Ton premier contrat

Ton premier contrat
En ce premier jour de printemps, je te dois des excuses : hier, dimanche 19 mars, je n’ai rien écrit. J’étais bien trop occupé par ailleurs : tu peux maintenant lire les extraits de mes réalisations dans l’ordre normal, c’est-à-dire en commençant par le début et en terminant par la fin, ce qui me semble plus normal que l’ordre auquel WordPress contraint ses auteurs, à savoir ce qui a été écrit de plus récent en premier.
Si ça n’a aucune importance pour les articles, justement parce que la dernière chose écrite est en premier, c’est différent pour le reste (voir ici « Réalisations »).
De plus, à peine avais-je terminé que mes enfants et petits-enfants arrivaient. Inutile de te dire que j’ai tout arrêté pour me consacrer à eux.

Et maintenant, la suite promise.

J’ai terminé la note précédente en te disant : « Imagine que ton manuscrit est accepté par E.D.I.T.I.O.N. Tu reçois un coup de téléphone ou une lettre te proposant un rendez-vous chez l’éditeur. »

La surprise possible du premier rendez-vous.

Tu vas à l’endroit et à l’heure proposés. Parfois, tu te trouves devant deux personnes : l’éditeur et une autre personne, qu’on te présente en t’indiquant que c’est un « rewriter » ou « nègre ». Il s’agit d’un spécialiste de l’écriture qui a pour utilité, à la demande de l’éditeur, de remanier, partiellement ou totalement, ton texte en fonction des desiderata de celui qui le publie. Ne sois pas vexé ou outragé parce que l’éditeur te propose la collaboration d’un « nègre » : nombre d’ouvrages ont été revus de cette manière et personne ne s’en est jamais plaint. Songe que, si on t’enlève, sur ton contrat, 2% à 5% de tes droits d’auteur pour les confier à ton « rewriter » mais que, grâce à son travail, ton ouvrage est vendu en 30 000 exemplaires au lieu de 3 000, calcule aussi que 10% de 3 000 ne représentent que 300 (nombre par lequel il te suffit de multiplier le prix de vente hors taxe de votre livre pour connaître le montant de tes droits d’auteur) alors que 8% de 30 000 représentent tout de même 2 400 (ce qui implique 8 fois plus de droits d’auteur !)

Ton contrat.

Qu’il y ait ou non un « nègre », il y aura un contrat à signer.

Là, cramponne-toi, parce que l’éditeur – grand patron de la maison E.D.I.T.I.O.N. – va t’expliquer que tout coûte de plus en plus cher, qu’il te fait l’inestimable honneur de publier ton ouvrage à ses frais, contrairement aux voleurs qui pullulent et s’engraissent sur le dos des auteurs dans le cadre de l’article 49 de la loi du 11 mars 1957 (tu verras demain la deuxième manière d’éditer ton livre), qu’il va investir des sommes ahurissantes pour la fabrication et la diffusion de ton ouvrage, etc.

Ne céde pas à l’apitoiement, d’une part parce qu’il a besoin de toi (que ferait un éditeur s’il ne pouvait pas publier de livres, donc s’il n’y avait pas d’auteurs ?), d’autre part parce qu’il existe des habitudes en matière de droits d’auteur que tu dois connaître et que voici :
➤ si tu es un réel « débutant », tu percevras généralement 10% maximum du prix de vente hors taxe de ton livre. Aujourd’hui, c’est plutôt entre 7 et 10 %. De toute manière, statistiquement, il s’en vendra environ 3.000 au maximum si c’est un roman. Compte plutôt qu’il s’en commercialisera 1.000 ;
➤ si tu as déjà écrit ou si tu es un vendeur hors pair et que tu peux te défendre à merveille dans la négociation de ton contrat, vous pouvez arriver jusqu’aux chiffres suivants (ce sont des maximum) :
• 10% pour les 6.000 premiers exemplaires (aujourd’hui, plus souvent 8 %),
• 12% de 6.000 à 20.000 exemplaires,
• 15% pour plus de 20.000.
Tu peux toujours demander 18 ou 20% (c’est généralement le grand maximum) pour « plus de 50 000 exemplaires ».

Si l’éditeur te l’accorde en souriant (il peut croire que tu es un farfelu ; tu peux aussi lui expliquer que tu es superstitieux et que tu adores les nombres 21 et 2 381. Comme leur produit fait 50 001, si plus de 50 001 exemplaires de ton ouvrage sont vendus, tu aimerais toucher 21% en droits d’auteur), ça peut faire ta fortune !

Il s’agit quand même d’un autre problème : maintenant que ton livre est édité, tu n’as plus rien à faire. Ton éditeur se charge de tout le travail de fabrication, de promotion, de publicité et de vente. Toi, tu attends tranquillement (relativement) que tes droits d’auteur tombent dans ta poche !

Voilà pour la première solution.

Demain, une autre que je te déconseille, mais cela dit je ne t’empêcherai pas de l’adopter.

A demain ?

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