquaient cette religion particulière.
4 – le but ultime de la mission de Cristoforo, tel un David Vincent du XVème siècle,  était donc d’aider les descendants des Hébreux dispersés dans le monde et ayant échoué en Espagne à fuir ce régime inhospitalier pour aller dans un Nouveau Monde où ils ne seraient pas inquiétés. Cela explique pourquoi aujourd’hui encore le célèbre « lobby juif » est si puissant aux Etats-Unis.

A la lumière de ce qui précède, voici comment il est possible de reconstituer la vraie  vie de Cristoforo Colombo.

A Gênes, probablement, peut-être en 1450, un tisserand juif d’origine espagnole et  sa jeune femme eurent un rejeton qu’ils appelèrent, poussés par une puissance supérieure, Cristoforo. Dans cette enveloppe charnelle, tout exprès pour une mission de la plus haute importance, un être uniquement de pensée se glissa. Dès lors, Cristoforo devint génial.
Son enfance se déroula au bord de la mer, où il apprit dès son plus jeune âge à observer  les marins. Il savait qu’il devait persuader son père putatif de le laisser s’embarquer sur un bateau.

Inventant avant l’heure la célèbre « méthode Coué », il contraignit, à force de répétitions, le brave tisserand à le laisser partir. En attendant son premier navire, il se mit à l’abri des regards. Il quitta sa première enveloppe charnelle, qui disparut en fumée, puis se glissa dans la peau d’un jeune homme qui souhaitait s’engager comme mousse. Il renouvela plusieurs fois cette opération, que pratiquement seuls les serpents, sur notre vieille terre, réalisent encore, sans posséder la faculté de pouvoir faire disparaître leur ancienne peau.
Cristoforo, qui connaissait bien la nature humaine à force d’observations, possédait  le don de se trouver en parfaite harmonie avec tous ceux qui l’entouraient. Aussi put-il sans difficulté trouver un engagement sur un navire de très petite taille, appartenant à un certain capitaine Dias ; sur ce navire bourlinguait déjà depuis quelque temps un « tonneau » du nom de Marcello. Cristoforo devint son confident. Le capitaine Dias, dont l’honnêteté était plus qu’approximative, se livrait à de petits trafics que Cristoforo, pour lui être agréable, rationalisa. Ainsi eut-il l’idée des fameux « Gad-jette », qui firent beaucoup pour la fortune des trois hommes. Cristoforo savait qu’il devait, pour financer une expédition comme celle qu’il était appelé à monter, trouver beaucoup d’argent. Dès lors, il mit tout son esprit remarquable à l’ouvrage. Il semble toutefois que les épisodes du navire pirate qui faisait la chasse à la rançon, comme celui de la création de bataillons de jeunes femmes accortes destinées au délassement des marins dans les ports aient été inventés par des esprits chagrins, jaloux de son succès. Néanmoins, j’ai cru comprendre, après un terrible effort de concentration, que Cristoforo s’était glissé quelques instants dans la peau de quelques personnages louches, afin d’enrichir sa connaissance de la nature humaine, peut-être en vue d’un futur voyage qu’il saurait intituler : « Amaire-Rique II : le retour ».

L’expérience, apparemment, ne lui fut pas trop désagréable, particulièrement lorsqu’il s’est agi pour lui d’éduquer patiemment les jeunes femmes sélectionnées par ses soins à devenir des hôtesses très attentives à satisfaire dans les meilleurs délais le moindre souhait émis par un quelconque marin. Un doute subsiste, cependant. En revanche, il est indubitable que Cristoforo sut enrichir ses capacités maritimes en effectuant de grandes randonnées sur l’Océan avec des corsaires. Ce fut au cours de cette période qu’il rencontra la plupart des membres de sa future expédition. Toutes les légendes concernant les soi-disant cartes sont bien entendu fausses : Cristoforo possédait, dans sa super mémoire, une sorte de rayon laser capable de tracer avec une précision de l’ordre du micron le modelé exact de l’ensemble du continent américain ! Aussi ne faut-il pas s’étonner s’il ne confia, à tous ceux qu’il sollicita pour financer son projet, que des plans très approximatifs des régions où il souhaitait aller. C’est justement peu de temps auparavant qu’il eut l’idée géniale qui allait décider de son sort : inventer, bien avant l’heure, le « sponsoring ». En effet, il existait bien un certain mécénat, mais il ne s’appliquait qu’aux artistes. Tel prince était fier de pouvoir se targuer d’avoir facilité la vie du plus célèbre des peintres, tel autre du meilleur sculpteur du siècle, mais pour un navigateur ? Fi donc, pourquoi pas pour fabriquer un SMICARD
(note 57 – rappelons qu’au XVème siècle un SMICARD était un Savant Mélange Inoffensif Créant A Retardement des Douleurs. Certains princes italiens de la période immédiatement postérieure à celle de Christophe Colomb en ont expérimenté quelques-uns, qui n’étaient pas tous aussi inoffensifs que cela. Une famille s’illustra même particulièrement dans sa maladresse à créer des SMICARDs, puisqu’elle ne sut que fabriquer des poisons. On dit qu’elle compta un pape parmi ses membres, qui ne répugnait pas aux joies les plus charnelles, y compris, semble-t-il, en compagnie de ses propres enfants) ?

Cristoforo fit une analyse remarquable de la situation de l’Europe de l’époque. Il en  conclut que les princes qui régnaient n’avaient qu’une préoccupation en tête : s’enrichir
(note 58 – vous pouvez constater par vous-même à quel point les choses ont bien changé depuis. Avez-vous entendu parler de princes qui gouvernent en Europe dans le seul but de s’enrichir ? Certainement pas : leur finalité unique est de faire de leurs contemporains les personnes les plus heureuses du monde, bien entendu. Voilà pourquoi la reine d’Angleterre, dite Elisabeth II, est devenue la femme la plus riche d’Europe, et de très loin ! Et ne parlons pas des autres, qui n’ont jamais rien fait de leurs vingt doigts (puisqu’ils ne marchent même pas mais se déplacent uniquement en voiture !).

Dès lors, il lui sembla qu’en leur proposant un plan leur permettant justement d’atteindre ce but, il saurait bien en trouver un, plus cupide que les autres, qui lui donnerait suffisamment d’argent pour qu’il entreprenne un voyage destiné à montrer la voie aux Juifs qui souhaiteraient émigrer. Il mit le plus rapidement possible son plan à exécution.
Dès lors, il n’était plus Cristoforo jeunot-005 ; il entrait de plein pied dans le Lude II.

[ Lude II que vous allez retrouver la semaine prochaine ! ]

(à suivre)

Guy

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