À propos de mon premier « vrai roman » (suite 13)

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À propos de mon premier « vrai roman » (suite 13)

« Alea jacta est » aurait prétendu Jules César en franchissant le Rubicon, le 10 janvier 49 av JC, soit le lendemain de mon anniversaire – et je te prie de ne pas me contrarier sur ce point, qui est certes un détail de l’histoire, comme dirait Jean-Marie, mais il est de la plus haute importance pour moi !

Comme j’ai eu quelques réponses qui m’ont un peu faire réfléchir, j’ai décidé de livrer à ta curiosité les deux premières pages de mon futur roman (il est loin d’être terminé).

Les voici donc ci-dessous. Il s’agit, tout naturellement, du chapitre 1, très court :

« Parfait ! Cette pleine lune, c’est vraiment cool ! Aucun risque que je me plante, on y voit clair comme en plein jour.  ».

Comme une ombre, le jeune homme longeait précautionneusement un mur. C’était celui de l’un des trois bâtiments de la propriété solognote où il se trouvait. Ils dessinaient une sorte de U autour d’une cour presque carrée. De cet endroit partait un chemin assez large qui conduisait au portail d’entrée.

Arrivé au coin du bâtiment, juste en face de la construction centrale, plus imposante, il fit une halte.

Il attendit que les battements de son cœur se calment. Il scruta attentivement l’obscurité relative autour de lui. Le silence régnait, aucune trace de l’agitation perpétuelle de la journée dans cette cour.

Encouragé, il reprit sa progression en direction de la porte d’entrée. Il se murmurait à lui-même, comme pour s’encourager : « Lucas, mon gars, c’est pas le moment de flancher. Tu n’as pas piqué cette clé à tes risques et périls pour rien ! C’est là-dedans que tu vas tout trouver ».

Il ouvrit la porte. Doucement, tout doucement. La paume de sa main droite, qui tournait la poignée de la serrure, était trempée. Lui qui d’habitude ne suait pratiquement jamais n’en revenait pas de constater le présence de cette humidité chaude. Il se sentait angoissé. Pourtant, il ne s’était pas fait repérer. Cela lui sembla de bon augure.

Il pénétra le plus silencieusement possible dans le local dont l’accès lui était en principe interdit. Il s’interrogeait :
— J’ai eu de la chance jusqu’ici. J’espère que ça va continuer.

— Merde !
Il venait de se butter contre le coin d’une paillasse.

Elle était couverte de récipients de tailles variées, tous remplis d’eau. Il ne s’attarda pas à les examiner un par un.

En revanche, il prit la précaution de vérifier qu’il n’avait rien fait tomber, pas même une simple goutte d’eau. Rassuré, il contourna cet obstacle. Il continua sa progression en direction du bureau du fond de la salle. Il espérait y trouver ce qu’il cherchait.
Une fois arrivé, il se pencha sur les papiers qui recouvraient le meuble. Il les parcourut très vite : même si la lumière diffusée par la lune était insuffisante pour permettre une lecture approfondie, il se rendit vite compte que ce n’était pas là que figurait la solution. Les feuillets étaient couverts de formules indéchiffrables. Elles n’avaient aucun sens pour lui.

Perplexe, il se demanda quoi faire. C’est alors qu’il remarqua, dernière le bureau, une sorte d’alcôve. Au fond, il y avait une porte.

Il s’y dirigea à pas de loup et l’ouvrit.

Il dut se retenir pour ne pas crier : « Banco ! »

Juste en face de lui, encastrées dans le mur, de nombreuses petites portes métalliques cachaient autant de niches. Il s’approcha. Le sourire qui s’agrandissait sur son visage s’éteignit : chaque porte comportait un numéro. Près de lui, une sorte de gros bouton cranté laissait deviner qu’il s’agissait en fait de la porte d’un petit coffre. Son sourire s’évanouit complètement lorsqu’il tenta d’ouvrir l’une des portes : même en tournant le bouton dans n’importe quel sens, rien ne s’ouvrait.

Il connut un moment de panique. « Merde, je n’ai pas fait tout ça pour échouer à deux doigts du but ! ». Il essuya d’un revers de manche la sueur de son front, qui venait lui piquer les yeux. « Je ne peux pas essayer d’ouvrir tous ces coffres-là ! Mon dossier est où ?»

Il se redressa pour prendre une grande inspiration et calmer le sentiment d’oppression qu’il éprouvait. Soudain, traversé par une inspiration, il pensa :
« Que je suis con ! Colpeau ne peut pas avoir retenu les combinaisons de tous ces coffres. Il a dû les ranger dans son bureau »

Il se dirigea vers la porte du local aux coffres, qu’il avait laissée ouverte.

Ce fut alors qu’il entendit devant lui une sorte de chuintement. La porte qu’il venait de franchir quelques instants auparavant se refermait. Il fit très vite les deux pas qui le séparaient d’elle. Malgré sa rapidité, il ne l’atteignit pas. Par de nombreuses petites ouvertures, un gaz de couleur orangée fusait. L’odeur le prenait à la gorge.

Il s’effondra sur le sol, évanoui, à deux doigts de la porte.

Guy
© Guy Poursin, 25 septembre 2015

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