« Sacré Christophe ! » (partie 24)

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« Sacré Christophe ! » (partie 24)

LUDE III

Le plan de Cristobal était très simple. Il lui suffisait de se rendre avec ses trois navires aux Canaries. De là, il partirait en direction de l’ouest, en suivant le vingt-huitième parallèle nord. Il avait expliqué aux marins que, selon ses calculs, cette route conduisait tout droit au Japon
(note 66 – Cristobal, comme tous les extraterrestres, était très sensible. Il ne voulait en aucun cas faire peur à ces pauvres marins qui lui faisaient confiance. Comment auraient-ils réagi s’il leur avait dit, en les réunissant avant le départ : « Mes chers petits, vous croyez que vous partez pour Cathay ou Cipango. Détrompez-vous ! Grâce à moi, vous allez découvrir un nouveau continent que nous ne toucherons que lors de notre quatrième voyage, afin de pouvoir trouver une issue de secours pour ces pauvres Juifs persécutés par l’Inquisition » ? A un certain moment, il en a d’ailleurs eu envie, mais il renonça : il aurait fallu qu’il change encore une fois le nom de son bateau en l’appelant « Exodus » et les formalités administratives auxquelles il avait dû se plier pour modifier le nom de son navire-amiral lui avaient amplement suffi !).

Le 3 août 1492, Cristobal partit donc du petit port de Palos, en direction des Canaries, avec ses trois navires et ses quatre-vingt sept hommes.

Avant le départ, Cristobal réunit tous ses hommes. Il leur tint un petit discours dont j’ai réussi, grâce à la ténacité qui me caractérise, à retrouver quasiment l’intégralité avant que le document disparaisse mystérieusement en fumée, sans doute aspiré avec cinq cents ans de retard par les chefs de la mission impossible de Cristobal, qu’il réussit néanmoins à mener à bon port.

Voici, en avant-première et en exclusivité absolument internationale pour vous, le texte de ce petit monument d’éloquence :

« Mes chers amis,

Vous avez été choisis parmi les meilleurs marins espagnols, donc du monde. Vous avez été sélectionnés parce que vous êtes les meilleurs. Vous êtes, chers amis, les meilleurs des meilleurs. C’est dire si je compte sur vous pour arriver à notre but.

Notre but ? Il est simple. Nous cherchons une nouvelle voie pour atteindre les Indes par l’ouest. Nous trouverons certainement devant nous la mystérieuse Cathay dont le célèbre Vénitien Marco Polo a parlé dans son « Grand Livre des Merveilles ». Avant, si vous voyez une île, dites-vous à coup sûr qu’il s’agit de Cipango. Cipango, nous pouvons très facilement nous en emparer, puisqu’elle n’est pas sous l’autorité du Grand Khan.

Vous reviendrez riches de cette expédition, je vous le promets, mes amis. Il y en aura un qui reviendra encore plus riche que les autres : ce sera celui d’entre vous qui sera de vigie le jour où il criera « Terre ! » et que son cri se révélera correspondre à la réalité. A celui-là, mes amis, la reine elle-même, notre reine la très catholique Isabelle, promet la somme de dix mille maravédis
(note 67 – c’est parfaitement exact, tous les historiens confirmés pourront vous le dire. Ils vous apprendront aussi que c’est Cristobal qui a empoché la récompense ! Gonflé, le mec !).

Mais de toute manière, mes amis, chers amis marins, vous allez vivre une aventure fabuleuse, comme personne jusqu’ici n’en a connu une. Et soyez sans crainte : nous emportons avec nous suffisamment de vivres et d’eau pour que vous ne soyez jamais ni affamés ni altérés.

Maintenant, si vous le voulez bien, nous allons embarquer.

En avant, mes amis, en avant pour découvrir un monde nouveau qui s’ouvre à nous. »

Ce discours fut très applaudi par les marins et par les rares curieux qui étaient pré- sents par hasard. Quelques instants après, tous se précipitèrent dans leur navire et la petite expédition s’éloigna lentement du rivage.

Elle n’alla pas très loin. Le 11 août, elle arriva aux Canaries. Sous le prétexte que Cristobal s’était aperçu qu’il fallait mettre la Pinta en cale sèche pour diverses répa- rations, il décida d’y faire escale plus longtemps que prévu. Il ne tenait pas, en raison de l’importance du voyage qui se préparait, que l’un des navires faiblisse au premier coup de vent.

A vrai dire, cet alibi lui permit surtout de rendre visite, sur l’île de la Gomera, à une jeune femme d’une grande beauté, Béatrice de Bobadilla, mariée, exilée là par la reine Isabelle de Castille pour la punir d’avoir été la maîtresse de son mari, Ferdinand d’Aragon. Or, il se trouve que Cristobal était secrètement amoureux d’elle. Je vous autorise à penser (alors profitez-en) qu’il voulait certainement faire à la jeune femme des adieux « touchants », si vous voyez de quoi je veux parler
(note 68 – un vieil ami malheureusement décédé, Belge, qui vivait à Santa Cruz de Tenerife, m’a assuré téléphoniquement qu’elle avait été la maitresse de Cristobal. Néanmoins, un doute subsiste : mon ami n’ a pas été le témoin oculaire des éventuels épanchements de Cristobal !).

Il implanta dans la tête de tous les hommes l’idée que les frères Pinzon auraient pu tout vérifier avant de partir, comme il le leur avait demandé, mais l’erreur est humaine
(note 69 – et non extraterrestre (en latin dans le texte-NDA, ce qui signifie Note De l’Auteur)) !

Il fallut presque un mois avant que les trois navires soient prêts à reprendre le départ. Les marins ne réembarquèrent en effet que le 9 septembre. Cristobal, en extraterrestre avisé, tricha. Il truqua sa route car il voulait rassurer les marins : il fallait que tous croient qu’ils étaient toujours relativement proches d’une terre.

Pour ce faire, il usa d’un stratagème particulièrement efficace. Il déclara à tous les marins que la reine, leur reine à tous, celle qui avait financé cette expédition et qui avait promis une belle somme d’argent à celui qui trouverait le premier la terre, la reine, donc, avait exigé qu’il s’isole chaque jour pendant deux heures dans sa cabine pour écrire sur un livre qu’il devait lui confier à son retour le déroulement détaillé de l’expédition.

Cristobal devait donc narrer par le menu tout ce qui se passait, tout ce qu’il voyait, tout ce qu’il entendait sur cette sorte de grand cahier, avant de le remettre à la reine en personne.

Aucun marin, bien entendu, n’osa mettre la parole du grand amiral en doute : c’était pour la reine !

Cristobal put ainsi s’isoler deux heures par jour. Il en profitait pour vérifier sa route à l’aide des documents photographiques qu’il rangeait dans son coffre invisible de la quatrième dimension, pour étudier les courants marins, pour faire des prévisions météorologiques.

Au début, les marins crurent réellement qu’ils n’étaient pas très loin d’une terre, même s’ils ne la voyaient pas à l’horizon. Ils avaient l’habitude de ce phénomène, puisque la plupart d’entre eux avait bourlingué sur toutes les mers connues. Au bout d’un certain temps, ils crurent un peu moins leur amiral. Pourtant, ils supportaient sans rien dire leur isolement au milieu de l’Océan.

Pendant un mois, les navires de l’expédition tinrent scrupuleusement leur cap : en direction de l’ouest, le long du vingt-huitième parallèle nord. Un mois sans voir la terre, c’est long. Même si l’amiral Cristobal avait embarqué le tonneau Marcello et ses deux amis particulièrement compétents et efficaces, les marins, dans l’ensemble, com- mençaient à se faire du souci. Ils se fatiguaient de ne pas voir de terre ; c’est qu’ils n’avaient jamais entrepris un aussi long voyage. Ils craignaient que l’eau et les vivres se mettent à manquer, malgré toutes les promesses de Cristobal.

Bientôt, ils se mirent à rêver tout éveillés de la terre. Comme dans le désert, ils virent des mirages. Parfois, le moindre nuage, le plus petit reflet, tout devenait pour eux un signe de terre. Un nombre de fois incalculable, une vigie de l’un ou l’autre des navires cria « Terre ! ». Ce n’était même pas pour avoir la prime, c’était par désir ardent d’arrêter ce voyage qui leur paraissait interminable. Las ! Chaque fois, c’était une déception de plus pour ces marins qui commençaient à souffrir du mal de terre
(note 70 – le mal de terre, pour les marins de Cristobal, était une maladie hallucinatoire consistant à voir dans tout signe qui sortait un peu de l’ordinaire entouré d’eau du navire sur lequel ils étaient un avant-goût de la présence de la terre ferme. Il ne faut pas confondre avec le mal de mer, qui consiste, quant à lui, à rejeter par-dessus bord tout ce qu’on a ingurgité depuis sa première communion).

La mi-septembre arriva. L’équipage tout entier commença à mettre en doute les capacités de son étrange amiral ; certains se demandaient même s’il n’était pas juif, ce qui était tout dire ! Les marins buvaient de plus en plus, espérant trouver dans les brumes de l’alcool cette terre dont ils rêvaient tous.

Pourtant, le 20 septembre, l’expédition avait traversé la moitié de l’Atlantique. Cristobal le savait parfaitement, mais il ne pouvait pas faire partager cette information aux autres membres de l’expédition sans leur révéler aussi son origine extraterrestre qu’ils n’auraient pas admise comme réelle. Seuls, jusqu’ici, des navires complètement perdus, dont l’équipage était probablement mort, avaient réussi à atteindre cette région de l’Océan.

Le lendemain, le 21, la flottille s’immobilisa. Elle venait d’atteindre la zone des calmes, là où il n’y a pas un souffle de vent, sur la mer des Sargasses. Cristobal se précipita dans sa cabine sous couvert de noter cette observation. En fait, il fouilla fébrilement son coffre invisible, situé dans la quatrième dimension.

Il consulta son atlas météorologique, établi depuis la station spatiale R-A (c’était une station automatique lancée par le vaisseau « Amaire-Rique » et dont Cristobal, avant de partir pour sa difficile mission, avait effectué une copie des relevés). Avec son aide, il établit une nouvelle route.

Il n’empêche que la révolte larvée continuait à gronder. Cristobal alla jusqu’à rapporter sur le cahier de bord qui, il le savait, deviendrait un objet de culte, la phrase suivante, qu’il avait entendue auprès de nombreux marins, en ouvrant ses oreilles extra- terrestres invisibles : « Dans sa folle déraison, l’amiral veut devenir grand seigneur à nos risques et périls en nous vouant à une mort abandonnée ».

Cristobal n’abandonna personne. Il n’en avait nullement l’intention. Le lendemain, il signala à ses marins la présence d’ un albatros dans le ciel.

– Voilà, leur dit-il, la preuve que nous sommes à proximité d’une terre, puisqu’un alba- tros ne pond ses oeufs que sur un rivage.

Je vais vous le prouver par un poème que composa pour moi, enfant, l’un des plus grands marins génois de son époque. Il me disait, juste avant de mourir :

Souvent, afin d’en rire, les hommes d’équipage, (
note 71 – vous avez bien pensé, amie lectrice, ami lecteur. C’est effectivement à Baudelaire, Charles pour les intimes et pour les femmes, qu’il fallait se référer ! Toutefois, je reconnais que mes vers valent bien moins que les siens !)
Prennent des albatros, les grands vaisseaux des airs,
Qui escortent en volant, amis des grands voyages,
Leur navire voguant au-dessus de la mer.

A peine les ont-ils rejetés sur le pont,
Que ces grands rois des cieux, malhabiles sur terre,
Font immédiatement penser à ces piétons
A qui l’on donne des cannes pour poser pied à terre.

Ces grands oiseaux ailés, comme ils sont maladroits,
Eux qui fendent l’azur comme un bateau la mer ;
Ils crient, piaillent et gémissent, comme pour avoir le droit,
En suppliant les hommes, d’hurler après leur mère.

C’est qu’ils ne sont jamais bien loin d’un grand rivage,
Où leur progéniture les attend en jouant,
Parce qu’elle sait déjà, qu’après un long voyage,
Leur père aux grandes ailes leur prêtera son flanc.

L’effet escompté par Cristobal en déclamant ce petit poème fut très vite atteint : les marins l’applaudirent et ne songèrent plus, tout du moins dans l’immédiat, à lui reprocher quoi que ce soit, d’autant que, à partir de cet instant, les indices se succédèrent.

Il n’empêche que l’on ne voyait toujours rien venir. Les responsables de l’expédition, qui commençaient à se lasser de ce voyage interminable, se mirent eux aussi à rêver tout éveillés. Le 6 octobre, ils crurent voir, vers le sud-ouest, une ligne de rivage ; c’était encore un mirage.

Pour leur faire plaisir, Cristobal prétendit qu’ils avaient certainement dépassé Cathay. En conséquence, il fit infléchir la route de l’expédition vers le sud. Tous furent alors persuadés qu’ils allaient arriver à Cathay (la Chine) ou au moins à Cipango (le Japon), qui est devant.

Rien, rien. Le 10 octobre, les marins se révoltèrent ouvertement. Cristobal l’extra- terrestre savait fort heureusement comment les calmer. Après avoir dépêché d’urgence Marcello et ses deux amis tonneaux pour une mission de la plus haute importante, il négocia habilement avec son équipage et réussit à obtenir un délai de grâce.

Le lendemain, 11 octobre 1492, le courant marin apporta une brindille d’herbe et un morceau de bois taillé à la main. Du coup, tout le monde se mit à espérer : il y avait bien une terre quelque part en face !

Et soudain, le choc : dans la nuit du 11 au 12, vers 2 h du matin, la vigie de la Pinta, un certain Rodrigo de Triana, cria « Terre ! Terre ! ». L’homme avait vu des lueurs, comme des feux sur une côte. Plus question de dormir ou de récriminer ! Tous les hommes, à bord des trois caravelles, étaient sur le pont, écarquillant les yeux pour apercevoir ce que la vigie leur décrivait.

Enfin, le 12 octobre 1492, tous s’aperçurent avec bonheur que la vigie ne s’était pas trompée : il y avait bel et bien une terre droit devant eux. Elle était habitée par des hommes qui semblaient très pacifiques ; ils arrivaient même en nageant, puis accompagnaient les chaloupes dans lesquelles les marins de l’expédition s’embarquèrent. Finalement, après plus de trente jours de navigation ininterrompue, tous posèrent les pieds à terre.

Pour eux, c’était le salut. Cristobal le comprit très rapidement. Il proposa de baptiser Salvador cette île (l’île Wattlings aujourd’hui), puis il s’entretint avec Luis de Torrès.

Cet homme était un interprète. Il connaissait le chaldéen, l’hébreu et surtout l’arabe, puisque Marco Polo avait entendu cette langue en Chine. Là se posa une première question : d’après les récits de Marco Polo, les habitants de Cathay étaient des pesonnes extraordinairement cultivées, dont la civilisation était très développée. Or, les premiers habitants de cette île que voyaient Cristobal et ses marins étaient nus ; dès lors, comment les considérer ?

Luis de Torrès demanda un instant de consultation. Il s’entretint avec les principaux responsables de l’expédition, puis revint apporter leur réponse commune à Cristobal : aucun doute, ces hommes étaient des primitifs inférieurs. Pour adoucir ce jugement hâtif de ses contemporains, Cristobal l’extraterrestre nota tout de même sur son livre de bord qu’ils étaient « des hommes très bien faits, très beaux de corps et très avenants de visage, ni nègres ni blancs ».

Il ignorait qu’au même moment Pinzon les voyait simplement comme des gens possédant un anneau d’or dans le nez ; qui disait anneau d’or disait or pour le fabriquer. Dès lors, Pinzon n’eut plus qu’une hâte : le trouver.

Cristobal sacrifia ensuite au rite traditionnel. Il fit descendre un notaire qui enregistra l’acte de possession de l’île. Il n’y avait pas de prêtre à bord
(note 72 – comme d’habitude à cette époque, l’Église s’engagea après, une fois la découverte faite, dans des opérations d’évangélisation, qui étaient en fait des voyages d’exploitation commerciale. Elle ne voulut pas prendre le risque de faire tuer des missionnaires qui auraient pu être mangés par les marins qui n’auraient rien trouvé. Il était tout de même plus simple de persécuter des juifs sans défense !), donc il ne put faire bénir cette nouvelle terre, comme il y avait un instant songé dans sa conscience d’extraterrestre.

Néanmoins, il fit procéder à la distribution de cadeaux auprès de tous ceux qui étaient là. Les indigènes apprécièrent les superbes clochettes à vache, la verroterie et surtout les tessons de bouteilles, qui furent particulièrement prisés.

Constatant que son interprète n’avait aucun succès, Cristobal prit sur lui de demander à certains hommes pourquoi ils avaient des cicatrices. Ceux-ci lui répondirent dans leur langue que c’est à cause des « Canbibas » (cannibales qui demeuraient aux Caraïbes) qui venaient de temps en temps les razzier. Cristobal fit semblant d’avoir compris qu’il s’agissait de sujets du grand Khan. Sentant qu’il devait agir comme il le faisait, il demanda à voir ce personnage considérable.

Pour se mettre à la portée des humains, l’extraterrestre Cristobal fit également semblant de chercher à savoir s’il avait dépassé Cipango.

Il fit planter une croix, comme par la suite sur le territoire de chacune de ses découvertes, puis il repartit et découvrit trois îles auxquelles il donna, en hommage, des noms espagnols : Santa Maria, Fernandina, Isabella.

Le 29 octobre, il arriva à Cuba, à qui il laissa son nom indigène, qui lui plaisait bien malgré sa non-conformité avec l’anatomie des indigènes.

C’était une grande île ; Cristobal sentit qu’il devait faire quelque chose. Aussi confia-t-il ses lettres d’ambassade à Luis de Torrès. L’interprète les transmit à l’hom- me qui lui paraissait être le chef de toute la région, même s’il s’étonna que celui-ci ne comprenne rien.

Tout n’était pas perdu, pourtant : le second, Rodrigo de Jerez, remarqua que les Indiens fumaient une sorte d’herbe qu’ils appelaient « tabac » ; il essaya, toussota, fumota et y prit tellement goût qu’il s’y habitua. Il revint avec cette manie profondé- ment ancrée en lui comme en plusieurs marins.

L’armateur Pinzon, lui, n’avait pas de telles billevesées en tête. Il cherchait de l’or mais il en trouvait très peu. Il décida de partir seul à sa recherche, quelques jours avant Noël 1492.

Quand il revint, bredouille, ce fut pour apprendre que le 24 décembre 1492, à minuit, la Santa Maria s’était échouée sur des récifs. Quel Noël !

Cristobal et ses compagnons arrivèrent finalement sur une île qu’ils baptisèrent Hispañola tant elle leur rappelait l’Espagne. Le chef de tribu local avait compris que les Blancs étaient consolés par l’or ; aussi, considérant l’extraterrestre Cristobal comme le patron de cette bande d’énergumènes marins, lui donna-t-il de l’or, dont un masque entièrement massif.

Cristobal savait qu’il devait revenir en Espagne pour rendre compte de sa mission à la reine. Il laissa donc trente-neuf hommes sur Hispañola. Ceux-ci restaient surtout parce qu’ils avaient remarqué les bracelets et des colliers en or des Indiens et aussi quelques femmes très belles auprès desquelles ils comptaient bien se délasser.

Le reste de l’expédition repartit le 16 janvier 1493, sur les deux caravelles, la Pinta des Pinzon et la Niña où Cristobal prit place.

Pour éviter aux futurs voyageurs des erreurs fondamentales, Cristobal décida de baptiser « Indes Occidentales » ces nouvelles terres, afin que personne ne puisse croire que l’expédition était arrivée en Chine.

Le voyage de retour fut périlleux, car les deux caravelles durent affronter en février une terrible tempête qui obligea Cristobal à les faire s’abriter aux Açores. Finalement, le 4 mars, elles arrivèrent à Lisbonne. Pinzon fut le premier mais cela ne lui porta pas chance puisqu’il mourut.

Là, un message de la reine attendait Cristobal : « Don Cristobal, notre Amiral de la mer Océane, Vice-Roi et gouverneur des îles qui ont été découvertes dans les Indes, nous voulons que vous veniez bientôt ».

Avec les rescapés de l’expédition et six Indiens, Cristobal entreprit un voyage triomphal. Il traversa Séville, Cordoue, Murcie, Valence et arriva enfin à Barcelone le 20 avril, Plazza del Rey, pour être accueilli par le couple royal. Il présenta au roi et à la reine les six Indiens qu’il amenait avec lui mais surtout le masque d’or qui lui avait été donné par le chef cacique d’Hispañola.

A ce moment même se terminait le Lude III.

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